« Silbermann » – Jacques de Lacretelle

silbermannPresque 100 ans et toujours d’actualité…
Toujours malheureusement !
Rentrée scolaire dans un lycée…que les gamins découvrent…ils entrent en troisième. Beaucoup, dont le narrateur, viennent de Saint-Xavier, collège religieux sans doute que j’ai perçu comme tenu par des jésuites…Un élève est remarqué, personne ne le connaît, il est décrit comme un gamin « petit et d’extérieur chétif » dont la figure est « assez laide » …Dès les premiers cours le gamin attire les réactions hostiles des professeurs et de ses camarades, par sa prétention et son langage. Bref il est assez peu sympathique.
Le narrateur sympathise toutefois avec lui, Silbermann, dont on ne connaîtra pas le prénom. Silbermann qui lui avoue qu’il est juif. ce qui ne manque pas d’attirer les remarques racistes des autres élèves, remarques racistes qui deviendront des coups, parce que le gamin ne fait rien, bien au contraire pour attirer l’amitié.
Il dispose chez lui d’une bibliothèque de livres rares, qui lui permettent de briller en classe et d’écraser (un peu trop) ses camarades et professeurs.

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« Missak » – Didier Daeninckx

MiSSak [2]Missak…c’est Missak Manouchian chef d’un groupe de résistants d’origine arménienne tombés aux mains  de l’armée nazie et fusillés le 21 février 1944. 
Le secrétaire de Jacques Duclos, secrétaire général du PC convoque Louis Dragère, journaliste à l’Humanité, afin que celui-ci lui fournisse des renseignements sur ce groupe de résistants, et ceci en vue de l’inauguration d’une rue dans XXème arrondissement de Paris …
Qui les a trahis? Pourquoi?
Ce réseau de résistants d’origine étrangère a accompli des dizaines d’attentats et causé un nombre important de morts parmi les troupes nazies. On doit notamment mettre à leur actif l’exécution du général Julius Ritter dont la mission était de superviser le recrutement de la main d’œuvre destinée au service du travail obligatoire (STO).

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« Hiver arctique » – Arnaldur Indriðason

hiver arctiqueElias, gamin d’origine thaïlandaise est retrouvé mort, un soir d’hiver. Il faut très vite relever les indices, avant que la neige ne recouvre tout. La scène se passe en Islande…
Est-ce un meurtre sur fond d’immigration ?
La question se pose au commissaire Erlendur, personnage récurrent dans les ouvrages d’Arnaldur Indriðason…un meurtre qui rappelle de bien mauvais souvenirs à notre commissaire, dont le petit frère disparut un semblable soir d’hiver. Son corps ne fut jamais retrouvé.

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« Et ses démons » – Edward Limonov

« Et ses démonsVieux, ta vie entière s’est accompagnée de l’activité parallèle des démons. Ils ne t’ont jamais lâché, faisant toujours leur apparition, se rappelant à toi, embrasant tes nuits sans effusion de sang, te protégeant et t’assaillant à la fois. » (P. 228)
Et ils sont nombreux ces démons qui le hantent, nombreux et pas toujours faciles à identifier…Limonov, homme et écrivain, que je ne connais, honte à moi, que par le livre de Carrère ne m’avait pas attiré. Il faut dire que la présentation que Carrère en fait n’est pas très enthousiasmante. 
Il écrivait : « Limonov lui, a été voyou en Ukraine, idole de l’underground soviétique,  clochard, valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan, écrivain à la mode à Paris, soldat perdu dans la Balkans, et maintenant dans l’immense bordel de l’après communisme, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends mon jugement (P. 34). 

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« Une empreinte sur la terre » – Pramoedya Ananta Toer

Une empreinte sur la terre.jpgSi l’on demandait à chacun de nous lecteurs, de citer un auteur et un titre d’un auteur indonésien, rares seraient sans doute ceux d’entre nous capables de le faire…Cette partie de notre monde nous est relativement méconnue, l’actualité l’ignore bien souvent.
Aussi quand dans un rayon nouveauté d’une médiathèque, vous trouvez « Une empreinte sur la terre » agrémenté d’un bandeau rouge « Le plus grand écrivain indonésien », il est impossible de résister à cet appel de l’inconnu.
Dès les premières pages vous êtes séduit et happé par cette écriture précise, par le personnage principal Minke. 
Minke intègre l’école qui lui permettrait de devenir médecin d’Etat. Il doit se séparer de ses vêtements européens pour se vêtir à la mode javanaise, et même marcher pieds nus. Comme il se doit, il supportera un petit bizutage et des moqueries de ses camarades. Après quelques semaines d’école, il demande une permission de sortie exceptionnelle afin d’assister sur l’invitation du gouverneur général à une conférence sur l’avenir de l’Indonésie, colonie néerlandaise…L’action se passe à la fin du XIXème siècle…Le jeune homme invité dans la « cour des grands », parce qu’il est connu d’eux pour ses articles parus dans des journaux, impressionne ses camarades d’école, dont l’attitude change alors du tout au tout. Et là je me suis senti un peu perdu, par l’impression d’avoir « raté quelque chose ». Pourquoi ce gamin est-il donc connu du gouverneur ?

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Pramoedya Ananta Toer

Auteur indonésien né en février 1925 à Blora, et mort en avril 2006 à Jakarta

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« Les chiens de Détroit » – Jérôme Loubry

Les Chiens de DétroitPremier roman de cet auteur…Coup d’essai, coup de maître ? 
Je ne suis pas un lecteur habituel de polars, mais l’été, la plage, le besoin de s’évader…pourquoi pas. 
Hasard des « rencontres littéraires » sur un présentoir : il faut être un peu fou pour vouloir s’évader depuis la plage et son soleil vers Détroit, ville au passé industriel florissant, ville aujourd’hui en déclin que les entreprises désertent, ville qui connut des émeutes noires meurtrières, et qui a enregistré une baisse importante de sa population. Les maisons à l’abandon sont nombreuses et resteront invendues, la ville est en faillite, à la suite de la crise des subprimes.
Bref une ville triste, noire, un cadre violent tout à fait adapté à un polar parfaitement décrit par Jérôme Loubry

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