
Vous aimez, les polars, les livres qui manipulent le lecteur (dans le bons sen du terme), les sagas familiales qui vous font voyager, vivre des vies, les livres ayant pour fond des faits historiques ….et vous avez du temps devant vous, alors foncez et lisez « La femme qui avait perdu son âme », roman finaliste du prix Pulitzer 2014.
Oui, il vous faudra du temps pour venir à bout ou dévorer ces presque 800 pages (de fins caractères), que Bobs Shacochis, que je ne connaissais pas aurait mis 10 ans à écrire !


L’enfance et l’adolescence – dans les années 1910-20 – d’un « moricaud », d’un gamin « nègre » dans le sud des États Unis, le Mississipi….Deux mots terribles qui traduisent tout le racisme, toute la violence de la population de cet État des États-Unis à l’égard des hommes de couleur, deux mots que lecteur retrouvera à chaque page, à tous les âges de ce gamin devenu auteur.

« Des soldats japonais traversent le carrefour, le drapeau fixé au bout de la baïonnette. Je distingue sous les casques des visages jeunes et cruels. Trapus, les yeux fendus, le nez écrasé sur une moustache, ils incarnent cette race insulaire qui, selon la légende, descend de la nôtre. Ils me dégoûtent. »…Ainsi parle la joueuse de go, jeune fille romantique, vivant dans les années 30 en Mandchourie occupée par les japonais.
Un journaliste, Frédéric, retrouve à la frontière de la Somalie et de l’Éthiopie en guerre un marathonien, Ayanleh Makeda, déchu de son titre olympique pour dopage. Ancienne gloire de son pays qui l’a puni pour cette faute, il porte maintenant le fusil et creuse des tranchée sous les bombes. Double champion olympique il a gagné avec facilité le marathon de Sydney, de Boston ou d’Athènes… Pourquoi, en pleine gloire, toujours invaincu a-t’il succombé à la tentation du dopage? 

