« Confiteor » – Jaume Cabré

ConfiteorA la fin de ce roman j’ai pensé « Ouah! Quel roman!! » et pourtant je confesse que j’ai eu envie de le lâcher, mais il y avait quelque chose d’indéfini, qui me disait « Continue…!! » et je ne regrette pas du tout.
Un roman toutefois exigeant, qu’on ne peut lire d’un air distrait en écoutant la musique, en pensant à autre chose.
Mais le plaisir qu’on en retire en vaut la peine. Un roman puzzle dans lequel on découvre des pièces de ce puzzle, toujours très belles, quelques fois « pas trop conformistes », dont on cherche les relations entre elles, on revient en arrière, on avance et on se dit : »Tiens cette pièce va avec celle-ci », on découvre une autre pièce sans rapport avec la précédente et puis on identifie un fil conducteur, un « personnage » important, un violon « Storioni Vial » souvent présent dans de nombreuses pièces du Puzzle, depuis l’inquisition, jusqu’à nos jours en passant par Auschwitz, la dictature franquiste, depuis Barcelone en passant par l’abbaye de Lagrasse, Tubingen, Crémone, Paris, de l’enfance du narrateur jusqu’à l’hospice….

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« Le crayon du charpentier » – Manuel Rivas

Le Crayon du charpentierLa guerre d’Espagne est finie depuis bien longtemps, Sousa, le journaliste rencontre le Docteur Da Barca afin de recueillir les mémoire du vieil homme. Il était un rouge indomptable, il a été condamné à mort , puis gracié mais est resté longtemps emprisonné : « Avec tout le temps qu’il avait passé comme dirigeant républicain et avec tout le temps qu’il avait croupi en prison, Da Barca était devenu une véritable archive vivante. Il avait tout dans la tête. Ses textes contenaient des témoignages décrivant la répression en prison… »

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« Un autre : Chroniques d’une métamorphose » – Imre Kertész

Un autre - Chroniques d'une métamorphoseOn ne peut pas survivre à la sélection pratiquée à Auschwitz, puis à la faim et à la maladie à Buchenwald et aux pressions exercées par les régimes communistes de l’Europe de l’Est, sans être « marqué », comme se définit Imre Kertész .
Certains se laisseraient abattre, auraient baissé les bras, ou envisagé le suicide, Imre Kertész, décidera au contraire de lutter contre ces totalitarismes, de dénoncer le nouvel antisémitisme, né après Auschwitz, Auschwitz qui « marque un tournant comme par exemple en physique, la théorie quantique »et d’être l’un de ces auteurs alertant les lecteurs. Son engagement fut vraisemblablement, un élément décisif dans l’attribution du Prix Nobel.

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« Être sans destin » – Imre Kertész

Etre sans destin

« Être sans destin » que j’ai trouvé par hasard dans une boîte à livres quelques jours après l’annonce du décès d’Imre KERTÉSZ, est le Xième livre que je lis sur les camps.

Ce ne sont pas des livres mais des destins, des vies, et nous devons les accepter tels qu’ils sont. 

Bien que les faits, bien que l’horreur restent identiques, selon la sensibilité, la personnalité, l’âge au moment des faits de celui qui les a vécus dans sa chair, chaque livre sera différent.
« Être sans destin » est un livre différent, qui apporte un éclairage nouveau, le regard d’un prix Nobel de littérature sur le gamin de 15 ans qu’il était en 1944.

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« La femme qui avait perdu son âme » – Bob Shacochis

La femme qui avait perdu son âme

Vous aimez, les polars, les livres qui manipulent le lecteur (dans le bons sen du terme), les sagas familiales qui vous font voyager, vivre des vies, les livres ayant pour fond des faits historiques ….et vous avez du temps devant vous, alors foncez et lisez « La femme qui avait perdu son âme », roman finaliste du prix Pulitzer 2014.  
Oui, il vous faudra du temps pour venir à bout ou dévorer ces presque 800 pages (de fins caractères),  que Bobs Shacochis, que je ne connaissais pas aurait mis 10  ans à écrire !
 

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« Black Boy » – Richard Wright


Black BoyL’enfance et l’adolescence – dans les années 1910-20 – d’un « moricaud », d’un gamin « nègre » dans le sud des États Unis, le Mississipi….Deux mots terribles qui traduisent tout le racisme, toute la violence de la population de cet État des États-Unis à l’égard des hommes de couleur, deux mots que lecteur retrouvera à chaque page, à tous les âges de ce gamin devenu auteur.
Un racisme faisant partie de la vie.

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« Le petit joueur d’échecs » – Yoko Ogawa

Le petit joueur d'échecsUn gamin, handicapé – il a les lèvres soudées à la suite d’une malformation de naissance mal corrigée – et solitaire rencontre un autre handicapé obèse quant à lui, incapable de se déplacer, vivant dans un autobus dont il ne peut sortir du fait de sa taille,  et donc également solitaire qui devient son ami et lui apprend les subtilités et la philosophie du jeu d’échecs. Progressivement il devient « Little Alekhine » en référence au  maître des échecs, Alexandre Alekhine, joueur franco-russe, en développant son propre jeu : Il se positionne sous l’échiquier et reconnait les déplacements des pièces à leur mélodie. Son maître lui dit : « Les échecs se pratiquent à deux, l’adversaire et soi-même, c’est une mélodie que l’on interprète à deux. C’est pourquoi, un jeu aussi pur que le tien est réduit à néant si le son de l’adversaire est brouillé. Moi je ne veux pas te voir jouer ainsi. Toi tu es capable de jouer de telle sorte que tout le monde en a le souffle coupé. Sur l’échiquier, non, sous l’échiquier tu peux graver un poème »

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« Le fils du capitaine » – Nedim Gürsel

Le fils du capitaineDeux découvertes qui valent la peine d’être connues, un auteur et la Turquie moderne…Rares sont les livres, les auteurs qui nous entraînent à la découverte de ce pays, qui pourtant est très souvent présent dans notre actualité
Le livre commence par la mort de la mère du narrateur. Et très vite on s’attache à ce gamin orphelin trop tôt, sa mère est morte d’une balle de revolver dans le cœur, accident ou suicide? Un père absent, toujours choyé par sa mère qui le suivait partout, un père qui se débarrasse du gamin en l’inscrivant comme pensionnaire pendant huit ans dans un lycée.

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« Nous autres » – Ievgueni Zamiatine

Nous autresMagnifique pour les uns, déception pour les autres…Un livre culte, demie déception en ce qui me concerne
Première dystopie écrite il y a presque 100 ans, publiée en 1924. 
D-503, le narrateur mathématicien est le concepteur de l’Intégral, vaisseau spatial qui doit décoller dans 120 jours pour aller porter la civilisation partout dans l’univers, la civilisation de leur monde dirigé par le Bienfaiteur. Une civilisation dans laquelle hommes et femmes sont vêtus « d’unifs bleus », dans laquelle ils sont connus par des numéros…une civilisation dans laquelle tous se réveillent, mangent en mastiquant 15 fois chaque bouchée et dorment aux mêmes heures .

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« Les émigrants » – W.G. Sebald

Les émigrantsRoman, biographies, enquêtes…un peu de tout sans doute. Quatre récits illustrés de photos anciennes « collant » au texte, une construction – texte-photos – comparable à celle d’Austerlitz, avec lequel j’avais découvert cet auteur..une découverte que je souhaitais poursuivre avec ce livre encensé par la critique lors de sa parution en 1992.
Quatre personnages tous différents qui ont fuit, enfant avec leurs parents ou adultes, l’Allemagne ou la Lituanie, leurs pays de naissance. Quatre personnages d’origine juive, ou ayant une petit peu de sang juif, menacés par les nazis. Quatre hommes qui apprendront plus tard la disparition des leurs. 

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