« Vous n’aurez pas ma haine » – Antoine Leiris

Vous n'aurez pas ma haineTémoignage bouleversant d’un papa, Antoine Leiris, qui attend son épouse Hélène, partie avec des amis, assister à un concert au Bataclan un vendredi 13 novembre.
Hélène ne reviendra plus.
Antoine se retrouve seul avec son fils, seul à attendre les nouvelles, appels sans suite à son épouse, annonce, attente de la voir, visite à l’Institut médico-légal…parcours douloureux d’un homme qui avant de se lamenter, essaie de préserver son fis de 17 mois, sans toutefois l’infantiliser ni lui cacher la mort de sa maman.

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« Une nuit, Markovitch » – Ayelet Gundar-Goshen

Une nuit, MarkovitchZeev et Yaacov sont bien heureux d’échapper au couteau et la vengeance du boucher dont ils ont séduit la femme…ils sont trois, dorénavant, à connaître les grains de beauté de Rachel…
Yaacov, tellement anonyme et discret, est un passeur d’armes, Zeev quant à lui est reconnaissable entre mille du fait de son gabarit et de sa légendaire moustache. Ils font partie d’une groupe de vingt jeunes hommes envoyés en Europe, à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, afin d’épouser des jeunes filles juives et de revenir avec elles en Israël. A leur retour elles retrouveront la liberté, le rabbin prononcera les divorces, les hommes retrouveront leurs belles 

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« Légende » – Sylvain Prudhomme

LégendeNell et Matt sont deux amis, passionnés par la photo, le cinéma, leur pays, la Crau, vaste plaine à l’est du Rhône.
Ils travaillent ensemble à la réalisation d’un film sur une boite de nuit, La Chou qui fit les belles nuits de leur jeunesse, et de celle de milliers de jeunes qui la fréquentèrent dont Fabien et Christian. 
Un scénario simple, bien monté, agréablement interprété par Matt et Nell, mis en scène par Sylvain Prudhomme, que j’ai découvert à l’occasion de cette lecture, 
Le lecteur s’attachera à la vie de ces deux frères Fabien et Christian, deux frères qui se haïssaient, deux personnalités diamétralement opposées, trop tôt disparus, dont on apprendra au fil des pages les conditions de leur mort.

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« Le vendeur de sang » – Yu Hua

Le vendeur de sangXu Sanguan, personnage principal du roman, découvre grâce à deux amis comment gagner beaucoup d’argent en vendant son sang. D’abord boire beaucoup, puis bien manger après, grâce à la somme importante donnée par le chef du sang, auquel il aura fallu, préalablement au don, graisser la patte.
En une fois le donneur gagne autant qu’en travaillant six mois dans les champs, des dons qui permettent même d’acheter une maison
Témoignage sur l’évolution de la vie en Chine depuis les années 40-50 jusqu’à l’aube de notre siècle en passant par la Grande Famine, la Révolution culturelle..

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Aharon Appelfeld

« La littérature, si elle est littérature de vérité est la musique religieuse que nous avons perdue. La littérature contient toutes les composantes de la foi : le sérieux, l’intériorité, la musique et le contact avec les contenus enfouis de l’âme. » (Histoire d’une vie – P. 127)

« Un véritable écrivain  écrit à partir de lui-même et la plupart du temps sur lui-même, et si ses propos ont un sens, c’est parce qu’il est fidèle à lui-même, à sa voie, à son rythme. Les généralités, le sujet ne sont que des sous-produits de l’écriture, non son essence. » (Histoire d’une vie – P. 136)

« Un homme n’est pas un écrivain simplement parce qu’il a un certain talent pour l’écriture. Si tu n’es pas relié aux parents, aux grands-parents, et à travers eux à ta tribu, tu es un écrivaillon mais pas un grand écrivain. La littérature russe est juste et grande car elle est reliée aux croyances du peuple russe. L’écrivain russe de méprise pas les icônes, lui-même s’agenouille et supplie : « Jésus, père de ceux qui souffrent, sauve-moi aussi » » (L’amour soudain P 70)

“Ne m’enferme pas dans un hospice, je veux mourir près de mes livres. » (L’amour soudain – P. 75)
« Désormais, il sait que la littérature commence avec le puits au-dessus duquel on s’est penché enfant, la peur noire qui vous a étreint à la vue de sa profondeur, avec le chiot qu’on a caressé et dont il s’est avéré qu’il avait la rage, puis avec la course vers la clinique bondée de gens effrayés, d’enfants qui braillent, le médecin qui tient dans sa mains une grande seringue, découvre le ventre tremblant et y plante l’aiguille. » (L’amour soudain – P. 82)
« Les mots qui ne sont pas reliés à une souffrance ne sont pas des mots, mais de la paille. Toutes ces années je suis allé vers des lieux auxquels je n’appartenais pas, vers des mots qui n’étaient pas nés en moi.[….] Des mots qui ne sont pas nés de mes propres douleurs. » (L’amour soudain – P. 103)
« L’écriture doit aller au fait, sans contorsion. Seuls les êtres à l’âme tourmentée ont une écriture sinueuse, brumeuse, il semble toujours qu’ils ont quelque chose à dissimuler. » (L’amour soudain – P. 204)

« Histoire d’une vie » – Aharon Appelfeld

Histoire d'une vieIl a connu la vie heureuse en famille, la vie des juifs de l’Europe de l’Est, l’antisémitisme croissant, la déportation, la mort violente de sa mère, les camps dont il s’évadera à 10 ans, une longue errance dans les bois, la libération par l’Armée Rouge, l’arrivée en Italie, puis en Israël, la guerre des Six Jours…. Il est maintenant l’un écrivains israéliens majeurs.
Un livre sur la Shoah ? Non, il se refuse de décrire la Shoah « J’ai essayé plusieurs fois de raconter tout cela sur un ton documentaire, mais chaque tentative se soldait par un échec. Tout simplement parce que ce que j’ai vécu n’est pas… croyable. Vous ne pouvez pas exprimer la peur et l’angoisse d’un enfant sans utiliser des métaphores. Il m’a fallu, pour rendre à mon histoire sa crédibilité, rompre avec le récit logique, passer par la fiction et me détacher de mes souvenirs ». 

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