« Les oiseaux de bois » – Aslı Erdoğan

Les oiseaux de boisIls sont beaux, ils ressemblent traits pour traits aux oiseaux de nos forêts ou de nos jardins, ils en ont les couleurs, mais ils ne chanteront jamais…. »Un oiseau sans âme, impuissant et ridicule, dont les ailes, inaptes au vol, ne produisent qu’un bruit mécanique »…Belle image pleine de sous-entendus. 
Asli Erdoğan, auteure turque, plusieurs fois emprisonnée par le régime turque nous livre un recueil de 5 petites nouvelles de longueur, d’intensité et de charge émotionnelle très inégales..
Des femmes tuberculeuses usent leurs dernières forces dans une ultime ou première ballade en forêt, pour une seconde d’humour, de vie, d’amour..un homme se souvient d’une femme qu’il a beaucoup aimé et qui a disparu, une folle…

Bref des personnages tourmentés, mal dans leur peau, malades…Le détresse de chacun servant de fil conducteur afin de décrire à mots couverts tour à tour, la détresse des malades, l’enfermement des âmes et des corps, la violence policière, la beauté et la laideur aussi d’Istambul…l’amour de la liberté
On perçoit dans ces textes sans sourire l’auteure tourmentée, qui a connu la répression, la violence du régime turc…le désir ardent de liberté
Deuxième livre lu d’Aslı Erdoğan, à ne pas lire les jours ou le bourdon vous trotte dans la tête… Je l’ai sans doute lu un mauvais jour
Editions Actes-Sud – Traduction Jean Descat – 2009 – 148 pages

Quelques mots sur Asli Erdoğan


Quelques lignes

  • « Istanbul est une femme fatiguée mais attirante […] elle a beau avoir été malmenée, elle a réussi à rester belle, c’est une femme légère au cœur blessé. Elle a couché avec des hommes qui ne connaissaient pas son prix.. » (P. 48)
  • « La mort se place en un point de l’univers et pose sur nous son regard fou, son regard de loup, en souriant de son étrange sourire de statue. «Allez, continuez vos petits jeux bruyants, pensez, pleurez, tremblez, criez, aimez-vous, faites, créez, détruisez ; faites tous vos efforts pour m’oublier, mais je suis là et je vous attends.» » (P. 60)  
  • « Mais ces manières affectées laissaient transparaître la femme qu’elles voulaient cacher et faisaient ressortir l’âpre tristesse qui se lovait au creux de ses yeux comme un serpent noir. » (P. 104)
  • « Si on ne peut changer le monde, il faut changer sa propre façon d’être. » (P. 100)
  • « Mais l’homme ne doit pas se faire trop d’illusions sur sa prétendue liberté. Visible ou non, la police est partout. Pour un oui pour un non elle vous tombe dessus comme la foudre et vous fait regretter d’être venu au monde. » (P. 120)

 

 

 

 

 

Une réflexion sur “« Les oiseaux de bois » – Aslı Erdoğan

  1. Ça semble en effet être un livre plutôt sombre. Mais les citations sont tellement belles que je ne peux résister à la tentation de le lire ! (je choisirai toutefois le bon moment 😉 )

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