Anas est un homme jeune, qui essaye de faire face à sa maladie, aux séquelles du cancer qui le fragilisent physiquement et moralement. Pas facile d’avaler ce coup dur, de résister à ce coup de massue, d’y faire face …Alors il se retire seul -on saura pourquoi- dans un petit village du sud de la France. Sans doute aussi parce que afin de se reconstruire et de tenter d’oublier, il a besoin du soleil et de la jovialité légendaire des gens du sud ….
Quoi de mieux qu’un bistrot pour faire des rencontres, pour se rapprocher d’autres et discuter de tout, de rien, se changer les idées..un café dans lequel on entre, dans lequel on lance, à la cantonade, un bonjours poli ?…
Mais ce bonjour poli n’amène aucune réponse.
Au contraire, on le considère avec méfiance..et une fois qu’il a quitté le bar, les langues se délient…« Il aurait pu au moins se présenter….On sait rien de lui, on sait même pas son nom, on sait pas d’où il vient…..Il boit pas d’alcool, c’est un indice…..Il a parlé à personne, pourquoi ?….Il a l’air complètement égaré…. »



Salido
Les deux assassins d’Emmet Till, jeune gamin de quatorze ans sortiront libres du tribunal, libres, la cigarette au bec et hilares. Le jury du Mississipi composé exclusivement de blancs, a délibéré pendant une heure…une heure pendant laquelle les membres ont également mangé le repas qu’ils avaient demandé qu’on leur porte. Emmet était un gamin noir venue de Chicago . Il avait eu l’audace insolente de siffler une femme blanche.
Alors il l’ont enlevé, tabassé à coups de poings, en lui écrabouillant le visage, tué d
Addi Bâ est un jeune guinéen soldat de l’armée française, l’un de ces « tirailleurs sénégalais ». Fait prisonnier par l’armée allemande lors de la bataille de la Meuse il s’évade et rejoint les forêts des Vosges où il erre et se cache.Il n’est pas l’un de ces coloniaux arrivés, souvent contre leur grès, en France depuis leur Afrique natale à la veille de la guerre. Il a été adopté à l’âge de treize ans par un percepteur des impôts qui officiait à Conakry…. Parce qu’il était noir il fut affecté à l’un des régiments de chair à canon, les tirailleurs sénégalais…Dans l’armée française, on ne mélangeait pas les couleurs, à cette époque. « Sitôt la guerre terminée, on les jette comme des Kleenex usagés, […] Plus personne de pense à eux après! [….] avec un coup de pied au cul, les poumons en sang et les jambes en moins ; abrutis, sous-gradés, absents des citations et des monuments aux morts, et avec ça, un pécule inférieur de dix fois à celui de leurs collègues blancs. »
En reprenant le titre de l’album de Johnny Clegg & Savuka « Cruel, Crazy Beautiful World », Troy Blacklaws a écrit un livre dérangeant sur une Afrique du Sud inconnue : l’Afrique du Sud raciste…
O
L’enfance et l’adolescence – dans les années 1910-20 – d’un « moricaud », d’un gamin « nègre » dans le sud des États Unis, le Mississipi….Deux mots terribles qui traduisent tout le racisme, toute la violence de la population de cet État des États-Unis à l’égard des hommes de couleur, deux mots que lecteur retrouvera à chaque page, à tous les âges de ce gamin devenu auteur.
Rwanda 2003, les Hutus ayant participé aux massacres des Tutsis sont libérés et reviennent vivre à coté des survivants Tutsis des massacres. La politique nationale de réconciliation l’a décidé, poussée par les grandes puissances qui ont financé la reconstruction et les programmes alimentaires.Jean Hatzfel a écrit en qualité de journaliste-écrivain deux autres livres sur le Rwanda. Il a publié « Dans le nu de la vie » en 2000, ouvrage dans lequel il collecte les souvenirs des survivants Tutsi. Deux ans plus tard paraît « Une saison de machettes » , dans lequel il « passe de l’autre côté » et retranscrit ses conversations avec des Hutus emprisonnés, condamnés pour crimes de guerre. N’ayant pas eu connaissance de ces deux autres livres, je ne les ai pas lu avant de lire celui-ci, trouvé par hasard.