« Et tu n’es pas revenu » – Marceline Loridan-Ivens – Judith Perrignon

Et tu n'es pas revenuElle nous a quittés il y quelques semaines. Elle était une frêle femme, frêle mais seulement en apparence par la taille, la minceur, mais oh combien forte par le caractère, par la force d’âme! Et oh combien belle ! Elle a connu Simone Veil, son amie des camps, arrivée par le même convoi… quelques chiffres seulement, tatoués sur les bras, les séparaient. 
Cela fait bien longtemps que je voulais découvrir ce livre; « Un de plus sur les camps », diront certains, d’autres diront « il faut tourner la page, passer à autre chose ». Son décès récent m’en a donné l’occasion, et également la chance ou le hasard de le trouver disponible dans ma médiathèque.
Oui! il est nécessaire, au moment où l’antisémitisme renaît -mais est-il mort un jour?- de mettre en lumière ce titre ainsi que « L’amour après ». J’ai passé quelques heures d’une nuit presque blanche avec Marceline et ses deux livres lus successivement. Une nuit dont on sort sonné par l’émotion, mais tellement heureux ! 

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« L’herbe des nuits » – Patrick Modiano

L'herbe des nuitsAh! Monsieur Modiano, l’idée d’abandonner cette lecture m’a un temps effleuré !…J’ai eu un peu de mal à entrer dans le roman, un peu de mal à situer l’action, les périodes, puis votre petite musique a fait le reste. Tout s’est progressivement ordonné, ce petit carnet noir, objet essentiel du roman a trouvé sa place…Et au final vous m’avez enchanté..
« Sur les pages du carnet se succèdent des noms, des numéros de téléphone, des dates de rendez-vous, et aussi des textes courts qui ont peut-être quelque chose à voir avec la littérature. » : un carnet qui a accompagné la vie du narrateur, un auteur. 
Ce carnet lui servait à noter les événements, les rencontres qui émaillaient sa vie, des éléments qui pouvaient être réutilisés dans ses romans. 

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« Là où les chiens aboient par la queue » – Estelle-Sarah Bulle

Là où les chiens aboient par la queueMorne-Galant en Guadeloupe…vous connaissez ? 
C’était un coin paumé, en ces années 40, « Morne-Galant n’est nulle part, autant dire une matrice dont je me suis sortie comme le veau s’extirpe de sa mère : pattes en avant, prêt à mourir pour s’arracher aux flancs qui le retiennent. »
Une toute première phrase pleine de promesses, d’images, de langage fleuri, d’humour…une première phrase qui dit tout.
La suite est au diapason. 
Apollone est l’aînée de cette famille, mais tous l’appellent Antoine, son « nom de savane », choisi pour embrouiller les mauvais esprits.

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« La lie de la terre » – Arthur Koestler

La lie de la terreDe tout temps, la France a été une terre d’accueil d’étrangers. Aujourd’hui encore nombreux sont ceux qui frappent à nos portes
Mais ce ne fut pas toujours simple, voire jamais simple!
Des étrangers pour travailler dans les mines, provenant de l’Europe de l’Est, polonais, tchèques, des espagnols pour travailler dans les exploitations agricoles, et des réfugiés politiques fuyant des régimes qui en voulaient à leur peau, à leur race, et ils sont légion, de toutes origines, Europe de l’Est, Afrique noire et Afrique du Nord, Espagne, Chili.
Et j’en oublie sans aucun doute.
A chaque époque ses réfugiés.

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« Chien blanc » – Romain Gary

Chien blancRomain Gary vivait aux Etats-Unis, à Beverly Hills. Il avait rejoint en février 1968 Jean Seberg, son épouse, qui tournait un film. Il y rencontra d’autres acteurs dont il nous parlera. 
Amoureux de la liberté, il laissait Sandy, son chien, vagabonder pour son pipi du soir, et un jour Sandy revint avec un copain trouvé sans doute auprès d’un lampadaire, un copain avec une verrue sur le nez, un superbe berger allemand gris, qui immédiatement fit partie de la famille. Il était si gentil, si calme…. Romain Gary, honnête, tente de retrouver son ancien maître. En vain.  

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« Capitaines des sables » – Jorge Amado

Capitaines-des-sablesAvec Capitaines des sables, on est bien loin du Brésil qui fait rêver, celui du Carnaval, des grandes plages de Copacabana, des belles filles siliconées en maillots de bains « timbres poste ». On voyage au contraire dans le Brésil qu’on ne montre pas, qu’on tait sur les brochures touristiques, celui de la violence, du vol, du viol, des favelas. Bien qu’écrit il y a plus de 80 ans, en 1937, Capitaines des Sables, n’en conserve pas moins, de ce fait une actualité brûlante.
Les Capitaines des sables sont ces enfants abandonnés ou orphelins, vivant en groupe pour commettre leurs vols et autres méfaits. Ils sont une centaine, âgés de 8 à 16 ans, qui volent dans les maisons de riches, se cachent de la police, et n’hésitent pas à jouer du couteau… 

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« Qu’attendent les singes » – Yasmina Khadra

Qu'attendent les singesÀ Alger, une jeune fille est retrouvée morte… 
L’enquête est confiée au commissaire Nora, une femme énergique. Malgré les menaces et les pressions de sa hiérarchie, elle s’accrochera et fera tout pour aller jusqu’au terme de son enquête. Son orientation sexuelle la livre aux remarques et observations de ses collègues. Pas banal de retrouver une femme flic commissaire dans un pays dominé par les hommes.
Le sujet aurait pu être plaisant et explosif. 

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« Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants » – Kenzaburo Oé

Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfantsAvec « Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants » Kenzaburo Oé nous transporte dans un Japon bien éloigné du Japon de la contemplation bouddhiste, du Japon patrie du Zen.
Avec ce livre Kenzaburo Oé met en scène toute la complexité du Japon, qui peut aussi être le pays de la violence extrême. 
Y compris envers des enfants ce qui est encore bien plus difficile à concevoir et à vivre. 
Lors de la deuxième guerre mondiale, des enfants d’une maison de correction, qui ne sont donc sans doute pas des anges, fuient les bombardements. Ils sont évacués sous la conduite de leur éducateur vers un village de montagne isolé suite à une crue qui causa un glissement de terrain et emporta la route. Le seul moyen d’y accéder est d’emprunter un wagonnet  qui enjambe la rivière sur des rails. Il est utilisé d’habitude pour le transport de bois.
L’éducateur part à la recherche d’un gamin qui a fugué et confie les autres à la responsabilité du maire, qui les enferme dans une grange, sans leur donner ni à boire ni à manger.

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« Bientôt viendront les jours sans toi » – David Trueba

Bientot-viendront-les-jours-sans-toi

C’est grâce au livre « Le monarque des ombres » que j’ai fait connaissance de David Trueba, cinéaste. Il avait adapté pour le cinéma un des romans de Javier Cercas, et parce que celui-ci lui appréciait son travail, et qu’ils étaient amis, Javier Cercas lui avait demandé de filmer l’entretien avec le dernier survivant ayant connu le jeune franquiste Manuel Mena dont l’histoire est retracée dans ce livre. Le hasard d’une mise en rayon dans la Médiathèque qui m’approvisionne en découvertes littéraires, fit le reste..

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« Le train d’Erlingen ou La métamorphose de Dieu » – Boualem Sansal

Le train d'Erlingen ou La métamorphose de DieuToute la population d’une petite ville allemande attend l’arrivée d’un train, un train qui n’arrive pas. On ne sait pas où il est est…« Chaque jour on nous dit que le train va arriver et chaque jour on nous dit que finalement il ne viendra pas ». 
Un train qui doit les évacuer, face à l’arrivée d’une menace, face à l’arrivée d’envahisseurs jamais nommés…au début du livre. Ceux qui pourront prendre le train, seront tirés au sort par un ordinateur.
A chacun de se faire son idée : « L’envahisseur d’aujourd’hui a cent noms (des alias qui tous tournent autour du pot) dans toutes les langues du monde, mais nul ne le connaît, ne le désigne, ne le situe. »

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