« ….ce n’est plus l’homme qui souffre que nous voyons sur ces images, ni la femme ni l’enfant….Ce ne sont même plus des êtres humains, c’est un grouillement, un pullulement, un déferlement. Une effrayante menace.. » « Eux », ce sont les réfugiés, des hommes, des femmes, des enfants dans la détresse, fuyant la mort, la torture, les exécutions, les conflits, se noyant pas centaines dans cette Méditerranée…Mare Nostrum disaient les romains… la mer de ceux qui habitent autour, pas uniquement, celle de nous les Européens
« Ils n’ont qu’à rester chez-eux », « non à l’invasion »….Un refus presque généralisé.
Et pourtant, ils sont combien…un million…c’est quoi un million rapporté aux soixante-six millions de français, aux plus de cinq cents millions d’européens…les médias nous parlent d’EXODE, de DÉFERLEMENT, d’INVASION


G
En 1984 Philippe Besson avait 17 ans, et allait passer le bac dans un lycée de province, celui de Barbezieux en Charente. Les gamins sont méchants, ce n’est pas une nouveauté, alors comme il aimait les livres et n’était pas du tout intéressé par le sport, les insultes fusaient »sale pédé », « tapette ». Insultes tellement faciles, timide on ne lui connaissait aucune petite amie….et puis un jour son regard croisât celui d’un autre jeune…il se retrouvèrent et découvrirent ensemble les caresses, la sexualité, le manque, le besoin de se retrouver…et le nécessité de se cacher, de s’ignorer devant les autres malgré une complicité certaine.
Il y a quelques mois, par hasard, je découvrais Sándor Márai avec Les Braises et la Sœur ..Et les quelques mots écrits sur la quatrième de couverture de « Ce que j’ai voulu taire » que je feuilletais dans la bac des livres à ranger en rayon de la Médiathèque m’ont interpellé : « Longtemps présumé perdu avant d’être retrouvé et de paraître en 2013… »…
Écrit par un auteur allemand, lui même soldat blessé au cours de la guerre de 1914-18, Ce livre fait partie de ceux qu’il faut avoir lu pour connaître, et comprendre ce drame.
Lorsqu’en 1969, le jeune colonel Mouammar Kadhafi renverse le vieux roi Idriss 1er, Jaballa Matar, diplomate libyen à New-York et père d’Hisham Matar « avait regagné la maison aussi vite que possible […] par enthousiasme pour cette nouvelle ère de modernité républicaine. » Trés vite Jaballa Matar entra en opposition avec le dictateur et son régime et, devenu dangereux aux yeux du dictateur, dut s’exiler en Égypte. Condamné à mort par contumace, il fut enlevé, en 1990, avec l’aide probable du gouvernement égyptien, et emprisonné ainsi que plusieurs autres membres de sa famille dans les prisons du dictateur libyen, « Guide de la Révolution »