« Ouragan » – Laurent Gaudé

ouraganL’ouragan Katerina -jamais nommé- est annoncé et risque de détruire les côtes et la ville de la Nouvelle-Orléans.
Laurent Gaudé choisi de nous faire vivre principalement, non pas l’attaque des éléments déchaînés et la destruction de la ville -qu’il décrira superbement toutefois –  mais de nous faire partager essentiellement le destin d’une dizaine de personnes confrontées à ce cataclysme…
Des personnes toutes simples, qui ne sont pas des héros dans la vie de tous les jours, loin de là. Ce sont des petites gens qui ont toutes, ou presque, un point commun : leur vie a déjà été bouleversée, par la perte d’un amour, d’un être cher, d’un ami…un traumatisme avec lequel ils doivent compter chaque jour. D’autres, qui sont prisonniers ont perdu la liberté et un autre a perdu la raison, et cherche à suivre la petite voix qu’il entend : celle de son Dieu… Ce révérend, qu’on découvre progressivement,  « avec son air d’inquisiteur en campagne »  visite dans la prison d’État, ces prisonniers Noirs.  Aucune charité dans l’âme de ce prêtre blanc pour lequel les Noirs, sont des êtres de « crime et de luxure ». Un homme emblématique du racisme de ce sud des États-Unis.

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« En vieillissant les hommes pleurent » – Jean Luc Seigle

en-vieillissant-les-hommes-pleurentUne journée pas tout à fait comme les autres pour une famille ouvrière de 5 personnes à proximité de Clermont-Ferrand : le 9 juillet 1961 : la télévision arrive dans la famille.
Albert 53 ans est ouvrier chez Michelin, il a élevé sa sœur cadette de 15 ans et vit dans la maison de son enfance. « L’existence de son corps » lui est « insoutenable ». »En finir le libérerait de tout ça. Albert ne pensait pas à mourir, il avait juste le désir d’en finir. Mourir ne serait que le moyen ». Il a un « gout prononcé pour le passé » et travaille tout le temps, usine, jardin, stères de bois à couper…

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Alice Ferney

« L’étrangeté des mots captivait les adultes autant que les enfants. » (« Grâce et dénuement »Grâce et dénuement » – P. 47)
« C’était les livres qui faisaient rêver la vieille. Elle n’en avait jamais eu. Mais elle savait, par intuition et par intelligence, que les livres étaient autre chose que du papier, des mots, des histoires : une manière d’être. » (« Grâce et dénuement » – P. 49)
« Quels secrets y avait-il avec les mots les uns contre les autres. » (« Grâce et dénuement » – P. 86)

« Grâce et dénuement » – Alice Ferney

grace-et-denuementEsther Duvaux, la quarantaine, ancienne infirmière devenue bibliothécaire, propose à Angeline, cheffe d’une famille de gitans de venir lire des livres aux enfants, une fois par semaine. Angeline est la mère des cinq hommes du groupe. Tous sauf un sont mariés. Les enfants non scolarisés, livrés à eux même, jouent du matin au soir, selon les saisons, dans le froid ou le chaud, la poussière ou la boue du campement.
Rejetés par les municipalités qui ne mettent pas à leur disposition des aires d’accueil convenables, ils ont installé leur caravanes déglinguées sur le terrain d’une institutrice à la retraite; un terrain dorénavant couvert de tessons de bouteilles et de ferrailles jetées au feu afin de les nettoyer…. Les enfants aux cheveux sales et emmêlés,  sont lavés, comme le linge une fois par quinzaine dans les bassines où trempe le linge. 

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Gaël Faye

« Dans son grand salon, mon regard a tout de suite été attiré par la bibliothèque lambrissée qui couvrait entièrement un des murs de la pièce. Je n’avais jamais vu autant de livres en un seul lieu. Du sol au plafond.
– Vous avez lu tous ces livres ? j’ai demandé.

– Oui. Certains plusieurs fois, même. Ce sont les grands amours de ma vie. Ils me font rire, pleurer, douter, réfléchir. Ils me permettent de m’échapper. Ils m’ont changée, ont fait de moi une autre personne.
– Un livre peut nous changer ?

Bien sûr, un livre peut te changer ! Et même changer ta vie. Comme un coup de foudre. Et on ne peut pas savoir quand la rencontre aura lieu. Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis. » (Petit pays – P. 168)

« Petit pays » – Gaël Faye

petit-paysGabriel est un gamin heureux d’une dizaine d’années, vivant sans soucis dans le quartier résidentiel de Kinanira à Bujumbura, capitale de la République du Burundi. C’est un gamin couleur « caramel », son père cadre français expatrié dirige une usine d’huile de palme, sa mère est Tutsi. Une famille comme beaucoup d’autres qui connaît malgré tout des tensions entre les parents. Ses copains sont comme lui des enfants métis aux prénoms français. Ils se retrouvent régulièrement dans leur quartier général, une épave de Combi Volkswagen, leur petit cocon, dans lequel ils se régalent des mangues juteuses qu’ils chapardent dans les jardins voisins. « C’était le bonheur. La vie sans se l’expliquer ». 

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