« Retour à Domme » – Françoise Houdard

Retour à DommeEn lui léchant les oreilles, un chien lui redonne conscience…Oscar s’est évanoui, des traces de sang sur le pare-brise, un oiseau l’a percuté… un vieil homme Jeanloup, presque aveugle, passant par là, le rassure et bien qu’il n’ait plus conduit depuis bien longtemps, conduit la voiture d’Oscar jusque chez lui..sa femme Emilia est sympathique, le couple lui propose de l’héberger..le début d’une amitié partagée, d’une connivence, des confidences.
Pour Oscar, cet oiseau mort a été un signe que lui a envoyé sa grand-mère, une grand-mère qui avait cru le berner quand il était gamin, avec un rouge-gorge qui s’était tué contre les vitres de la maison…

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« Confiteor » – Jaume Cabré

ConfiteorA la fin de ce roman j’ai pensé « Ouah! Quel roman!! » et pourtant je confesse que j’ai eu envie de le lâcher, mais il y avait quelque chose d’indéfini, qui me disait « Continue…!! » et je ne regrette pas du tout.
Un roman toutefois exigeant, qu’on ne peut lire d’un air distrait en écoutant la musique, en pensant à autre chose.
Mais le plaisir qu’on en retire en vaut la peine. Un roman puzzle dans lequel on découvre des pièces de ce puzzle, toujours très belles, quelques fois « pas trop conformistes », dont on cherche les relations entre elles, on revient en arrière, on avance et on se dit : »Tiens cette pièce va avec celle-ci », on découvre une autre pièce sans rapport avec la précédente et puis on identifie un fil conducteur, un « personnage » important, un violon « Storioni Vial » souvent présent dans de nombreuses pièces du Puzzle, depuis l’inquisition, jusqu’à nos jours en passant par Auschwitz, la dictature franquiste, depuis Barcelone en passant par l’abbaye de Lagrasse, Tubingen, Crémone, Paris, de l’enfance du narrateur jusqu’à l’hospice….

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« Le Sagouin » – François Mauriac

Le sagouinLes vide-greniers permettent, pour les uns, de se débarrasser de ces vieilles choses inutiles ou démodées, et pour les autres, acheteurs dont je suis, de trouver des petites pépites… »Le sagouin » était l’un de ces petits livres dont on se débarrasse, une vieillerie…un peu démodée, comme moi…J’avais un an à sa parution.
J’ai retrouvé l’atmosphère de ma jeunesse, le papier des premiers livres de poche, les culottes courtes toute l’année, les gue-guerres entre écoles libres et « la Laïque », les curés et le diable, les culottes courtes…un temps que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître.

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« La lumière et l’oubli » – Serge Mestre

La lumière et l'oubliFils de républicains espagnols réfugiés dans le sud de la France lors de la guerre d’Espagne, Serge Mestre est l’un de ces auteurs qui ne font pas la une des plateaux télé.
Mais il est surtout capable de vous faire ressentir une forme de douleur permanente qu’il a dans le cœur, une nostalgie de l’enfant d’émigré, un amour de son pays d’origine, la haine toujours vive envers ceux qui ont causé le départ de ses parents.
Un scénario simple, apparemment, pour « La lumière et l’oubli »: deux jeunes filles de 18 et 14 ans, Julia et Esther, arrivent dans une gare à tromper la vigilance des soldats franquistes chargés de les surveiller lors d’un transfert entre deux orphelinats, et à rejoindre la France grace au hasard de leurs rencontres.

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« Le crayon du charpentier » – Manuel Rivas

Le Crayon du charpentierLa guerre d’Espagne est finie depuis bien longtemps, Sousa, le journaliste rencontre le Docteur Da Barca afin de recueillir les mémoire du vieil homme. Il était un rouge indomptable, il a été condamné à mort , puis gracié mais est resté longtemps emprisonné : « Avec tout le temps qu’il avait passé comme dirigeant républicain et avec tout le temps qu’il avait croupi en prison, Da Barca était devenu une véritable archive vivante. Il avait tout dans la tête. Ses textes contenaient des témoignages décrivant la répression en prison… »

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« Amours » – Léonor De Récondo

amours2Le mari, la femme, la bonne, l’enfant, trio puis quatuor amoureux et parfois vulgaire sont souvent les personnages principaux de trop nombreux romans de Amoursgare, assemblages de feuilles de papier devant lesquels je passe sans même jeter un regard. Certains éditeurs en ont fait leur fond de commerce.
J’avoue bien sincèrement que ni la couverture austère de l’édition « Sabine Wespieser », ni l’édition plus sexy de l’édition « Points », ni surtout le titre ne m’auraient poussé à feuilleter et à lire ce livre, si, par hasard sur les réseaux sociaux, je n’avais été accroché par le commentaire d’un auteur journaliste travaillant à l’AFP et lauréat de prix littéraires, qui avait mentionné les simples mots « Coup de cœur »…
On peut encore écrire avec finesse, pas uniquement un roman d’amour, mais aussi un roman qui vous transporte dans le milieu bourgeois du début du XXème siècle de la campagne française.

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« Un autre : Chroniques d’une métamorphose » – Imre Kertész

Un autre - Chroniques d'une métamorphoseOn ne peut pas survivre à la sélection pratiquée à Auschwitz, puis à la faim et à la maladie à Buchenwald et aux pressions exercées par les régimes communistes de l’Europe de l’Est, sans être « marqué », comme se définit Imre Kertész .
Certains se laisseraient abattre, auraient baissé les bras, ou envisagé le suicide, Imre Kertész, décidera au contraire de lutter contre ces totalitarismes, de dénoncer le nouvel antisémitisme, né après Auschwitz, Auschwitz qui « marque un tournant comme par exemple en physique, la théorie quantique »et d’être l’un de ces auteurs alertant les lecteurs. Son engagement fut vraisemblablement, un élément décisif dans l’attribution du Prix Nobel.

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« Amazone » – Maxence Fermine

AmazoneUne couverture pleine de mystères : des touches de piano, des cartes, des dés, un papillon et du café. Une incitation au rêve, à la détente, à la poésie, surtout quand on a beaucoup aimé « Neige » qui m’avait permis de découvrir Maxence Fermine.

Alors quand la belle jeune femme du vide-grenier m’a dit « 50 centimes », je lui ai donné un €uro… »Gardez tout, merci »…et le livre a commencé un nouveau voyage dans mes mains.
J’étais le premier à voyager avec ce livre, jamais ouvert, jamais cassé, le parfum du papier neuf…
Elle ne saura peut être jamais ce qu’elle a perdu en gagnant 1 €  

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« Être sans destin » – Imre Kertész

Etre sans destin

« Être sans destin » que j’ai trouvé par hasard dans une boîte à livres quelques jours après l’annonce du décès d’Imre KERTÉSZ, est le Xième livre que je lis sur les camps.

Ce ne sont pas des livres mais des destins, des vies, et nous devons les accepter tels qu’ils sont. 

Bien que les faits, bien que l’horreur restent identiques, selon la sensibilité, la personnalité, l’âge au moment des faits de celui qui les a vécus dans sa chair, chaque livre sera différent.
« Être sans destin » est un livre différent, qui apporte un éclairage nouveau, le regard d’un prix Nobel de littérature sur le gamin de 15 ans qu’il était en 1944.

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« Petit piment » – Alain Mabanckou

petit pimentLes premières pages du livre, nous donnent un peu l’impression qu’Alain Mabanckou a souhaité écrire un roman léger, une farce pour faire sourire le lecteur….
Moïse est le surnom qui a été donné à ce gamin orphelin abandonné bébé, à la porte de l’orphelinat congolais par sa mère, surnom donné par ses copains parce que son nom trop long pour tenir sur un seul bracelet d’identification, est imprononçable, trop long à dire. Son nom traduit veut dire : « Rendons grâce à Dieu, le Moïse noir est né sur la terre des ancêtres » Alors Moïse est le seul gamin à porter deux bracelets sur lesquels son nom est partagé. Il aime le prêtre qui anime l’orphelinat, jusqu’au jour où ce dernier disparaît, éloigné de son orphelinat par la révolution socialiste. Là encore nous sourirons à la lecture de ces discours, des situations, des portraits. Plus tard, devenu héros de l’orphelinat Moïse deviendra « Petit piment » à la suite de l’un de ses méfaits.

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