« Le dernier mousse » – Francisco Coloane

Le dernier mousseC’est l’été, un peu de fraîcheur vous ferait du bien, une envie de retour à l’adolescence ?
Alors essayez de trouver « Le dernier mousse »…vous ne regretterez pas cet embarquement clandestin vers les eaux froides de la Patagonie
Alejandro est encore un gamin, son frère lui manque, il est parti il y a plusieurs années vers le sud, nous sommes au Chili, vers le froid. Alors Alejandro va embarquer clandestinement sur un grand voilier de la Marine militaire, pour tenter de retrouver son frère aîné : la Corvette Général Baquedano, une corvette effectue son dernier voyage, un voyage à la voile, avant d’être désarmée, remplacée par un bateau qui sentira le gasoil
Découvert, il deviendra mousse sur ce bateau.

Je ne vous en dit pas plus sur l’histoire.
Une vie de mousse, veille sur les mats du bateau, tempêtes, glaces, hamacs, baleines en liberté, chasse à la baleine, icebergs, humidité…une vie d’aventure. Le charme désuet d’un temps passé, lointain. L’attrait de ces terres froides, de la liberté, de ces vieux gréements, des baleines, de ces vagues….
Un petit coté Jack London.
Et quand ces quelques heures de lecture, ces 130 pages vous auront plu, vous direz à votre ado préféré : « Tiens…. un petit livre que je te conseille »
Au sujet de ce livre Coloane écrira : « J’ai pour ce rejeton une affection particulière » dans « Le passant du bout du monde » (P. 117)   
Francisco Coloane …je ne connaissais pas. C’est ce diable de Luis Sepúlveda qui me l’a fait découvrir dans sa nouvelle « Adieu Maestro » extraite de « Une sale histoire: (Notes d’un carnet de moleskine)« …Il pleurait la mort de cet ami, un ami engagé pour les droits de l’homme pour la défense de la nature.
Un ami dont il écrit : 
« De Coloane j’ai appris que nous, les écrivains, ne pouvons être que d’un côté de la barricade , que nous sommes d’abord des hommes, des citoyens, des défenseurs des droits de l’homme et, s’il nous reste du temps, des écrivains. » 
On ne peut rester indifférent devant un tel portrait.
Le Chili a créé un parc marin, réserve pour les baleines, proche du détroit de Magellan, baptisé en son honneur « Réserve Francisco Coloane« 
Alors c’est sûr, je vous reparlerai de Francisco Coloane….qui dit des hommes « Nous sommes comme les glaces, la vie nous fait parfois chavirer et nous change de forme. » (P.124)

Quelques extraits
  • « A la fin des classes – ici, pas de temps mort – on ordonna une heure de couture. Chaque mousse sortit de son casier une bobine de fil, des aiguilles et une petite boite de boutons, et, les uns dans l’entrepont, les autres sur le pont, ils durent vérifier leurs vêtements, les repriser et consolider les boutons. (P.41)
  • « Le rituel militaire des garde-à-vous n’était plus de mise ; on imagine mal un caporal saluer dans les formes son lieutenant en pleine tempête quand un tel geste met leur vie en danger. En ces moments-là, c’est une autre discipline qui règne à bôrd, celle du coeur bien accroché, du courage, du sang-froid ; n’est supérieur que celui qui possède ces qualités. » (P. 60)
  • Les flots redoublaient de furie ; ce n’était plus l’océan mais un univers de folles montagnes liquides qui dansaient en se fracassant les unes contre les autres. Le vent hurlait, rugissait, des torrents de pluie s’abattaient comme une mer se déversant d’en haut. De temps en temps on entendait des cris lacérants, plaintifs, des appels retentissants jaillissaient des flots et du vent. C’était la voix de la tempête. » (P. 69)
  • « Les chasseurs partent en haute mer à la recherche  des baleines pendant trois ou quatre jours. Ils commencent par les traquer. Sur chaque baleine attrapée on plant un drapeau qui porte le nom du bateau et on laisse flotter l’animal à la dérive, sinon il serait impossible de continuer à poursuivre les autres en traînant un de ces monstres. En général, un chasseur tue huit à dix baleines parfois dans la journée, à d’autres il faut quatre jours pour en attraper une. C’est difficile de rentrer au port le bateau vide. Quand ça arrive, on se cache le visage tellement on a honte, termine le pilote en souriant. » (P. 78)
  • « C’est ici que se trouve la tombe du Diable. Le Démon est amarré et ancré au fond des eaux couvert de trois tonnes de fers et de chaînes. Les nuits de tempête il traîne ses chaînes et les rares marins qui l’on entendu et qui vivent encore disent que c’est un bruit terrible qui reste pour toujours dans les oreilles. Plus horrible que le bruit de la tempête. » (P. 103)

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