« Cris » -Laurent Gaudé

crisL’année du centenaire de la Guerre de 14-18 se termine….Quelques célébrations, et puis, on passe à autre chose. Oubliés ce passé, cette émotion !
L’actualité nous pousse…..on ne va pas ressasser en permanence ces horreurs. La veste bleue horizon n’est plus à la mode, elle est depuis remplacée par des gilets aux couleurs jaunes … un jaune cocu, je le crains. 
Hasard de la vie…je lisais ce premier livre écrit par Laurent Gaudé, alors que les Champs Elysées étaient mis à sac, qu’était vandalisé l’Arc de Triomphe, sous lequel repose un soldat inconnu mort au cours de l’une de ces batailles que Gaudé met en scène dans « Cris ».
Hasard qui donna encore plus de poids, encore plus d’émotions à ma lecture, encore plus de tristesse et d’indignation devant notre monde…Cette lecture de Cris faisant passer pour bien vains, pour bien mièvres et bien futiles les combats, les violences, les cris de notre XXIème siècle. 

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« Leurs enfants après eux » – Nicolas Mathieu

Leurs enfants après euxHeillange en Lorraine…. vous connaissez ? Non ? Alors cherchez Hayange….!
Certainement pas le coin où l’on réserve une coquette maison pour y passer des vacances.
Avant il y avait les aciéries, le bruit, la fumée des hauts fourneaux, jour et nuit, y compris les jours de fête. 
Il y a toujours « les cités » comme on les appelle, ces rues faites de maisons toutes identiques, des rues de maisons de 4 pièces, d’autres de maisons de 5 pièces, toutes avec le jardin derrière. Et le quartier des maisons beaucoup plus cossues, celles des contremaîtres, des cadres, des directeurs. Ce pays est dorénavant boudé par le travail et par les entreprises, depuis que les aciéries et les entreprises liées à celles-ci ont fermé les unes après les autres.
Les seules distractions pour les jeunes sont les courses en scooter, les bords des étangs nés dans les gravières, la fumette. Pas de boulot, pas d’avenir ! Il faut y être né pour y vivre….

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« Traces de la grande guerre » – Jenny Waldman

Traces de la grande guerreMagnifique livre ! Une quarantaine d’auteurs et de dessinateurs de toutes nationalités, ont voulu, chacun à leur manière parler de cette première guerre mondiale, partir d’une petite ou grosse trace laissée dans un paysage, partir d’un objet ayant appartenu à un poilu, d’une confidence d’un ancien, d’un paysage tourmenté, etc.. pour imaginer l’histoire, la Grande Histoire. 18 histoires, 18 planches, chacune avec son style propre, ses couleurs, ou son noir et blanc, 18 histoires inégales en longueur et en intensité, mais  sans jamais aucune mièvrerie. 
Chacun appréciera plus ou moins, telle ou telle histoire, une histoire qui lui parlera, qui l’interpellera directement, car il reconnaîtra un lieu, se souviendra d’un fait rapporté par un grand père, entendu au cours d’un repas, sur les souvenirs d’un arrière grand-père inconnu. 

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« Home » – Toni Morrison

homeFrank Money est hospitalisé dans une chambre d’hôpital psychiatrique. La chambre est située au dessus de la morgue de l’hôpital. Pourquoi est-il là, depuis quand…? il ne s’en souvient pas. 
Alors, il fuit, pieds nus, vêtu de sa seule chemise de malade. Il a été rapatrié aux Etats-Unis, traumatisé par ce qu’il a vu, par ce qu’il a vécu en Corée, par la mort de ses copains déchiquetés par des bombes. Pourtant, il ne souvient de rien d’autre, c’est ce qu’il dira au révérend Locke qui l’accueillera. Il a frappé chez lui par hasard, alors que »son corps était agité de violentes secousses, telle une victime de la danse de Saint-Guy, et ses dents claquaient de manière si incontrôlable qu’il ne pouvait émettre un son »
« Vous avez de la chance…. monsieur Money. Ils vendent beaucoup de corps, là-bas…à l’école de médecine… » lui dira le révérend, un bon samaritain.

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« L’embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard » – Isabelle Duquesnoy

l'embaumeurDès les premières lignes, nous savons que celui qui parle, court le grand risque d’être exécuté, qu’être guillotiné….Il prévient ceux qui l’écoutent, et nous qui le lisons: « L’histoire de ma vie, ce sentier qui m’a conduit à commettre ma faute, ne servira qu’à persuader les foules de ma monstruosité. De quoi vous combler, vous divertir, car les affaires comme la mienne se raréfient. »
Début d’une longue confession devant des juges, d’une confession perdue d’avance dont on connaît le dénouement…
Mais qu’avait-il donc fait pour en arriver là ? 
Onze chapitres, onze jours de confession nous faisant remonter de sa naissance, de ses origines familiales au présent du procès.

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« Gros-Câlin » – Emile Ajar-Romain Gary

Gros CâlinMichel Cousin, est un « vieux garçon » de trente-sept ans. Il travaille en qualité d’employé isolé dans le bureau dans un institut de statistiques, et n’a d’yeux que pour Melle Dreyfus, une de ses collègues de travail..Ah qu’est-ce qu’il est heureux, le jour où il arrive à prendre l’ascenseur en sa compagnie. La sentir près de lui, même s’il ne lui parle pas ! Quelle belle journée ! Un travail follement passionnant sans aucun doute : « je suis dans les statistiques et il n’y a rien de plus mauvais pour la solitude. »
« Statistiques »…. « Solitude » : des mots qui reviennent souvent dans le discours de Michel Cousin
Et elle…toujours impassible…proche de lui uniquement dans l’ascenseur !

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« Le monde d’hier : Souvenirs d’un européen » – Stefan Zweig

Le monde d'hierCe n’est sans doute pas le livre le plus connu, sans doute pas le livre auquel on pense immédiatement quand on évoque le nom de Zweig, et pourtant c’est sans doute celui qui permet de mieux connaître Zweig, de connaître un peu plus l’homme, bien qu’il ne se livre que très peu, mais surtout le citoyen autrichien parcourant le monde, le penseur, ses interrogations, et enfin le réfugié fuyant pour sauver sa vie…
Au moment où il l’écrit en 1941, depuis le Brésil où il est réfugié, il n’est plus rien, plus personne: « Mon œuvre littéraire, dans sa langue originelle, a été réduite en cendres, dans ce pays même où mes livres s’étaient fait des amis de millions de lecteurs. C’est ainsi que je n’ai plus ma place nulle part, étranger partout, hôte en mettant les choses au mieux ; même la vraie patrie que mon cœur s’est choisie, l’Europe, est perdue pour moi depuis que pour la seconde fois, courant au suicide, elle se déchire dans une guerre fratricide. »

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« Zouleikha ouvre les yeux » – Gouzel Iakhina

Zouleikha ouvre les yeuxMariée avant 1915, à 15 ans, avec un homme de 45 ans, Zouleikha a eu 3 filles, trois filles décédées alors qu’elles étaient bébés…depuis elle vit avec cet homme rustre dans une masure à coté de la maison de La Goule, sa belle-mère âgée, portant la méchanceté dans la peau. 
Zouleika en est devenue le souffre-douleur, l’esclave presque, chargée de lui préparer le bain, d’être à ses petits soins. Le bonheur lui est une notion inconnue. 
Mais c’est une vie normale, pour l’époque et les lieux. Les familles vivent au jour le jour à coté des animaux…mais la vie de Zouleikha sera bousculée au moment où des hommes envoyés par Moscou, par Staline expulsent Zouleikha de leur masure. C’était la dékoulakisation.

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« Le Serpent d’étoiles » – Jean Giono

Le-Serpent-dEtoiles_8348Jamais l’idée m’est venue d’acheter un livre audio…Le livre est avant tout, pour moi, un objet papier.
Quand Babelio m’a proposé ce titre à l’occasion d’une opération Masse critique, je n’avais pas prêté attention au format du livre…
Surprise lors de la réception…et à l’occasion de l’écoute. 
Une écoute qui devient plaisir, si elle accompagne une ballade dans la solitude d’une nature sauvage…dans un lieu perdu, ravitaillé par les corbeaux, comparable à celui dans lequel  Giono transporte le lecteur.
Un lieu où seuls des bergers et des moutons peuvent vivre tout un été de transhumance. Là ou la poésie et les mots de Giono prennent encore plus de sens. 
La Provence rurale non détruite par le tourisme!

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« L’amour après » – Marceline Loridan-Ivens – Judith Perrignon

L'amour aprèsÀ 15 ans elle connut la haine, la haine et le paroxysme de la violence qui auraient pu la détruire, celle des camps nazis, ou seules la force de caractère et beaucoup de chance permettaient de survivre à l’horreur et, plus tard, de témoigner. Elle partagea cette douloureuse expérience dans « Et tu n’est pas revenu »…Elle y parla aussi et surtout de son premier amour masculin, de son père qui, toute la vie lui manqua, et dont l’absence détruisit la famille.
À 89 ans, elle ouvre une vieille valise à laquelle elle n’avait pas touché depuis plus de cinquante ans, sa « valise d’amour » dans laquelle se mêlent, lettres, mots reçus, pneumatiques (seuls les plus anciens d’entre nous s’en souviennent), des attentions reçues de personnes qui partagèrent quelques instants ou quelques années de vie avec elle, de personnes qui, toutes, comptèrent pour elle.

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