« Purge » – Sofi Oksanen

PurgeUne vieille femme Aliide autrefois amoureuse du beau Hans, qui lui préféra sa sœur Ingel accueille en 1992 dans sa pauvre maison une jeune femme traquée et apeurée. Qui est cette jeune femme qui fuit des hommes qui veulent la tuer?
Les russes sont en train de quitter l’Estonie, qui progressivement retrouve son indépendance
A partir de cet évènement Sofi Oksanen construit un roman à tiroirs qui, au fur et à mesure que nous les ouvrons, nous font progressivement voyager au cours des époques, on avance, on revient en arrière, on passe de l’occupation allemande qu’on survole, à l’occupation russe, au stalinisme dans un premier temps mais aussi à la période Tchernobyl. On ouvre on ferme ses tiroirs, sans lassitude et sans se perdre jamais dans l’histoire, chaque tiroir ouvert nous permet d’avancer et de comprendre

50 ans de vie de l’Estonie, 60 ans de vie d’une vieille femme qui a tout connu, de l’occupation russe à l’occupation allemande puis au retour et enfin au départ des russes
50 ans de vie dans cette pauvre maison, remplie de mouches, au sein d’un pays pauvre, dirigé par les hommes du régime soviétique…. Volgas noires, pièces communes, kolkhozes, trafics, bottes de cuir, déportations en Sibérie, valises toujours prêtes pour y partir, interrogatoires, « Coin rouge » : espace d’une pièce dédiée à la propagande communiste, faim, propagande……, mais aussi l’arrivée des mafias russes amenant à l’ouest leurs trafics, leurs réseaux de prostitution..

 


Plus sur Sofi Oksanen


Quelques extraits 

  • « Ne va jamais, jamais, près d’une voiture pareille. Tu t’enfuis, si tu envois une. N’importe où, tu rentres à la maison en courant. » (P. 48 – au sujet des Volgas noires)
  • « Le monde capitaliste n’arrivera pas à s’aligner sur notre niveau de vie qui avance comme un ouragan! Le monde capitaliste tombera à genoux et disparaîtra » ( P. 106)
  • « Là où il y a des murs, il y a des oreilles » (P.257)
  •  » L’écume des lèvres laissée sur les doigts ressemblait à du crachat de coucou laissé sur une feuille de framboise. »
  • « Tout se répétait. Même si le rouble avait été remplacé par des couronnes, si les avions militaires lui volaient moins au-dessus de la tête et si les voix des femmes d’officiers avaient baissé d’un ton, même si les hauts-parleurs sur la tour du Grand Hermann jouaient tous les jours le chant d’indépendance, il venait toujours de nouvelles bottes de cuir chromé, toujours de nouvelles bottes, semblables ou différentes, mais qui avaient la même façon de marcher sur la gorge. Dans la forêt, les tranchées s’étaient refermées, les douilles ternies, les blockhaus écroulés, les morts à la guerre s’étaient décomposés, mais les événements déjà vus se répétaient. » (p. 336)

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