Otto Steiner, patient dans un sanatorium de Salzburg, nous fait partager, dans son journal du 7 juillet 1939 au 2 août 1940, sa vie de malade, la dégradation des soins, due à la mobilisation de tout le régime nazi pour l’effort de guerre. « Ni juif, ni non juif », il nous décrit avec un humour grinçant et cruel et grâce à des phrases courtes et percutantes les restrictions imposées au peuple mais peut être surtout aux malades incurables, les étages qui se vident du jour au lendemain de leurs malades dont le régime se débarrasse : « Je n’aurai peut être pas besoin de me suicider. On parle beaucoup d’euthanasie ces derniers temps…. ». Étages destinés aux premiers soldats, revenant du front, que le régime cache.Il sait que sa fin approche : « On verra ce qui tiendra plus longtemps, mes poumons ou mon porte-monnaie ».
« La confrérie des chasseurs de livres » – Raphael Jerusalmy
Pour l’amateur de lecture que je suis, un titre attirant, mais une réalité décevante. Une uchronie mettant en scène François Villon le poète dans une forme littéraire que je pratique très peu.
Après sa condamnation, l’histoire a retenu que François Villon a été libéré et qu’on a perdu sa trace. Raphael Jerusalmy lui fait rencontrer en prison un émissaire du roi Louis XI qui souhaite faire installer à Paris un imprimeur qui diffusera des livres, facilitant ainsi la propagation des idées, afin de lutter contre la censure imposée par Rome. Ah! Que c’état séduisant! Lire la suite
« Charly 9 » – Jean Teulé
Pour une fois Jean Teulé ne m’a pas emballé, ne m’a pas emporté. J’avais apprécié ses autres livres « Mangez-le si vous voulez », « Je, François Villon », ‘Les lois de la gravité », » Le magasin des suicides » etc, tous différents; Mais pour celui-ci j’ai moins « accroché », peut-être parce que je sortais d’une excellente lecture
« Belle du seigneur » – Albert Cohen
Je ne me souviens d’avoir entendu parler en 1968, lors de sa sortie de »Belle du Seigneur » . Je viens de découvrir cet livre, ce pavé de 1000 pages.Un roman d’amour, sans les mièvreries habituelles de ce genre de roman. Une jeune femme issue d’une famille protestante, et d’une éducation rigoriste, un mari, fonctionnaire aspirant à devenir « haut fonctionnaire », paresseux au travail, uniquement préoccupé par son avancement et délaissant son épouse est envoyé en mission par l’un de ses chefs, dans le but de séduire sa jeune épouse. Lire la suite
« Mangez-le si vous voulez » – Jean Teulé
16 août 1870, quelques jours avant la défaite de Sedan, un jeune homme du village, issu d’une famille connue, est sauvagement assassiné par tout un village, par ses amis, après 2 heures de supplices horribles. Les agresseurs seront soit guillotinés, soit condamnés au bagne, soit emprisonnés, lors du procès qui se tiendra 6 mois plus tard.« Les lois de la gravité » – Jean Teulé
Tête-à-tête entre une femme rongée par le remord, qui a tué son mari et qui vient se livrer à la police dix ans après et un policier désireux de la laisser libre.
Celui-ci va tout faire pour ne pas avoir à l’arrêter, et ne souhaite pas revenir sur l’enquête ayant conclu à un suicide. La victime était un mari violent et avait déjà fait plusieurs tentatives de suicide.
« Le magasin des suicides » – Jean Teulé
Complément déjanté ! Mais tellement d’humour de la part de Jean Teulé .
Un sujet pas du tout macabre, traité avec humour, sur un ton et une écriture toujours plaisant. Cette famille Tuvache vend tout ce qu’il faut pour se suicider avec efficacité, de la corde pour se pendre, jusqu’au parpaing qu’on s’accroche au pied avant de sauter d’un pont, en passant par la balle de pistolet qu’on vend à l’unité, le sabre et le kimono pour se faire harakiri….
Elle vend tout avec une grande tristesse. L’anniversaire de la fille montrant l’état d’esprit de la famille est épique. Lire la suite
« Je prie pour Carnot qui va être assassiné ce soir » – Karine Salomé
4 juin 1894, un anarchiste italien assassine Sadi Carnot, Président de la République
L’auteur nous décrit dans ce livre très documenté cette époque marquée par :
- Une xénophobie omniprésente, anti-italienne.
- Une classe bourgeoise détestée par le peuple et qui la déteste également pour sa part.
- Un mouvement anarchiste ayant exécute de nombreux attentats au couteau ou à la bombe.
- Des exécutions capitales, d’anarchistes, à la guillotine .
« La Confusion des sentiments » – Stefan Zweig
Un professeur reçoit de ses élève le livre de sa vie, un livre d’hommages reprenant l’intégralité de son œuvre, de ses discours, de ses publications….il manque l’essentiel : comment cet homme a appris à aimer la littérature et à transmettre cet amour

