« ….ce matin-là comme les autres, l’humour, l’apostrophe et une forme théâtrale d’indignation étaient les juges et les éclaireurs, les bons et les mauvais génies, dans une tradition bien française qui valait ce qu’elle valait, mais dont la suite allait montrer que l’essentiel du monde lui était étranger.. » (P. 51)Ce matin du 7 janvier 2015, la conférence de rédaction de Charlie était bien avancée, tout le monde rigolait..des bruits de pétards pas assourdissants, et Philippe Lançon reprend conscience, couché par terre. Silence….Il voit des bouts de salle, « le crâne éclaté de Bernard Maris » à ses côtés, une secrétaire arrive affolée.
Dans la bouche de Philippe des dents se promènent.. Il ne peut parler et est incapable de bouger, et n’a pas encore de douleurs. Ses seules préoccupations : Que sont devenus les autres, ou est son téléphone, son vélo ?


J’aimerais sincèrement que cette chronique permette de faire connaître ce livre, dont le titre « jeu de mots » m’avait intrigué et dont la lecture m’a procuré de nombreuses d’émotions.
Les plus anciens d’entre nous, ceux qui ont connu la blouse à l’école primaire, se souviennent certainement de cette période du début des années 60, de la fin de la guerre d’Algérie. Après Zappy Max, on nous imposait le calme au moment des informations qu’on écoutait dans un silence religieux à la radio. Nos préoccupations de gamins ne nous permettaient pas de tout comprendre, mais nous saisissions bien inconsciemment, du fait des visages soucieux de nos parents, le drame de la situation.
Quand on parle de Jack London, immédiatement viennent à l’esprit des titres comme « Croc-Blanc », « L’appel de la forêt », « Le Loup des mers » ….rares sont ceux qui penseraient au livre « Le peuple d’en bas »…et pourtant, ce titre assez difficile à trouver en librairie sauf sur commande, mérite qu’on s’y penche. Merci à
Ils sont partis, ils ont combattu, ils ont tué puis écœurés, déçus, ou par peur ils sont revenus. Parfois, leur famille est partie au péril de la vie de chacun des membres ou de leur liberté afin de les aider à revenir en France….. »Ils » ce sont ces ados, ces garçons et filles aussi, partis par centaines faire le djihad en Syrie ou ailleurs. Des français et françaises, des banlieues ou non, qui depuis sont emprisonnés ou portent un bracelet électronique et pointent régulièrement dans les commissariats….Certains d’eux parfois repartiront combattre, pressés de fuir une deuxième fois la France ou attirés par la mort…Certains sont revenus pour tuer en France, d’autres se déclarent repentis.
Quand on évoque l’oeuvre d’Orwell, « Dans la dèche à Paris et à Londres », ne vient pas immédiatement à l’esprit…Tout le monde évoquera 

Salido
Les deux assassins d’Emmet Till, jeune gamin de quatorze ans sortiront libres du tribunal, libres, la cigarette au bec et hilares. Le jury du Mississipi composé exclusivement de blancs, a délibéré pendant une heure…une heure pendant laquelle les membres ont également mangé le repas qu’ils avaient demandé qu’on leur porte. Emmet était un gamin noir venue de Chicago . Il avait eu l’audace insolente de siffler une femme blanche.
Alors il l’ont enlevé, tabassé à coups de poings, en lui écrabouillant le visage, tué d