« Pour Teresa, le livre était le signe de reconnaissance d’une fraternité secrète. Contre le monde de la grossièreté qui l’entourait, elle n’avait en effet qu’une seule arme : les livres qu’elle empruntait à la bibliothèque municipale ; surtout des romans : elle en lisait des tas de Fielding à Thomas Man. Ils lui offraient une chance d’évasion imaginaire en l’arrachant à une vie qui lui apportait aucune satisfaction, mais ils avaient aussi un sens pour elle en tant qu’objets : elle aimait se promener dans la rue avec des livres sous le bras. Ils étaient pour elle ce qu’était la canne élégante pour le dandy du siècle dernier. Ils la distinguaient des autres » ( « L’insoutenable légèreté de l’être » – P. 63)
« C’est à l’hôpital que j’ai commencé à classer les livres en deux catégories : les diurnes et les nocturnes. C’est vrai, il y a des livres pour les jours et des livres qu’on ne peut lire que la nuit » (« L’insoutenable légèreté de l’être » – P. 135)


« L’insoutenable légèreté de l’être » est resté pendant des années dans ma liste de livres à lire…et chaque fois l’actualité, une quatrième de couverture, un conseil de lecteur autre, l’oubli …..l’emportaient….Que de temps perdu, que de regrets…enfin réparés…Un grand moment de bonheur…..Un vrai coup de cœur
Écrivain et journaliste suédois né en 1923 et décédé en 1954…..
En 1946-47, Stig Dagerman jeune journaliste suédois de 23 ans est envoyé en Allemagne afin de témoigner pour le journal qui l’emploie. J’avais lu plusieurs livres sur la montée du nazisme, la guerre, des romans, des témoignages, mais aucun sur ces quelques mois qui suivirent la chute du régime nazi…. Il va pendant plusieurs mois traverser l’Allemagne, depuis Hambourg à la Bavière, observer les conditions de vie des allemands, familles vivant à 25 dans des caves inondées non chauffées, enfants malades, vieillards agonisants, la faim, le marché noir, les vols, les profiteurs, le retour des prisonniers, les conditions de dénazification, mais aussi les agriculteurs qui s’enrichissent en vendant à prix d’or leurs pommes de terre et des familles qui regrettent Hitler, parce que quand il était là, « elles n’avaient pas faim »….
Jules, le jeune rabbin, et jeune mari de Zlabya reçoit par bateau une caisse de livres saints venant de Russie…on apprendra plus tard que les russes vendent les livres des juifs pour gagner de l’argent…A l’ouverture la caisse une surprise les attend…un jeune homme blond et rondouillard est couché parmi les livres. Il est inconscient…..et peut-être mort..
Le chat et le rabbin ont quitté Paris et sa grisaille et reviennent dans leur Afrique du Nord…un album différent plus « noir », plus profond….un personnage s’invite dans de 4ème tome, c’est la mort, représentée par un serpent, qui suit en permanence le Malka des lions.
Livre étonnant et magnifique, à lire surtout si on a tendance à se plaindre de la vie….une leçon de Lumière intérieure…une leçon de force