« Dans le grand cercle du monde » – Joseph Boyden

J’ai depuis toujours été fasciné par Dans le grand cercle du mondeLe Canada, le Québec, leurs forêts immenses, leurs lacs, le froid, et j’ai retrouvé dans ce livre tous mes rêves d’enfants, une partie de mes bandes dessinées qui me transportaient, me faisaient rêver…mais là pas de cow-boys, mais des Corbeaux, ces jésuites venus de France, évangéliser ces Sauvages…
C’est comme ça qu’ils les présentaient : des sauvages…Non! mais des hommes, des peuples indiens ayant une culture différente, un autre mode de vie…des hommes au cœur de la nature, la vénérant, ainsi que ses animaux. 
Choc de deux cultures, Européenne et Amérindienne, choc de deux modes de vie.
Ces braves indiens Hurons vivaient tranquillement de la chasse, de la cueillette, de la pêche…certes de temps en temps ils se jetaient dans la guerre contre les Iroquois, une guerre ancestrale. C’était l’occasion de longues tortures pratiquées jusqu’à la mort sur les prisonniers. Ces peuples nomades ne vivaient pas sous des tentes, comme nos BD enfantines nous les présentaient. Sédentaires ils vivaient réunis par centaines dans des villages en dur, cultivaient la terre, pour faire pousser les trois sœurs, maïs, courges et haricots, et abandonnaient le village pour en créer de nouveaux lorsque la terre qu’ils avaient défrichée autour ne les nourrissait plus.

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« 14 » – Jean Echenoz

14Un peu plus de 100 pages brèves et concises pour conter toute l’horreur de la guerre de 14-18 : Manque de préparation de l’armée, mobilisation et départ, attente sur le front, mensonges des gradés, combats, pistons, morts violentes, handicapés, fusillés pour l’exemple, profiteurs de guerre, …..
5 hommes, de toutes conditions, partis du même village vendéen réunis dans le même régiment sont touchés par cette guerre, qui reviendra? 
Une femme Blanche accouche d’un enfant, « né de père inconnu », attend le retour de deux d’entre eux…
Toute cette boucherie, ces seize millions de morts, tout ce drame en 100 et quelques pages .

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« Sable mouvant : Fragments de ma vie » – Henning Mankell

Sable mouvant-Fragments de ma vie

Fin 2013, à la suite d’un banal accident de la route, Henning Mankel subit les examens médicaux de routine…Pas de blessure grave mais des contusions douloureuses…il a frôlé la mort. Quelques jours après les douleurs s’étendent et irradient la nuque, le bras, la main. Les médecins soupçonnent une hernie discale.
Examens complémentaires, radios, et début janvier 2014, la phrase couperet, annoncée par le médecin…. »Vous avez un cancer ! »…une phrase que chacun de nous redoute. Parfois, c’est le malade qui, interprétant les propos alambiqués et embarrassés du médecin lui dit : « Docteur, vous êtes en train de me dire que j’ai un cancer! C’est ça ? »
Une phrase qui assomme, qui laisse sans voix, et qui après un moment d’abattement, après des larmes partagées avec les siens en entraîne une autre : « Je vais me battre, on va s’en sortir ! »

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« La terre qui les sépare » – Hisham Matar

la terre qui les sépareLorsqu’en 1969, le jeune colonel Mouammar Kadhafi renverse le vieux roi Idriss 1er, Jaballa Matar,  diplomate libyen à New-York et père d’Hisham Matar « avait regagné la maison aussi vite que possible […] par enthousiasme pour cette nouvelle ère de modernité républicaine. » Trés vite Jaballa Matar entra en opposition avec le dictateur et son régime et, devenu dangereux aux yeux du dictateur, dut s’exiler en Égypte. Condamné à mort par contumace, il fut enlevé, en 1990, avec l’aide probable du gouvernement égyptien, et emprisonné ainsi que plusieurs autres membres de sa famille dans les prisons du dictateur libyen, « Guide de la Révolution »
Jaballa Matar put faire sortir clandestinement quelques lettres pour sa famille qui n’eut, par la suite, plus aucune nouvelle de lui.

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« MK, Récit d’un déporté arménien : Dix années d’errance parmi les Kurdes et les Syriaques » – Manuel Kirkyacharian- Baskın Oran

MK,A 9 ans en 1915, Manuel Kirkyacharian, le gamin arménien est déporté avec ses parents, comme beaucoup d’autres…C’est pour lui, le début d’une dizaine d’années d’errance en direction de la Syrie, de Mossoul puis d’Alep. Par la suite il émigrera vers l’Australie et obtiendra la nationalité anglaise.  
Peu après le début du récit, le gamin perdra sa mère qui se suicide sous ses yeux en se jetant dans le fleuve  et son père qui fut tué après avoir été fouetté. Je ne vous raconterai pas le reste
Le gamin errera de ferme en ferme, il sera vendu, pris comme esclave, aura faim, etc…et fera tous les sales boulots pendant une dizaine d’année, labours, moissons, soins aux animaux…il sera durement puni, aura faim et côtoiera même la mort à plusieurs reprises. 
Afin de mourir, il témoignera en enregistrant sur des bandes magnétiques les conditions de son exode.  

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« Faim » – Knut Hamsun

Faim Knut Hamsun.Andreas Tangen est un écrivain qui tente de vivre en proposant des articles, des feuilletons aux rédacteurs en chef des journaux de Kristiana -ancien nom d’Oslo…Un écrivain qui cherche le succès.
Un succès qui tarde à venir….presque tous ses articles « sur les choses les plus diverses, idées étranges, caprices fantaisies nées de mon cerveau agité » sont refusés. Ses ressources sont si faibles qu’il se prive de tout, et qu’il a faim… au fur et à mesure des pages il quittera sa chambre sans payer sa logeuse, et portera au clou, chez les prêteurs sur gages, ses couvertures, ses vêtements et pourquoi pas ses boutons.
Faim et froid agissent ensemble sur son comportement, sur ses pensées, sur son moral.
Il en devient fou, victime d’hallucinations, fou et incohérent dans ses relations avec les autres, avec les femmes. Incohérent dans ses pensées et dans ses actes, il mâche même des copeaux de bois pour tromper cette faim qui le tenaille.

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