Amin Maalouf

« Si nous tenons à préserver la paix nos villes, dans nos quartiers, comme sur l’ensemble de la planète, si nous souhaitons que la diversité humaine se traduise par une coexistence harmonieuse plutôt que par des tensions génératrices de violence, nous ne pouvons plus nous permettre de connaître «les autres» de manière approximative, superficielle, grossière. Nous avons besoin de les connaître avec subtilité, de près, je dirais même dans leur intimité. Ce qui ne peut se faire qu’à travers leur culture. Et d’abord à travers leur littérature. L’intimité d’un peuple, c’est sa littérature. C’est là qu’il dévoile ses passions, ses aspirations, ses rêves, ses frustrations, ses croyances, sa visions du monde qui l’entoure , sa perception de lui-même et des autres y compris de nous-mêmes. Parce qu’en parlant des «autres» il ne faut jamais perdre de vue que nous-mêmes, qui que nous soyons, nous sommes aussi «les autres» pour tous les autres »  ( « Le dérèglement du monde » – P. 206)

« Même à celui qui possède tout, on peut toujours offrir un vieux livre » (« Les échelles du Levant«  – P. 48) 

« Le dérèglement du monde » – Amin Maalouf

le dérèglement du mondeUn titre « coup de poing », et un auteur qui m’a séduit chaque fois que j’ai ouvert un de ses livres…il n’en fallait pas plus pour m’attirer quelques mois après les attentats de Paris…et pendant cette lecture j’apprends les attentats de Bruxelles…
Le Maître-mot de ce livre est « Pourquoi? » Pourquoi en sommes nous arrivés à ces guerres, à cette violmence, à ces dérèglements climatiques.. ?
En effet : « Nous sommes entrés dans le nouveau siècle sans boussole. Dès les premiers mois, des événements importants se produisent, qui donnent à penser que le monde connaît un dérèglement majeur, et dans plusieurs domaines à la fois – dérèglement intellectuel, dérèglement financier, dérèglement climatique, dérèglement géopolitique, dérèglement éthique »

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« La cliente » – Pierre Assouline

La clienteUn auteur désirant écrire la biographie du romancier Désiré Simon, découvre que celui-ci était juif et note une phrase de ses mémoires, relative à la période de l’Occupation qui l’interpelle : « Désiré Simon n’en revenait pas : on lui demandait de prouver non ce qu’il était mais ce qu’il n’était pas ».
C’est le début d’une longue quête d’informations, pour comprendre le sens de cette phrase, les conséquences sur la vie du sujet de son livre pendant cette période. A titre exceptionnel il obtient l’autorisation de consulter les archives très confidentielles de l’Occupation, les rapports et enquêtes de police mais aussi les milliers de lettres de dénonciation, dénonciations de juifs, mais aussi de maris ou de femmes dénonçant leur conjoint pour s’en débarrasser, les maîtresses trompées dénonçant l’amant infidèle…courriers qui lui donnent la nausée. Par hasard une lettre retient son attention, elle dénonce la famille juive de son ami fourreur, cousin de sa femme. Cette famille a été exterminée à l’exception de son ami qui a pu récupérer ses biens « aryanisés » à la Libération.

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« La saison de l’ombre » – Léonora Miano

La saison de l'ombreDix jeunes d’une tribu africaine sub-saharienne, les Mulongo, et deux adultes disparaissent à la suite d’un grand incendie. Où sont ils? Tout le clan s’interroge, leurs mères ou épouses en pleurs sont écartées et ne participent plus à la vie du clan, « leur douleur sera contenue en un lieu clairement circonscrit et ne se répandra pas dans tout le village ». Elles doivent être purifiées afin de ne pas porter malheur au groupe : en effet, « après ce drame on n’a pas fait les sacrifices que les circonstances méritaient ». Les superstitions régissent la vie du clan.

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« La maison du citronnier » – Sandy Tolan

La maison au citronnierUn livre essentiel pour connaitre et comprendre le Moyen Orient, Israël, les mouvements palestiniens…, un livre de journalisme.
 
Sur fonds de roman l’auteur américain nous rappelle sans parti pris, en toute neutralité les conditions de la création de l’État d’Israël, d’arrivée des juifs quittant l’Europe dès 1933, les guerres successives entre juifs et palestiniens, occupations successives des territoires….
 
La famille d’une jeune juive Dalia, arrivant de Bulgarie, occupe une maison vide abandonnée par une famille palestinienne. Elle découvre que « sa » maison dans le jardin de laquelle pousse un citronnier, est aussi celle de Bachir dans laquelle il vécu son enfance. Une amitié naît entre les 2 personnages, malgré les souffrances infligées par le pouvoir israélien, dont est victime Bachir, amitié qui leur permet de se comprendre, sans se haïr. Dalia et Bachir ne sont pas des personnages de roman, ils existent, l’auteur les a rencontré.

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Sandy Tolan

Sandy TolanJournaliste américain, Sandy Tolan s’est consacré pendant plus de vingt ans à des reportages sur le terrain, en Amérique latine, en Europe de l’Est, dans les Balkans et au Moyen-Orient.

Il enseigne à présent à l’école de journalisme de USC (University of Southern California), tout en continuant à effectuer de nombreux reportages pour la radio et pour la presse.

Son premier livre, Me and Hank, paru en 2000, abordait la question du racisme aux États-Unis. Lire la suite →

« Le silence de la mer » – Vercors

Le silence de la merÉcrit en pleine guerre en 1941, par Vercors, nom de résistance et de plume de Jean Bruller Le Silence de la Mer est un huis clos entre 3 personnages, un homme et sa nièce habitant une ferme réquisitionnée et un jeune officier allemand, Werner Von Ebrennac, qui vit dans l’une des pièces de la maison.
Ce dernier est bien loin du cliché de l’envahisseur, il est humain, tolérant, lettré et cultivé. Un homme avec lequel on aurait plaisir à parler, un homme qu’on aimerait avoir comme proche, un homme sensible tolérant, pas du tout le nazi dominateur, un homme peu différent de la jeune femme et de son oncle, peu différent de chacun de nous Lire la suite →

« Mes amis » – Emmanuel Bove

InvalideMes amis de guerre à 50%, Victor Baton, vit avec sa maigre pension de guerre. Il ne travaille pas. Une vie bien triste, faite d’ennui, dans le Paris de l’après guerre. Par tous les moyens, il aimerait qu’on le remarque, il veut tant vaincre sa solitude…Ah si seulement on le regardait, si seulement quelqu’un lui adressait spontanément la parole…Mais non, chacun passe sans le voir..Insignifiant dans son costume élimé. Pourtant il essaye de se faire des amis, d’attire et de retenir l’attention…Une liaison rapide, sans suite, et c’est tout. Bien qu’il soit pauvre, il offre des cigarettes, des repas, « prête » de l’argent à des profiteurs,…et immédiatement se rend compte de son erreur…

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