« Retour à Séfarad » – Pierre Assouline

retour à séfaradLe 31 mars 1492 les Rois Catholiques d’Espagne, Isabelle la Catholique et Ferdinand II d’Aragon signèrent le décret de l’Alhambra qui donnait  aux Juifs  jusqu’au 31 juillet de cette même année, pour se convertir au christianisme ou pour quitter le royaume. Beaucoup choisirent l’exil; un exil qui les priva de toutes leurs richesses. Nombre d’entre eux furent dépouillés lors de leur voyage en terre d’Espagne. Tous furent fouillés et dépouillés aux frontières.
Ni les descendants de ces Juifs expulsés, ni le Royaume d’Espagne n’oublièrent cette tragédie, puisque le décret de l’Alhambra fut aboli en 1967 et en 2015, le Roi autorisa même les descendants de ces juifs expulsés à revenir au Pays, et à demander s’ils le souhaitaient d’acquérir la nationalité espagnole..
Alors Pierre Assouline, après quelques hésitations, se dit « pourquoi pas ? »…

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« J’étais médecin dans les tranchées » – Louis Maufrais

J'étais médecin dans les tranchéesRares sont les documents écrits par les médecins sur cette grande guerre. La médiathèque qui m’approvisionne mit en évidence cet ouvrage et d’autres, dans le cadre du centenaire de la fin de cette guerre. Une chance !
On apprend dès les premières pages que plus de 6000 médecins furent engagés, seulement une vingtaine d’entre eux prirent la peine d’écrire afin de partager…Il avait tout noté sur ses carnets, et à la veille de sa mort, soixante ans plus tard, alors qu’il était presque aveugle, il pris la peine d’enregistrer sur magnétophone son témoignage extrait de ses carnets. Sa petite fille en fit ce livre. 
Jeune externe en médecine, pas encore médecin diplômé donc, il est affecté dans le personnel soignant dès les premiers jours de la guerre, en août 1914. Il fit toutes les campagnes de France, fut affecté sur tous les fronts, l’Argonne, la Somme, Verdun…d’abord comme médecin auxiliaire, puis termina la guerre en qualité d’officier, responsable. Et fut démobilisé en 1919.

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« Le capitalisme expliqué à ma petite-fille…en espérant qu’elle en verra la fin » – Jean Ziegler

Le capitalisme expliqué à ma petite-filleOn ne présente plus Jean Ziegler, chacun connait ses engagements contre la faim dans le monde, au sein de l’ONU. Il est, à mes yeux, une conscience pour notre monde. 
Et il est dérangeant. Mais que c’est bon d’être dérangé, d’être bousculé, par cette rencontre au hasard d’une boite à livres, ces formidables outils de transmission de livres. Parfois des pépites s’y nichent ! 
Chacun parle du capitalisme, a une idée plus ou moins précise, Jean Ziegler ne nous parlera pas de ces chefs d’entreprises qui font l’économie locale de nos villes, qui roulent dans des voitures puissantes et que certains nomment capitalistes ! Non il nous parle de ces immenses groupes qui contrôlent notre monde, et qui parfois sont plus forts que les Etats. 

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« Même les monstres » – Thierry Illouz

même les monstres« Un crime monstrueux…. », « Le monstre a tué… »que de fois ces poncifs nous ont été asséné par les médias. Que de fois avons-nous eu de telles pensées à la lecture de comptes-rendus de procès? 
Quand à l’avocat, c’est souvent aussi qu’on lui pose cette question « Vous défendez même les monstres? ». L’avocat Thierry Illouz, s’en défend, il défend uniquement des hommes, des criminels. Il réfute le mot de monstre, et dans ce court livre d’une centaine de pages, presque une plaidoirie, l’avocat, l’homme Thierry Illouz, nous parle de lui, né en Algérie puis de la France, où il arriva, à un an, en 1962 dans le flot des pieds noirs. 
Et aussi, et surtout, de cette vocation, de ce métier difficile qu’est celui d’avocat : « Il ne faut pas être d’accord avec le monde pour choisir le métier fou et désespéré de défendre. »

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« La brigade du rire » – Gérard Mordillat

La brigade du rireIls étaient six copains, copains depuis le lycée, copains depuis qu’ils ont gagné ensemble un match de handball, ce qui leur valut quelques honneurs dans la presse. Bob, l’un d’eux les a quittés, en tombant d’une falaise, ou plutôt en se jetant d’une falaise. Il est toujours présent dans leurs mémoires. 
Kol, quant à lui était salarié dans une imprimerie, qui vient de fermer. Syndicaliste et porte parole des grévistes qui voulaient sauver leur emploi, il a été licencié. Un journaliste, Pierre Ramut, écrivant dans le journal « Demain le jour » et auteur de « La France debout »  s’est emparé de cette affaire de fermeture d’usine. Oh, non pas pour sauver cette affaire et aider les grévistes, mais au contraire pour l’enfoncer. Ce type qui porte nœud papillon et montre à 50 000 € prêche chaque semaine dans ses éditoriaux  la baisse du coût du travail, défend l’accroissement de la durée du travail, et a été plus ou moins responsable de la mort de Bob…

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« Mille soleils splendides » – Khaled Hosseini

mille-soleils-splendidesAh ! Si j’étais un fondamentaliste religieux convaincu, qu’est-ce que j’aimerais clouer au pilori ce mécréant de Khaled Hosseini qui met deux femmes afghanes à l’honneur ! Mais je ne suis qu’un vieux lecteur aimant les femmes, adorateur de leurs beautés (physique et morale), adorateur de la liberté, adorateur des droits de l’Homme et donc de celui des femmes, et pas uniquement des droits de l’homme….alors je vais dire tout le bonheur que j’ai eu avec cette lecture de « Mille soleils splendides ». 
Il a bien des années Khaled Hosseini m’avait régalé avec les Cerfs volants de Kaboul – qu’il faut que je relise. Il renouvelle ce bonheur de lecture avec Mariam, une gamine afghane de 14 ans que son père Jalil a eu avec Nana hors mariage.

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« Ebène – Aventures africaines » – Ryszard Kapuściński

Ebène - Aventures africainesRyszard Kapuściński a arpenté l’Afrique noire de long en large, des années 50 aux années 70, en qualité de journaliste correspondant d’une agence de presse polonaise… Il n’a fréquenté ni les Hilton ni les palaces africains, il n’a jamais voyagé en classes affaires dans des avions luxueux. Peut-être que les moyens mis à sa disposition ne le lui permettaient pas, mais surtout, je crois, il voulait être au plus près des Africains, connaître et partager leurs conditions de vie, leurs misères, leurs difficultés, afin de proposer à ses lecteurs des reportages sincères et vrais. Alors il dormait dans des masures, sous la tente, voyageait dans des autocars surpeuplés, non climatisés, bien sûr, et patientait sous le soleil, en plein désert, dans l’attente que le chauffeur répare pour la énième fois son vieux camion déglingué. Etre humble et vivre comme eux était indéniablement le meilleur moyen pour lui de se faire accepter des Africains, de recueillir leurs mots, de connaître leurs maux.

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« Cris » -Laurent Gaudé

crisL’année du centenaire de la Guerre de 14-18 se termine….Quelques célébrations, et puis, on passe à autre chose. Oubliés ce passé, cette émotion !
L’actualité nous pousse…..on ne va pas ressasser en permanence ces horreurs. La veste bleue horizon n’est plus à la mode, elle est depuis remplacée par des gilets aux couleurs jaunes … un jaune cocu, je le crains. 
Hasard de la vie…je lisais ce premier livre écrit par Laurent Gaudé, alors que les Champs Elysées étaient mis à sac, qu’était vandalisé l’Arc de Triomphe, sous lequel repose un soldat inconnu mort au cours de l’une de ces batailles que Gaudé met en scène dans « Cris ».
Hasard qui donna encore plus de poids, encore plus d’émotions à ma lecture, encore plus de tristesse et d’indignation devant notre monde…Cette lecture de Cris faisant passer pour bien vains, pour bien mièvres et bien futiles les combats, les violences, les cris de notre XXIème siècle. 

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« Leurs enfants après eux » – Nicolas Mathieu

Leurs enfants après euxHeillange en Lorraine…. vous connaissez ? Non ? Alors cherchez Hayange….!
Certainement pas le coin où l’on réserve une coquette maison pour y passer des vacances.
Avant il y avait les aciéries, le bruit, la fumée des hauts fourneaux, jour et nuit, y compris les jours de fête. 
Il y a toujours « les cités » comme on les appelle, ces rues faites de maisons toutes identiques, des rues de maisons de 4 pièces, d’autres de maisons de 5 pièces, toutes avec le jardin derrière. Et le quartier des maisons beaucoup plus cossues, celles des contremaîtres, des cadres, des directeurs. Ce pays est dorénavant boudé par le travail et par les entreprises, depuis que les aciéries et les entreprises liées à celles-ci ont fermé les unes après les autres.
Les seules distractions pour les jeunes sont les courses en scooter, les bords des étangs nés dans les gravières, la fumette. Pas de boulot, pas d’avenir ! Il faut y être né pour y vivre….

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