« Les Confessions de Frannie Langton » – Sara Collins

Les Confessions de Frannie LangtonFrannie Langton va être jugée par un tribunal anglais pour le meurtre sauvage de ses employeurs, George et Marguerite Benham…Nous sommes en avril 1826.
Elle a été retrouvée dans le lit de Mme Benham, à ses côtés, les mains pleines de sang. Elle sait qu’elle va être condamnée à être pendue, même si elle ne se rappelle pas ce qui s’est passé. Aux yeux de tous, elle devient la « négresse meurtrière »…bien qu’elle soit mulâtre.
Oui, Frannie est une « négresse », on ne disait pas encore « une Noire », une vulgaire marchandise qui dira d’elle :  « Toute ma vie on m’a appris que les corps noirs n’ont aucune valeur, mais un prix supérieur à celui des rubis ».
Frannie raconte sa vie, son enfance en Jamaïque à Paradise, la plantation de canne à sucre de Langton, son maître qui lui donna son nom. Elle était domestique, un peu plus haut placée dans la hiérarchie des nègres qui y travaillent que les esclaves qui cultivent les cannes. Elle avait même appris à lire, ce que les autres nègres étaient incapables de faire. Elle adore lire, surtout Candide. Langton l’a faite venir avec lui en Angleterre et l’a offerte à Benham…sans état d’âme comme un vulgaire cadeau !

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« Même les monstres » – Thierry Illouz

même les monstres« Un crime monstrueux…. », « Le monstre a tué… »que de fois ces poncifs nous ont été asséné par les médias. Que de fois avons-nous eu de telles pensées à la lecture de comptes-rendus de procès? 
Quand à l’avocat, c’est souvent aussi qu’on lui pose cette question « Vous défendez même les monstres? ». L’avocat Thierry Illouz, s’en défend, il défend uniquement des hommes, des criminels. Il réfute le mot de monstre, et dans ce court livre d’une centaine de pages, presque une plaidoirie, l’avocat, l’homme Thierry Illouz, nous parle de lui, né en Algérie puis de la France, où il arriva, à un an, en 1962 dans le flot des pieds noirs. 
Et aussi, et surtout, de cette vocation, de ce métier difficile qu’est celui d’avocat : « Il ne faut pas être d’accord avec le monde pour choisir le métier fou et désespéré de défendre. »

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« Tabou » – Ferdinand von Schirach

TabouJ’ai été intrigué par cette couverture, qui ressemble beaucoup à celle du film « l’Aveu »….J’avais dans « Coupables » apprécié l’auteur avocat Ferdinand von Schirach….Il n’en fallait pas plus pour me tenter.
Indéniablement il s’agit bien d’une similitude voulue. 
Pendant deux premières parties qui peuvent paraître un peu longuettes, l’auteur nous fait découvrir Sebastian von Eschburg son personnage central, jeune homme né dans une famille autrefois aisée, et traumatisé par le suicide de son père.
Il découvre par hasard la photo et en fait son métier. Il travaille pour le compte d’entreprises, d’architectes, et met en valeur leurs produits, leurs bâtiments par la qualité de ses photos d’art. Des photos qui n’ont rien à voir avec celles que nous faisons, elles sont mises en scène, travaillées, manipulées…Il devint célèbre avec les photos artistiques de sa maîtresse dénudée, Sofia….: « Eschburg devient célèbre parce que les personnes qu’il photographiait l’étaient… » 

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« Écrire pour sauver une vie » – John Edgar Wideman

Écrire pour sauver une vieLes deux assassins d’Emmet Till, jeune gamin de quatorze ans sortiront libres du tribunal, libres, la cigarette au bec et hilares. Le jury du Mississipi composé exclusivement de blancs, a délibéré pendant une heure…une heure pendant laquelle les membres ont également mangé le repas qu’ils avaient demandé qu’on leur porte.  Emmet était un gamin noir venue de Chicago . Il  avait eu l’audace insolente de siffler une femme blanche. Emmet tillAlors il l’ont enlevé, tabassé à coups de poings, en lui écrabouillant le visage, tué d‘une balle dans la tête, et ont jeté à l’eau, « le corps mutilé avait été jeté dans les eaux de la Tallahatchie lesté d’un cylindre d’égreneuse à coton de trente-cinq kilos arrimé à son cou par du fil barbelé ».

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« Article 353 du code pénal » – Tanguy Viel

Article 353 du code pénalMartial Kermeur vient de jeter du bateau Antoine Lazenec avec lequel il pêchait. Le juge d’instruction l’interroge afin de décider ou non de l’inculper.

Magnifique huis clos entre le juge et le prévenu. Le juge s’exprime peu, quelques questions par ci, par là afin de préciser un point de l’exposé du prévenu. Martial quant à lui, parle, déverse tout ce qu’il a sur le cœur, donne l’impression de se libérer d’un poids. Sa pensée est un peu décousue parfois, pas toujours chronologique, traduisant une relative indifférence vis à vis des risques qu’il encourt.
Martial est un vieil ouvrier de l’arsenal.
A la fermeture de celui-ci, il a perçu 400 000 francs, une belle somme pour l’époque. Modeste, il n’a pas de besoin particulier : il occupe gracieusement un petit appartement du château, dont il en tond les pelouses, en échange. Alors il envisage d’investir cette somme dans l’acquisition d’un beau bateau pour aller à la pêche…un bateau un peu comme celui d’Antoine Lazenec, promoteur immobilier, avec lequel il part régulièrement taquiner les loups. A l’occasion d’une partie de pêche, entre deux poissons, il parle incidemment de ces 400 000 Francs…il vient sans le savoir de ferrer un requin, un requin des affaires, qui ne le lâchera pas et fera tout afin qu’il investisse cette belle somme dans un magnifique appartement vue sur mer, dans le complexe touristique qu’il envisage de construire.

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« La petite femelle » – Philippe Jaenada

la petite femelleJ’étais encore bambin quand cette affaire éclata, je ne l’ai connue qu’avec le livre de Jean-Luc Seigle : « Je vous écris dans le noir ». J’avais besoin d’avoir un autre aperçu, beaucoup plus documenté sur cette affaire qui m’avait troublé. 
Et j’avoue que le livre de Philippe Jaenada est allé au delà de mes espérances. On en sort sonné, indigné, admiratif et interrogatif.

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« Le cas Sonderberg » – Elie Wiesel

Le cas SonderbergYedidyah Wa, journaliste est heureux: Critique de théâtre new-yorkais, tous les soirs il assiste à un spectacle de théâtre afin de rédiger sa chronique du lendemain. Ses papiers sont appréciés.
Son rédacteur en chef brise cette relative tranquillité et lui demande de suivre et de commenter le procès d’un jeune homme, Werner Sonderberg, accusé d’avoir tué son oncle Hans Dunkelman…..;
Une découverte du monde judiciaire pour ce journaliste. Une autre mise en scène théâtralisée également.
Une mise à l’épreuve qui ne le ne laissera plus jamais tranquille, qui le forcera à s’interroger en permanence « Où commence la culpabilité d’un homme et où s’achève t-elle ? Qu’est ce qui est définitif, irrévocable ? »  et à s’interroger sur ses propres origines .  

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« Le liseur » – Bernhard Schlink

Le LiseurFin des années 50, début des années 60…Michaël a 15 ans, très fatigué par une jaunisse, il vomit dans la rue. Une femme l’aide….il décide de la retrouver pour la remercier….c’est le début d’une passion qui marquera toute leur vie ce gamin et l’homme qu’il deviendra..mais également cette femme, Hanna…
Une femme banale, une femme secrète, qui a vingt ans de plus que lui, elle est receveuse dans un tramway, il est lycéen, ils se retrouvent tous les jours, le gamin invente et trouve des excuses pour expliquer ses retards à la maison, des vacances avec elle…Leurs rencontres quotidiennes se déroulent dans un rituel immuable : « Lecture, douche, faire l’amour, et rester encore un moment étendus ensemble, tel était le rituel de rendez-vous »…

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