« Grâce et dénuement » – Alice Ferney

grace-et-denuementEsther Duvaux, la quarantaine, ancienne infirmière devenue bibliothécaire, propose à Angeline, cheffe d’une famille de gitans de venir lire des livres aux enfants, une fois par semaine. Angeline est la mère des cinq hommes du groupe. Tous sauf un sont mariés. Les enfants non scolarisés, livrés à eux même, jouent du matin au soir, selon les saisons, dans le froid ou le chaud, la poussière ou la boue du campement.
Rejetés par les municipalités qui ne mettent pas à leur disposition des aires d’accueil convenables, ils ont installé leur caravanes déglinguées sur le terrain d’une institutrice à la retraite; un terrain dorénavant couvert de tessons de bouteilles et de ferrailles jetées au feu afin de les nettoyer…. Les enfants aux cheveux sales et emmêlés,  sont lavés, comme le linge une fois par quinzaine dans les bassines où trempe le linge. 

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Gaël Faye

« Dans son grand salon, mon regard a tout de suite été attiré par la bibliothèque lambrissée qui couvrait entièrement un des murs de la pièce. Je n’avais jamais vu autant de livres en un seul lieu. Du sol au plafond.
– Vous avez lu tous ces livres ? j’ai demandé.

– Oui. Certains plusieurs fois, même. Ce sont les grands amours de ma vie. Ils me font rire, pleurer, douter, réfléchir. Ils me permettent de m’échapper. Ils m’ont changée, ont fait de moi une autre personne.
– Un livre peut nous changer ?

Bien sûr, un livre peut te changer ! Et même changer ta vie. Comme un coup de foudre. Et on ne peut pas savoir quand la rencontre aura lieu. Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis. » (Petit pays – P. 168)

« Petit pays » – Gaël Faye

petit-paysGabriel est un gamin heureux d’une dizaine d’années, vivant sans soucis dans le quartier résidentiel de Kinanira à Bujumbura, capitale de la République du Burundi. C’est un gamin couleur « caramel », son père cadre français expatrié dirige une usine d’huile de palme, sa mère est Tutsi. Une famille comme beaucoup d’autres qui connaît malgré tout des tensions entre les parents. Ses copains sont comme lui des enfants métis aux prénoms français. Ils se retrouvent régulièrement dans leur quartier général, une épave de Combi Volkswagen, leur petit cocon, dans lequel ils se régalent des mangues juteuses qu’ils chapardent dans les jardins voisins. « C’était le bonheur. La vie sans se l’expliquer ». 

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« La malédiction d’Edgar » – Marc Dugain

la-malediction-dedgarPendant presque cinquante ans, des années 20 aux années 70, Edgar Hoover dirigea le FBI. Son adjoint et amant, Clyde Tolson nous fait partager ses mémoires. Marc Dugain nous précise « Cette fiction prend appui sur des événements réels et met en scène des personnalités qui apparaissent sous leur vrai nom, certains de leurs propos sont imaginaires…. ».
Marc Dugain nous dépeint un homme orgueilleux, propriétaire de son poste, jonglant avec le droit, aux méthodes illégales, écoutant, espionnant les principaux personnages politiques, les hommes de la Mafia….Il a collaboré pendant 48 ans avec 8 présidents et  18 Ministres de la Justice…
Un « Consul à vie »

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Velibor ČOLIĆ

« On a écrit des livres après le goulag, après Hiroshima, après Auschwitz, Mauthausen. Peut-on écrire après Sarajevo? Pour décrire cette destruction qui relève de l’irréel, pour évoquer la caractère lumineux et sacré du sacrifice des victimes? Comme on le sait, comme on l’a répété depuis longtemps, le poète est inéluctablement parmi les hommes, afin de parler de l’amour et de la politique, de la solitude et du sang qui coule, de l’angoisse et de la mort, de la mer et des vents. Pour écrire après une guerre, il faut croire en la littérature.  Croire que l’écriture peut remettre en branle des mécanismes qu’on a mis au rebut lors du recours aux armes. Qu’elle peut ramener l’horreur, incompréhensible et inexplicable, à la mesure humaine. » (« Manuel d’Exil » – P. 105)
 
« Un stylo n’est qu’un symbole et rien d’autre devant les fusils et les canons. » (« Manuel d’Exil » – P. 106)
 
« C’est déplorable et révoltant, je réalise que la littérature est une courageuse sentinelle, une sorte de papier tournesol pour examiner le taux d’acidité et de folie dans ce bas monde. » (« Manuel d’Exil » – P. 126)

« Manuel d’Exil » – Velibor ČOLIĆ

manuel-dexilDéserteur de l’armée bosniaque, Vélibor ČOLIĆ, arrive en France. Il a 28 ans, il est écrivain dans son pays, mais réfugié en France. Il a bac + 5 en Bosnie, ici il n’est rien : « Aucune importance, ici tu commences une nouvelle vie. » lui dira la dame du centre d’accueil. Il est l’un de ces réfugiés, dont les médias, les politiques nous parlent régulièrement. Errant de foyer d’accueil en foyer d’accueil, de ville en ville en Europe. Avec dérision et lucidité il dit de lui : « Je sais que je ne représente plus rien pour personne. Je ne suis même plus un être humain. Je suis juste une ombre parmi les ombres. »

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« Ostende 1936 – Un été avec Stefan Zweig » – Volker Weidermann

ostende-1936-un-ete-avec-stefan-zweigRencontres fictives ou réelles ? …..qu’importe. Volker Weiderman, met en scène des exilés fuyant le nazisme, se retrouvant à Ostende, le temps d’un été. Ils sont tous de bonnes raisons : leurs livres sont brulès sur la place publique en Allemagne, parce qu’ils ne sont pas conforme aux doctrines nazies ou parce que les auteurs sont juifs. D’autres ont fui pour des raisons politiques dès l’avènement d’Hitler au pouvoir, ou sont communistes….Parmi eux, Stefan Zweig, auteur riche et reconnu accompagné de sa secrétaire Lotte Almann, Joseph Roth, auteur alcoolique, sans le sou accompagné de sa maitresse Irmgard Keun , Arthur Koestler, Egon Erwin Kisch …

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