Arthur Koestler

  • « Je lis avec ferveur, dévotement – et très lentement. Un quart au moins des mots m’échappait et, n’ayant apte dictionnaire, j’étais obligé de réfléchir au sens de chaque phrase. Mais cela ne faisait qu’augmenter mon plaisir. J’apprenais de nouveau à lire, avec une concentration depuis longtemps oubliée sur chaque phrase, chaque adjectif ; je me sentais comme un homme longtemps alité, qui apprend à remarcher avec une conscience aiguë du jeu des muscles. J’imaginais que les Romains lisaient ainsi, quand les livres étaient écrits à la main sur de longs rouleaux de parchemin ; dévotement, phrase par phrase, quelques pouces du rouleau chaque jour, de manière à garder le reste pour le lendemain. Lorsque les écrivains étaient obligés d’utiliser ces rouleaux de parchemin, ils savaient avec quelle attention les gens les lisaient et avaient confiance en leurs lecteurs. De nos jours, les lecteurs peuvent avoir confiance dans l’écrivain, mais les auteurs n’ont aucune confiance dans le lecteur. » (« Dialogue avec la mort – Un testament espagnol » – P. 161)
  • « J’ai toujours pensé que dans l’administration de la divine Providence, un service spécial tout entier veille à ce que le livre qui convient tombe à point nommé entre les mains d’un lecteur. » (« Dialogue avec la mort – Un testament espagnol » – P. 161)

« Dialogue avec la mort – Un testament espagnol » – Arthur Koestler

un-testament-espagnolArthur Koestler avait infiltré les troupes franquistes afin de confirmer à l’opinion publique l’intervention allemande et italienne dans cette guerre civile des franquistes contre le pouvoir républicain en place légalement élu. Il est arrêté le 9 février 1937 dans la maison de Sir Peters le consul anglais et condamné à mort, sans jamais comparaître devant un tribunal.
Transporté à Seville, il recevra en prison la visite de journalistes qui l’informeront que des actions internationales ont été engagées directement auprès du Général Franco, afin qu’il soit libéré…En vain.

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« Porte de la Paix céleste » – Shan Sa

porte-de-la-paix-celestePar miracle Ayamei l’étudiante arrive à quitter La place de la Paix céleste – Tian an men, envahie par les chars de l’armée :les morts jonchent les rues, le sang macule les trottoirs….Ayant été l’une des meneuse du mouvement, elle est rapidement recherchée par le pouvoir, par un jeune officier Zhao qui a reçu l’ordre de la capturer….
Il est issu de la Chine profonde, une Chine qu’il a du traverser, en train, à l’occasion de plusieurs jours de voyage pour rejoindre l’école militaire. Une école qu’il n’a pas quitté pendant ces sept ans qui lui a même appris à lire et à écrire….et à ne pas penser.  Il est un de ces soldats élevés par le socialisme qui « leur avait donné une nouvelle vie, les avaient sauvés de la misère, du mépris, du destin auquel ils étaient condamnés. » 

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« Le zéro et l’infini » – Arthur Koestler

Le zéro et l'infiniHaut dirigeant et figure historique du Parti Communiste Russe, Roubachof est arrêté et jeté en prison…D’autres avant lui ont connu son sort, il a lui-même collaboré à ce système.
Révolutionnaire de la première heure, compagnon de Lénine, il a déjà connu la prison et la torture, quelques années plus tôt, en 1933 alors qu’il était en mission diplomatique en Allemagne. Il était l’un des hommes fort du régime, dirigeant de l’industrie de l’Aluminium
Il sait en entrant en prison qu’il sera exécuté, que son image sera effacée des photos historiques, qu’il n’existera plus jamais dans la mémoire collective du pays, même son nom sera banni.‌ « Roubachof savait qu’il était au secret et qu’il y resterait jusqu’à ce qu’on le fusillât. ».

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« Un monde beau, fou et cruel » – Troy Blacklaws

un monde beau fou et cruel.jpgEn reprenant le titre de l’album de Johnny Clegg & Savuka  « Cruel, Crazy Beautiful World », Troy Blacklaws a écrit un livre dérangeant sur une Afrique du Sud inconnue : l’Afrique du Sud raciste…
Oh non, pas le racisme de l’apartheid des Blancs envers les Noirs, racisme connu… Non sur le racisme entre Noirs. En Afrique du Sud il y a Noirs et noirs, il ne faut pas les confondre, des Noirs qui ont des droits, et d’autres noirs qui ont le devoir de se taire, d’être esclaves, d’être battus, exploités, tués, jetés aux crocodiles, le racisme ancestral entre ethnies.
Et puis l’Afrique sans ses dictateurs, sans la violence ne serait pas l’Afrique.

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« La disparition de la langue française » – Assia Djebar

La Disparition de la langue françaiseBerkane, immigré et travailleur Algérien en France, décide de revenir au pays dans les années 90, et de faire valoir ses droits à une retraite anticipée. Sa pension ne sera pas bien importante, mais lui suffira pour vivre. Il renonce à son quart d’héritage, et en échange, s’installera à l’étage supérieur d’une villa familiale faisant face à la plage.
Un retour au pays dans lequel il devra d’une part, faire face à l’absence de Marise, qui, à la suite d’une rupture douloureuse,  est restée en France et, d’autre part, retrouver, parler cette langue enfouie en lui, celle de son enfance.

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