Comment, quand on est passionné par la lecture, ne pas être intrigué et forcément intéressé, fortement titillé par cette couverture insolite, et par ce titre ?Surtout quand on découvre sur la 4 ème de couverture qu’il ne s’agit pas d’un roman, mais d’une enquête d’une journaliste américaine.
Double voyage donc dans le monde du livre et dans le monde de cette Amérique, dans ce monde un peu (beaucoup) fou des Américains…Pas les américains lecteurs, comme vous et moi, non les américains collectionneurs, investisseurs, fascinés par une vieille couverture, par une édition limitée, par un autographe, fascinés par la possession, la collection, les dollars.
Qu’importe le texte du livre !


Ryszard Kapuściński a arpenté l’Afrique noire de long en large, des années 50 aux années 70, en qualité de journaliste correspondant d’une agence de presse polonaise… Il n’a fréquenté ni les Hilton ni les palaces africains, il n’a jamais voyagé en classes affaires dans des avions luxueux. Peut-être que les moyens mis à sa disposition ne le lui permettaient pas, mais surtout, je crois, il voulait être au plus près des Africains, connaître et partager leurs conditions de vie, leurs misères, leurs difficultés, afin de proposer à ses lecteurs des reportages sincères et vrais. Alors il dormait dans des masures, sous la tente, voyageait dans des autocars surpeuplés, non climatisés, bien sûr, et patientait sous le soleil, en plein désert, dans l’attente que le chauffeur répare pour la énième fois son vieux camion déglingué. Etre humble et vivre comme eux était indéniablement le meilleur moyen pour lui de se faire accepter des Africains, de recueillir leurs mots, de connaître leurs maux. 

Mariée avant 1915, à 15 ans, avec un homme de 45 ans, Zouleikha a eu 3 filles, trois filles décédées alors qu’elles étaient bébés…depuis elle vit avec cet homme rustre dans une masure à coté de la maison de La Goule, sa belle-mère âgée, portant la méchanceté dans la peau.
De tout temps, la France a été une terre d’accueil d’étrangers. Aujourd’hui encore nombreux sont ceux qui frappent à nos portes
Avec Capitaines des sables, on est bien loin du Brésil qui fait rêver, celui du Carnaval, des grandes plages de Copacabana, des belles filles siliconées en maillots de bains « timbres poste ». On voyage au contraire dans le Brésil qu’on ne montre pas, qu’on tait sur les brochures touristiques, celui de la violence, du vol, du viol, des favelas. Bien qu’écrit il y a plus de 80 ans, en 1937, Capitaines des Sables, n’en conserve pas moins, de ce fait une actualité brûlante.
Avec « Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants » Kenzaburo Oé nous transporte dans un Japon bien éloigné du Japon de la 
Écrire pour crever un abcès, pour comprendre un pan de l’histoire familiale et de la grande Histoire de l’Espagne, pour comprendre une honte, pour comprendre le choix d’un homme, d’un parent présent dans son arbre généalogique, écrire pour mieux connaître sa famille, pour mieux se connaître…tel pourrait l’objet de ce livre « Le Monarques des ombres ».