it déjà autour d’elle un mouroir de vieilles femmes qu’elle ne pouvait plus abandonner. Non elle n’avait pas choisi d’attendre, elle avait été cruellement happée par une époque, par ce passé de guerre qui s’était refermé sur elle telle une souricière ». Dix millions d’hommes morts ou estropiés au cours de cette guerre, c’est dix millions de maris que ces femmes ne trouveront pas. Alors elles sont restées à proximité de cette Baltique, à Mirnoïé, et vivent dans des isbas isolées à moitiés en ruine, perdues dans des villages abandonnés, des villages desservis par des routes aux ornières boueuses.« A Mirnoïé, on est peinard, pas de loyer à payer, la moitié des maisons sont inoccupées, on entre, on s’installe, c’est vraiment le communisme ! »« La femme qui attendait » – Andreï Makine
it déjà autour d’elle un mouroir de vieilles femmes qu’elle ne pouvait plus abandonner. Non elle n’avait pas choisi d’attendre, elle avait été cruellement happée par une époque, par ce passé de guerre qui s’était refermé sur elle telle une souricière ». Dix millions d’hommes morts ou estropiés au cours de cette guerre, c’est dix millions de maris que ces femmes ne trouveront pas. Alors elles sont restées à proximité de cette Baltique, à Mirnoïé, et vivent dans des isbas isolées à moitiés en ruine, perdues dans des villages abandonnés, des villages desservis par des routes aux ornières boueuses.« A Mirnoïé, on est peinard, pas de loyer à payer, la moitié des maisons sont inoccupées, on entre, on s’installe, c’est vraiment le communisme ! »

La France vivait le printemps de mai, à 1500 km de là, la Hongrie vivait au Moyen Âge…
Ari revient, à la cinquantaine, de nos jours, en Islande après avoir passé plusieurs années au Danemark où il devenu éditeur. Il est porteur d’un petit colis contenant le diplôme d’honneur décerné à son grand père, capitaine de bateau de pêche et d’une lettre adressée par son père lui annonçant son décès prochain.





