« Je me suis sentie fière d’être d’un pays où les bêtes ont plus de valeur que tout.« ….Pia est une gamine d’une dizaine d’années, fille d’émigrés italiens qui conservent religieusement le Journal Officiel qui fit d’eux des français. Une famille d’agriculteurs fermiers, qui vit dans un hameau de Charente, une vie rythmée par les besoins des vaches, qu’il faut mener aux près, traire et soigner. Une vie régentée par le Crédit Agricole qui tient la famille entre ses cordes, entre ses échéances de prêt. Pia cirait les chaussures de Papa quand il devait rencontrer le Directeur de la banque. Ce directeur dont ce « père pauvre et magnifique » avait besoin pour moderniser la ferme…. « Papa dit qu’il a plus de dettes autour du cou que la reine de Belgique de perles à son collier. »



« J’ai compris peu à peu le vrai sens du mot « débile » et je me suis rendu compte qu’ils s’étaient moqués de moi pendant tout ce temps, sans que je le sache. Lentement, une terrible colère s’est emparée de moi. Ce mot s’est mis à m’inspirer une telle répulsion que, rien qu’à l’entendre, j’avais la tête brûlante. Je sentais mon visage devenir écarlate et quelque chose bouillonner en moi. »

Shu Wen est une jeune femme mariée à Kejun, un médecin dermatologue incorporé dans l’Armée populaire de Libération. Elle apprend que son mari est mort au combat…Leur bonheur fut bref. Jeune mariée depuis trois mois, elle n’a vécu avec lui que trois petites semaines seulement. La jeune femme amoureuse décide de partir au Tibet afin de comprendre les conditions de la mort de Kejun, l’armée ne lui ayant fournit aucun détail…pourquoi donc « son avis de décès ne mentionne-t-il pas la façon dont il est mort, et ne lui accorde-t-on pas le statut de martyr révolutionnaire ? »…. « Ils n’avaient même pas ajouté quelques mots pour dire qu’il était mort en martyr de la révolution, comme ils le faisaient toujours pour les soldats tombés au combat ? »….


