« MK, Récit d’un déporté arménien : Dix années d’errance parmi les Kurdes et les Syriaques » – Manuel Kirkyacharian- Baskın Oran

MK,A 9 ans en 1915, Manuel Kirkyacharian, le gamin arménien est déporté avec ses parents, comme beaucoup d’autres…C’est pour lui, le début d’une dizaine d’années d’errance en direction de la Syrie, de Mossoul puis d’Alep. Par la suite il émigrera vers l’Australie et obtiendra la nationalité anglaise.  
Peu après le début du récit, le gamin perdra sa mère qui se suicide sous ses yeux en se jetant dans le fleuve  et son père qui fut tué après avoir été fouetté. Je ne vous raconterai pas le reste
Le gamin errera de ferme en ferme, il sera vendu, pris comme esclave, aura faim, etc…et fera tous les sales boulots pendant une dizaine d’année, labours, moissons, soins aux animaux…il sera durement puni, aura faim et côtoiera même la mort à plusieurs reprises. 
Afin de mourir, il témoignera en enregistrant sur des bandes magnétiques les conditions de son exode.  

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« Faim » – Knut Hamsun

Faim Knut Hamsun.Andreas Tangen est un écrivain qui tente de vivre en proposant des articles, des feuilletons aux rédacteurs en chef des journaux de Kristiana -ancien nom d’Oslo…Un écrivain qui cherche le succès.
Un succès qui tarde à venir….presque tous ses articles « sur les choses les plus diverses, idées étranges, caprices fantaisies nées de mon cerveau agité » sont refusés. Ses ressources sont si faibles qu’il se prive de tout, et qu’il a faim… au fur et à mesure des pages il quittera sa chambre sans payer sa logeuse, et portera au clou, chez les prêteurs sur gages, ses couvertures, ses vêtements et pourquoi pas ses boutons.
Faim et froid agissent ensemble sur son comportement, sur ses pensées, sur son moral.
Il en devient fou, victime d’hallucinations, fou et incohérent dans ses relations avec les autres, avec les femmes. Incohérent dans ses pensées et dans ses actes, il mâche même des copeaux de bois pour tromper cette faim qui le tenaille.

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« Le sillage de la baleine » – Francisco Coloane

le sillage de la baleine coloanePedro Nauto a 13 ans quand il perd sa mère, retrouvée noyée et défigurée…Après 4 jours, dans l’attente d’une autopsie, elle est enterrée. Le gamin n’a pour seule famille que son grand-père riche propriétaire terrien. Le vieil homme méprisait sa fille, une fille-mère….Alors le gamin décida de le quitter, et de travailler ailleurs afin de rendre en retour les journées de travail qu’on leur avait prêtées :  « Pedro passa le plus clair de son temps à travailler chez les uns et les autres afin de rembourser les dettes de sa mère »..
…Mais la mer l’attirait, le Pacifique, immense, riche…

baleine

Un plongeur à la recherche du banc d’huîtres qui lui permettrait d’être riche pour le restant de ses jours le prend sur son bateau, Pedro veillera à la bonne alimentation en air du scaphandre…mais le plongeur trop naïf avec ses « amis », devra déchanter et s’incliner devant la puissance de l’argent…déjà en 1910, et perdre ses ambitions.

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« Pauvre Blanc » – Sherwood Anderson

Pauvre BlancHugh McVey est un gamin élevé par son père, alcoolique et paresseux. Celui-ci oblige le gamin à travailler, afin de lui ramener de quoi picoler et ronfler. Hugh trouve un petit travail dans une gare. On est encore à la fin du XIX ème siècle. Et là, dans cette gare, il découvre LA femme…la première femme de sa vie, celle qui va le sortir de sa crasse intellectuelle, de sa paresse, lui faire découvrir, non pas l’amour – aucun des deux n’a la tête à ça – mais les livres, la culture. Elle est celle qui va lui faire découvrir son potentiel, qui va lui monter qu’il peut faire autre chose que balayer une gare.
Et le gamin passera sa vie de gamin dans les livres, à rêvasser et en s’isolant. « Il sentait que pour une raison inconnue, l’humanité le tenait à l’écart. »

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« Illska » – Eirikur Orn Norddahl

IllskaUn livre fascinant, un peu comme cette Islande !
Un livre qui sème le chaud, comme ses geysers et le froid comme ses glaciers. Un livre qui ne peut laisser indifférent…. 
Certaines parties vous retournent, vous donnent un grand plaisir de lecture, vous proposent découverte sur découverte, vous secouent les neurones, d’autres plus obscures vous donnent envie de tout laisser tomber, mais une petite voix intérieure vous dit de poursuivre…

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« La porte » – Magda Szabó

La porteLa narratrice, auteure, cherche à recruter une femme de ménage. Emerence Szeredás se présente…c’est une femme pas banale, gardienne dans plusieurs immeubles, qui avant d’accepter va demander des références à ce nouvel employeur, va se renseigner. Et ce n’est qu’après qu’elle donnera le montant de ses exigences salariale…. quand elle aura évalué ce que sera sa charge de travail. Vieille femme dont tous ignore l’âge, elle serait née au début du XXème siècle, elle a vu défiler les Allemands et les Russes..Emerence est une femme au caractère entier, volontaire, ne comptant pas sa peine, et surtout une femme qui donne son avis sur tout, et qui peut se fâcher lorsqu’elle est contrariée. Elle a des lubies, ramasse les objets cassés, jetés aux ordures, et leur donne une deuxième jeunesse dans l’appartement de ses employeurs. Gare à celle qui ne partagera pas ses goûts.

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« L’histoire de Ponciá » – Conceicao Evaristo

L'histoire de PonciaPonciá Vicêncio est une descendante d’esclave noirs. Son acte de naissance mentionne qu’elle est brune de peau. Elle vit seule dans une pauvre masure. La vie n’a pas été facile pour elle. Marié à une homme silencieux et sale, elle aurait eu eu sept enfants, si elle n’avait pas fait des fausses couches répétitives. Elle a quitté sa mère et son frère et décidé d’aller vers la ville tenter d’y trouver un travail, un avenir.
Comme son grand-père, comme sa mère, elle aime travailler l’argile de la rivière, en faire sortir des formes, des statues..Parmi celles-ci celle de son grand-père, esclave,  lui tient particulièrement à cœur…Ses quatre enfants, bien que libres, avaient été vendus par le maître Blanc. Dans son désespoir il avait tué sa femme, la mère de ses enfants avec une faux et s’était tranché la main…Un désespoir, une tristesse cette « saudade » qui habite depuis des générations ces esclaves noirs et leurs descendants. Cette souffrance, cette « saudade ne s’explique pas, elle se vit ». Mêlant nostalgie, manque, mélancolie, elle se transmet de génération en génération. 

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« Le Sympathisant » – Viet Thanh Nguyen

Le SympathisantC’est un bâtard, il se définit ainsi. On ne connaîtra jamais son nom.Né du péché d’un prêtre français et d’une jeune fille vietnamienne, il est l’un de ces nombreux eurasiens issus de la présence française au Vietnam. Il en a beaucoup souffert dans son enfance et a subit les quolibets de ses camarades.
Depuis l’armée française a été remplacée par la puissante américaine, dont tous redoutent les bombes au napalm, de sinistre mémoire. 
Nous sommes en 1975…L’armée vietcong du Nord Vietnam est aux portes de Saïgon. La puissante armée américaine et celle du Sud Vietnam subissent l’un de ses formidables coups de pied au cul qui font l’histoire. Notre homme, aide de camp d’uAvions bombardésn général de l’armée du Sud Vietnam rédige, sous les pressions des uns et des autres les listes de ceux qui pourront prendre l’un des derniers avions décollant sous les bombes.

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« Les douze balles dans la peau de Samuel Hawley » – Hannah Tinti

Les douze balles dans la peau de Samuel HawleyDifficile de se faire une opinion tranchée sur le personnage de Samuel Hawley, héros principal de cette longue ballade américaine, petit truand toutefois attachant. 
Quant au roman c’est à la fois une histoire familiale, celle d’un père et de sa fille, un roman noir mêlant bons et mauvais garçons, un récit d’aventures dans ces paysages américains du Massachusetts à l’Alaska, une ode à la protection de la nature, un thriller…Un roman qui pourrait servir de scénario à un de ces films noirs américains dans lesquels humour, beaux paysages, violence se côtoient… tournés par les frères Coen. 
Samuel Hawley est un petit malfrat qui gagne sa vie en participant à des cambriolages, en étant homme de main pour des truands…bref, le genre de bonhomme qui peut difficilement avoir une vie de famille rangée. Un bonhomme qui avant de sortir, choisit dans sa panoplie les armes qui vont l’accompagner..Il n’en manque pas….

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« Le poète de Gaza » – Yishaï Sarid

Le Poète de GazaIl est agent des services secrets israéliens, spécialiste des interrogatoires musclés au cours desquels il utilise la violence, les coups pour faire parler les plus récalcitrants, pour obtenir un nom, une dénonciation… Toujours sur la brèche, il lutte en permanence contre les kamikazes cherchant à se faire exploser devant une synagogue, dans un bar. Alors tout lui est permis. Quelques fois les prisonniers meurent. Ses chefs lui le reprochent : le mort n’a pas parlé, n’a pas livré ses secrets, des noms…Ils lui demandent d’avoir un entretien, qu’il fuit, avec un psychologue.
Pour lui, dans Israël qui possède « des satellites-espions capables de détecter l’odeur du rot que laissera échapper n’importe quel gars de Jénine après avoir mangé un hoummous aux fèves et aux oignons, on en revient toujours aux mêmes méthodes : la douleur, la peau, les nerfs, le sac en toile puant sur la tête, les mains attachées par des liens qui entaillent la chair. Le seul moyen d’éviter ça, c’est de les faire crever de trouille à l’idée de ce que tu risques de leur infliger. »

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