« Confiteor » – Jaume Cabré

ConfiteorA la fin de ce roman j’ai pensé « Ouah! Quel roman!! » et pourtant je confesse que j’ai eu envie de le lâcher, mais il y avait quelque chose d’indéfini, qui me disait « Continue…!! » et je ne regrette pas du tout.
Un roman toutefois exigeant, qu’on ne peut lire d’un air distrait en écoutant la musique, en pensant à autre chose.
Mais le plaisir qu’on en retire en vaut la peine. Un roman puzzle dans lequel on découvre des pièces de ce puzzle, toujours très belles, quelques fois « pas trop conformistes », dont on cherche les relations entre elles, on revient en arrière, on avance et on se dit : »Tiens cette pièce va avec celle-ci », on découvre une autre pièce sans rapport avec la précédente et puis on identifie un fil conducteur, un « personnage » important, un violon « Storioni Vial » souvent présent dans de nombreuses pièces du Puzzle, depuis l’inquisition, jusqu’à nos jours en passant par Auschwitz, la dictature franquiste, depuis Barcelone en passant par l’abbaye de Lagrasse, Tubingen, Crémone, Paris, de l’enfance du narrateur jusqu’à l’hospice….

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« La lumière et l’oubli » – Serge Mestre

La lumière et l'oubliFils de républicains espagnols réfugiés dans le sud de la France lors de la guerre d’Espagne, Serge Mestre est l’un de ces auteurs qui ne font pas la une des plateaux télé.
Mais il est surtout capable de vous faire ressentir une forme de douleur permanente qu’il a dans le cœur, une nostalgie de l’enfant d’émigré, un amour de son pays d’origine, la haine toujours vive envers ceux qui ont causé le départ de ses parents.
Un scénario simple, apparemment, pour « La lumière et l’oubli »: deux jeunes filles de 18 et 14 ans, Julia et Esther, arrivent dans une gare à tromper la vigilance des soldats franquistes chargés de les surveiller lors d’un transfert entre deux orphelinats, et à rejoindre la France grace au hasard de leurs rencontres.

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« Le crayon du charpentier » – Manuel Rivas

Le Crayon du charpentierLa guerre d’Espagne est finie depuis bien longtemps, Sousa, le journaliste rencontre le Docteur Da Barca afin de recueillir les mémoire du vieil homme. Il était un rouge indomptable, il a été condamné à mort , puis gracié mais est resté longtemps emprisonné : « Avec tout le temps qu’il avait passé comme dirigeant républicain et avec tout le temps qu’il avait croupi en prison, Da Barca était devenu une véritable archive vivante. Il avait tout dans la tête. Ses textes contenaient des témoignages décrivant la répression en prison… »

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« Amours » – Léonor De Récondo

amours2Le mari, la femme, la bonne, l’enfant, trio puis quatuor amoureux et parfois vulgaire sont souvent les personnages principaux de trop nombreux romans de Amoursgare, assemblages de feuilles de papier devant lesquels je passe sans même jeter un regard. Certains éditeurs en ont fait leur fond de commerce.
J’avoue bien sincèrement que ni la couverture austère de l’édition « Sabine Wespieser », ni l’édition plus sexy de l’édition « Points », ni surtout le titre ne m’auraient poussé à feuilleter et à lire ce livre, si, par hasard sur les réseaux sociaux, je n’avais été accroché par le commentaire d’un auteur journaliste travaillant à l’AFP et lauréat de prix littéraires, qui avait mentionné les simples mots « Coup de cœur »…
On peut encore écrire avec finesse, pas uniquement un roman d’amour, mais aussi un roman qui vous transporte dans le milieu bourgeois du début du XXème siècle de la campagne française.

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« Amazone » – Maxence Fermine

AmazoneUne couverture pleine de mystères : des touches de piano, des cartes, des dés, un papillon et du café. Une incitation au rêve, à la détente, à la poésie, surtout quand on a beaucoup aimé « Neige » qui m’avait permis de découvrir Maxence Fermine.

Alors quand la belle jeune femme du vide-grenier m’a dit « 50 centimes », je lui ai donné un €uro… »Gardez tout, merci »…et le livre a commencé un nouveau voyage dans mes mains.
J’étais le premier à voyager avec ce livre, jamais ouvert, jamais cassé, le parfum du papier neuf…
Elle ne saura peut être jamais ce qu’elle a perdu en gagnant 1 €  

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« Petit piment » – Alain Mabanckou

petit pimentLes premières pages du livre, nous donnent un peu l’impression qu’Alain Mabanckou a souhaité écrire un roman léger, une farce pour faire sourire le lecteur….
Moïse est le surnom qui a été donné à ce gamin orphelin abandonné bébé, à la porte de l’orphelinat congolais par sa mère, surnom donné par ses copains parce que son nom trop long pour tenir sur un seul bracelet d’identification, est imprononçable, trop long à dire. Son nom traduit veut dire : « Rendons grâce à Dieu, le Moïse noir est né sur la terre des ancêtres » Alors Moïse est le seul gamin à porter deux bracelets sur lesquels son nom est partagé. Il aime le prêtre qui anime l’orphelinat, jusqu’au jour où ce dernier disparaît, éloigné de son orphelinat par la révolution socialiste. Là encore nous sourirons à la lecture de ces discours, des situations, des portraits. Plus tard, devenu héros de l’orphelinat Moïse deviendra « Petit piment » à la suite de l’un de ses méfaits.

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« La femme qui avait perdu son âme » – Bob Shacochis

La femme qui avait perdu son âme

Vous aimez, les polars, les livres qui manipulent le lecteur (dans le bons sen du terme), les sagas familiales qui vous font voyager, vivre des vies, les livres ayant pour fond des faits historiques ….et vous avez du temps devant vous, alors foncez et lisez « La femme qui avait perdu son âme », roman finaliste du prix Pulitzer 2014.  
Oui, il vous faudra du temps pour venir à bout ou dévorer ces presque 800 pages (de fins caractères),  que Bobs Shacochis, que je ne connaissais pas aurait mis 10  ans à écrire !
 

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« Black Boy » – Richard Wright


Black BoyL’enfance et l’adolescence – dans les années 1910-20 – d’un « moricaud », d’un gamin « nègre » dans le sud des États Unis, le Mississipi….Deux mots terribles qui traduisent tout le racisme, toute la violence de la population de cet État des États-Unis à l’égard des hommes de couleur, deux mots que lecteur retrouvera à chaque page, à tous les âges de ce gamin devenu auteur.
Un racisme faisant partie de la vie.

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« Le rocher de Tanios » – Amin Maalouf

le rocher de TaniosUn beau roman prenant pour cadre le village libanais de Kfaryabda dirigé par un cheikh amateur de femmes…il demande régulièrement aux femmes de son village de lui apporter quelques fruits ou quelques douceurs au moment de la sieste, et tout le monde sait qu’il est père de nombreux enfants dans le village. Et un jour il demande à la belle Lamia, épouse de son intendant Gérios de lui apporter des fruits pendant sa sieste.
Quelques mois après naît un garçon, qu’il prénomme comme si c’était son propre fils Abbas. Heureusement les  parents arrivent à donner à cet enfant le prénom de Tanios…Il n’en fallait pas plus pour semer un doute jamais éclairci dans l’esprit de chacun: qui est le vrai père de Tanios ?

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« Ma mère et moi » – Brahim Metiba

Ma mère et moiDifficile communication entre une mère et son fils. L’amour les rassemble, mais ces mots d’amour ne sont jamais dit, et tant de choses les séparent : elle aimerait qu’il se marie avec une musulmane, qu’il ait une vie conforme à la culture dans laquelle elle l’a élevé, mais il est homosexuel. Il est intellectuel, mais elle ne sait pas lire. Ils parlent, mais ne se parlent pas, s’entendent mais ne s’écoutent pas. Un dialogue impossible entre eux deux : « Ma mère me dit« …. »Je lui dis« . Alors pour essayer de créer ce dialogue, et d’instaurer un début de communication, il lui lit « Le livre de ma mère » d’Albert Cohen, le livre d’un auteur juif lu à une femme musulmane : « Je me dis que ma mère pourrait trouver une phrase chez la mère d’Albert Cohen, et qu’elle comprendrait enfin ».

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