« Laëtitia ou la fin des hommes » – Ivan Jablonka

laetitiaLaëtitia Perrais est cette jeune fille enlevée en janvier 2011 et assassinée, dont le corps démembré fut retrouvé 12 jours après ..
D’autres crimes, d’autres faits divers ont, depuis, fait oublier en partie cette affaire. En partie seulement, car tous se souviendront de la tournure politique que prit cet enlèvement, le chef de l’État, Nicolas Sarkozy à l’époque ayant publiquement mis en cause l’incompétence des juges, leur promettant des sanctions. appelTout le monde se souviendra de ses propos, de l’indignation des magistrats, des lois qui s’en suivirent. Fautes supposées de la justice, parce que l’assassin arrêté deux jours après son crime avait des antécédents judiciaires.
Fautes de la justice, ou manque de moyens, surcharge des services ?
Éternelle question.

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Ivan Jablonka


jablonka-ivanHistorien, éditeur et auteur né à Paris en 1973, agrégé d’histoire

Il soutient en 2004 sa thèse de doctorat sur les enfants de l’Assistance publique sous la Troisième République. L’année suivante, il devient maître de conférences en histoire contemporaine à l’université du Maine, et en 2013 professeur à l’université Paris 13.

En 2005, il a publié sous le pseudonyme d’Yvan Améry un roman, « Âme sœur ».
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« La route sombre » – Ma Jian

la-route-sombreKongzi n’est pas n’importe qui, à ses yeux au moins…il est l’un des descendants de Confucius…à la 76ème génération..il faut absolument qu’il ait un fils afin que cette longue filiation ne soit pas interrompue…Une fille, ça ne compte pas. Malheureusement sa femme Meili lui a donné une fille qui va sur ses 2 ans.
Alors en infraction avec la politique nationale de l’enfant unique, il a tout fait pour avoir un garçon. Mais c’est sans compter avec les agents du planning familial qui font la chasse aux femmes enceintes de leur deuxième enfant, afin de les faire avorter contraintes et forcées, de leur poser un stérilet, et ceci dans des conditions d’hygiène déplorables.

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« Les dépossédés » – Steve Sem-Sandberg

les-depossedesEncore un roman sur le nazisme direz-vous…! Oui, mais un roman qui éclaire cette période avec un point de vue différent: la vie d’un ghetto, de plus de 230 000 personnes, celui de Łódź devenu par la volonté d’un homme l’une des plus importante usine de production pour l’armée allemande. Un roman qui s’appuie sur un très important travail de documentation de l’auteur qui étudia les archives juives et nazies du ghetto, photocopies d’archives intégrées aux pages du roman.valises
Un ghetto préexistant, comme dans toute la Pologne, à l’arrivée des soldats allemands, qui connut des arrivées de juifs d’autres pays parlant d’autres langues, et ses départs….ses déportations

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« Bois sauvage » – Jesmyn Ward

bois-sauvageEsch adolescente de 14 ans nous raconte les 10 jours qui précèdent l’arrivée de Katrina, l’ouragan qui dévasta le sud des Etats Unis, puis le 11ème jour terrible. Esch seule gamine au milieu d’une famille noire composées uniquement d’hommes, la maman étant décédée en donnant naissance au petit dernier Junior. Une famille qui survit, sans beaucoup de moyens, unie autour d’un père souvent saoul, un frère aîné qui souhaite faire une carrière de basketteur, Junior et un autre qui ne vit que pour sa chienne pitbull qui vient de mettre bas…le « personnage féminin » présent en permanence au cours de ces 11 jours…comme sur la couverture du livre, une chienne de combat, sa fierté.

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Luca Di Fulvio

« Voilà, maintenant essaie d’imaginer ! Pour le moment ce n’est qu’un morceau de papier blanc. Rien d’autre. Mais sur cette page, toi tu peux inscrire tes mots. Et tes mots font naître un personnage. Un homme, une femme, un enfant….Tu vas attribuer un destin à ce personnage. Gloire, tragédie, succès ou défaite. Ensuite un cinéaste viendra. Ainsi qu’un acteur. Tes mots seront filmés. Et alors, dans une salle perdue de…..je ne sais pas, moi – pense un peu à un endroit de merde, au trou du cul du monde – …eh bien, dans cette salle, il y a des gens qui vivront le destin que tu as créé, ils le percevront comme le leur et ils croiront être là, dans ce lieu vrai mais imaginaire qui est sorti d’ici, de cette feuille….[….] C’est ça qu’on te demande. Les règles ne sont là que pour organiser le rêve. » (« Le gang des rêves »– P. 615)
 
« Il dit se rendre à l’évidence : bâtir une histoire, c’était bien autre chose que raconter une trame, et construire des personnages en les faisant interagir de manière vraisemblable, c’était beaucoup plus compliqué qu’esquisser quelques portraits [….]. Savoir inventer des personnages qui aient l’air vivant n’était pas la garantie de pouvoir organiser une histoire qui soit elle-même pleine de vie. » (« Le gang des rêves »– P. 660)

« Le gang des rêves » – Luca Di Fulvio

le-gang-des-revesSa mère a tout fait pour que sa fille Cetta, jeune ouvrière agricole italienne de 15 ans, ne soit pas violée, comme elle, par son patron…mais Cetta croisera dans un champ un homme plus boiteux qu’elle, et accouchera d’un beau garçon, Natale. Et comme beaucoup d’Italiens du début du XXème siècle elle ne trouvera son salut qu’en émigrant avec son fils aux États-Unis…
Pas d’argent….Ce n’est pas un problème pour le capitaine du bateau qui lui proposera, pardon… lui imposera la seule monnaie d’échange qu’une femme sans ressource peut donner…Monnaie d’échange parfaitement reconnue et appréciée dans les bas-fonds de New-York aussi, et qui lui permet de trouver de quoi faire vivre ce fils qu’elle adore. 
Je ne vous en dis pas plus.

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