« J’étais médecin dans les tranchées » – Louis Maufrais

J'étais médecin dans les tranchéesRares sont les documents écrits par les médecins sur cette grande guerre. La médiathèque qui m’approvisionne mit en évidence cet ouvrage et d’autres, dans le cadre du centenaire de la fin de cette guerre. Une chance !
On apprend dès les premières pages que plus de 6000 médecins furent engagés, seulement une vingtaine d’entre eux prirent la peine d’écrire afin de partager…Il avait tout noté sur ses carnets, et à la veille de sa mort, soixante ans plus tard, alors qu’il était presque aveugle, il pris la peine d’enregistrer sur magnétophone son témoignage extrait de ses carnets. Sa petite fille en fit ce livre. 
Jeune externe en médecine, pas encore médecin diplômé donc, il est affecté dans le personnel soignant dès les premiers jours de la guerre, en août 1914. Il fit toutes les campagnes de France, fut affecté sur tous les fronts, l’Argonne, la Somme, Verdun…d’abord comme médecin auxiliaire, puis termina la guerre en qualité d’officier, responsable. Et fut démobilisé en 1919.

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« Le capitalisme expliqué à ma petite-fille…en espérant qu’elle en verra la fin » – Jean Ziegler

Le capitalisme expliqué à ma petite-filleOn ne présente plus Jean Ziegler, chacun connait ses engagements contre la faim dans le monde, au sein de l’ONU. Il est, à mes yeux, une conscience pour notre monde. 
Et il est dérangeant. Mais que c’est bon d’être dérangé, d’être bousculé, par cette rencontre au hasard d’une boite à livres, ces formidables outils de transmission de livres. Parfois des pépites s’y nichent ! 
Chacun parle du capitalisme, a une idée plus ou moins précise, Jean Ziegler ne nous parlera pas de ces chefs d’entreprises qui font l’économie locale de nos villes, qui roulent dans des voitures puissantes et que certains nomment capitalistes ! Non il nous parle de ces immenses groupes qui contrôlent notre monde, et qui parfois sont plus forts que les Etats. 

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« Même les monstres » – Thierry Illouz

même les monstres« Un crime monstrueux…. », « Le monstre a tué… »que de fois ces poncifs nous ont été asséné par les médias. Que de fois avons-nous eu de telles pensées à la lecture de comptes-rendus de procès? 
Quand à l’avocat, c’est souvent aussi qu’on lui pose cette question « Vous défendez même les monstres? ». L’avocat Thierry Illouz, s’en défend, il défend uniquement des hommes, des criminels. Il réfute le mot de monstre, et dans ce court livre d’une centaine de pages, presque une plaidoirie, l’avocat, l’homme Thierry Illouz, nous parle de lui, né en Algérie puis de la France, où il arriva, à un an, en 1962 dans le flot des pieds noirs. 
Et aussi, et surtout, de cette vocation, de ce métier difficile qu’est celui d’avocat : « Il ne faut pas être d’accord avec le monde pour choisir le métier fou et désespéré de défendre. »

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« Ebène – Aventures africaines » – Ryszard Kapuściński

Ebène - Aventures africainesRyszard Kapuściński a arpenté l’Afrique noire de long en large, des années 50 aux années 70, en qualité de journaliste correspondant d’une agence de presse polonaise… Il n’a fréquenté ni les Hilton ni les palaces africains, il n’a jamais voyagé en classes affaires dans des avions luxueux. Peut-être que les moyens mis à sa disposition ne le lui permettaient pas, mais surtout, je crois, il voulait être au plus près des Africains, connaître et partager leurs conditions de vie, leurs misères, leurs difficultés, afin de proposer à ses lecteurs des reportages sincères et vrais. Alors il dormait dans des masures, sous la tente, voyageait dans des autocars surpeuplés, non climatisés, bien sûr, et patientait sous le soleil, en plein désert, dans l’attente que le chauffeur répare pour la énième fois son vieux camion déglingué. Etre humble et vivre comme eux était indéniablement le meilleur moyen pour lui de se faire accepter des Africains, de recueillir leurs mots, de connaître leurs maux.

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« Le monde d’hier : Souvenirs d’un européen » – Stefan Zweig

Le monde d'hierCe n’est sans doute pas le livre le plus connu, sans doute pas le livre auquel on pense immédiatement quand on évoque le nom de Zweig, et pourtant c’est sans doute celui qui permet de mieux connaître Zweig, de connaître un peu plus l’homme, bien qu’il ne se livre que très peu, mais surtout le citoyen autrichien parcourant le monde, le penseur, ses interrogations, et enfin le réfugié fuyant pour sauver sa vie…
Au moment où il l’écrit en 1941, depuis le Brésil où il est réfugié, il n’est plus rien, plus personne: « Mon œuvre littéraire, dans sa langue originelle, a été réduite en cendres, dans ce pays même où mes livres s’étaient fait des amis de millions de lecteurs. C’est ainsi que je n’ai plus ma place nulle part, étranger partout, hôte en mettant les choses au mieux ; même la vraie patrie que mon cœur s’est choisie, l’Europe, est perdue pour moi depuis que pour la seconde fois, courant au suicide, elle se déchire dans une guerre fratricide. »

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« L’amour après » – Marceline Loridan-Ivens – Judith Perrignon

L'amour aprèsÀ 15 ans elle connut la haine, la haine et le paroxysme de la violence qui auraient pu la détruire, celle des camps nazis, ou seules la force de caractère et beaucoup de chance permettaient de survivre à l’horreur et, plus tard, de témoigner. Elle partagea cette douloureuse expérience dans « Et tu n’est pas revenu »…Elle y parla aussi et surtout de son premier amour masculin, de son père qui, toute la vie lui manqua, et dont l’absence détruisit la famille.
À 89 ans, elle ouvre une vieille valise à laquelle elle n’avait pas touché depuis plus de cinquante ans, sa « valise d’amour » dans laquelle se mêlent, lettres, mots reçus, pneumatiques (seuls les plus anciens d’entre nous s’en souviennent), des attentions reçues de personnes qui partagèrent quelques instants ou quelques années de vie avec elle, de personnes qui, toutes, comptèrent pour elle.

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« La lie de la terre » – Arthur Koestler

La lie de la terreDe tout temps, la France a été une terre d’accueil d’étrangers. Aujourd’hui encore nombreux sont ceux qui frappent à nos portes
Mais ce ne fut pas toujours simple, voire jamais simple!
Des étrangers pour travailler dans les mines, provenant de l’Europe de l’Est, polonais, tchèques, des espagnols pour travailler dans les exploitations agricoles, et des réfugiés politiques fuyant des régimes qui en voulaient à leur peau, à leur race, et ils sont légion, de toutes origines, Europe de l’Est, Afrique noire et Afrique du Nord, Espagne, Chili.
Et j’en oublie sans aucun doute.
A chaque époque ses réfugiés.

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