« Photo de groupe au bord du fleuve » – Emmanuel Dongala

Photo de groupe au bord du fleuveJe suis bien incapable de dire comment j’ai connu ce livre qui figurait depuis des mois dans la liste toujours plus grande des ouvrages que je souhaite découvrir, afin continuer à voyager jusqu’au jour du  grand départ… 
Emmanuel Dongala, que j’ai découvert avec ce titre m’a transporté au cœur de l’Afrique Noire…non pas le noir couleur de peau, mais le Noir de la corruption, de la condition des femmes, de l’obscurantisme des sorciers, des superstitions, des viols, des mariages forcés, des veuves que la belle famille spolie et jette à la rue, le noir des dictateurs brassant des milliers, presque des millions de francs CFA pour les meilleures bouteilles de champagne et méprisant une population qui tous les jours trime pour manger.

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Emmanuel Dongala

Emmanuel-Dongala.jpegÉcrivain congolais né en à Alindao (République centrafricaine)

Il fut contraint à la fin des années 90 de quitter le Congo-Brazzaville, à la suite des  luttes fratricides, qui l’ensanglantèrent.

Il est diplômé Master of Sciences de la Rutgers University (U.S.A.) et Docteur ès Sciences de l’Université de Montpellier (France)

Il se réfugia aux États-Unis où il est professeur de chimie à Simons’ Rock Collège, dans le Massachusetts, et professeur de littérature africaine francophone à Bard College dans l’état de New-York.

(Source Babelio) Lire la suite

« Le chemin des âmes » – Joseph Boyden

le chemin des âmes.jpgNombreux sont les livres écrits sur la 1ère guerre mondiale, soit par des combattants qui ont vécu l’horreur, « Le Feu« , « Ceux de 14 » de Genevoix, « A l’ouest rien de nouveau », soit par des romanciers y compris récents qui reçurent des prix littéraires, « Au revoir là-haut« , « Le Garçon« …ces listes ne sont bien sûr pas limitatives.
Tout avait été dit, semble-il et puis c’est si loin…
Ceux qui ont eu comme moi, des grands-pères anciens combattants, ont entendu de leur part, quelques mots dans les années 50-60, quelques rares souvenirs, évoqués souvent les yeux humides. Ces hommes n’aimaient souvent pas parler de ces années, et souhaitaient éviter ces horreurs aux gamins que nous étions. « Plus jamais ça ! »
Une vieille indienne  Niska, a remonté la rivière dans son canoë, pour aller chercher, à la gare, Elijah, mais c’est son neveu Xavier qui vient regagner le Canada après plus de 3 ans de guerre en Europe.Xavier, indien Cree, est amputé d’une jambe, il calme ses douleurs, et ses angoisses aussi, grâce à ses dernières ampoules de morphine, dont il est devenu dépendant.
Il ne courra plus les bois.

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« Les huit montagnes » – Paolo Cognetti

Les huit montagnesUn grand bol de fraîcheur, d’espaces et de nature, d’alpage, de grand air et d’amitié.
Deux gamins de 10-11 ans se rencontrent dans les un village des Alpes Italiennes. Pietro d’une part, l’enfant de Milan vient avec ses parents, et accompagne son père, chimiste dans une usine de Turin, dans ses randonnées. Un père un peu fou qui veut gravir toutes les montagnes verticalement sans passer par les sentiers, qui enregistre ses courses sur des cartes…..
Pietro, quant à lui, a souvent le mal de la montagne l’obligeant à redescendre. Alors le père continuera seul ses randonnées « chacun en montagne a une altitude de prédilection, un paysage qui lui ressemble et dans lequel il se sent bien »
Et Bruno d’autre part qui vit chez son oncle avec ses cousins et qui accompagne les vaches dans les alpages. 

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« Bakhita » – Véronique Olmi

BakhitaLa gamine avait quand elle fut enlevée « cinq, six ou sept ans, comment savoir ? Elle est née en 1869. Peut être un peu avant. » Comment s’appelait-elle avant, elle ne s’en souviendra pas….mais le négrier qui la prit l’appela Bakhita  c’est à dire la « Chanceuse », une chanceuse qui sera bientôt incapable de dire où se trouve son village, et d’y retourner…
Son père était le frère du chef du village, et sa mère eut 11 enfants dont deux ont été enlevés, sans compter ceux qui sont morts dans l’enfance…banalité de l’Afrique, dans laquelle des hommes, des tribus gagnent de l’argent en enlevant les gamins et en les vendant comme esclaves. Non pas des esclaves qui partiront vers l’Amérique, mais des esclaves destinés à des maîtres africains, au Soudan, en Egypte….En effet, ce sont des africains qui furent responsables au XIXème siècle de la déportation, de l’esclavage d’autres africains…un fait culturel que Véronique Olmi nous rappelle..L’esclavage n’a pu exister que parce que des Africains l’organisaient.

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« L’Ombre d’une différence » – Sefi Atta

L'ombre d'une différenceJ’avais découvert il y a deux ans Sefi Atta avec « Le meilleur reste à venir », dans lequel , en prenant pour cadre la vie privée de deux femmes,  elle nous présentait l’Afrique qui n’arrive pas à se développer malgré ses atouts et ses richesses, une Afrique supportant encore les traces de son passé colonial.
Dans « L »ombre d’une différence », elle s’intéresse aussi à ses compatriotes expatriés à Londres ou vivant à Lagos, à leurs amours et peines de cœur, à leurs conditions de travail ou à leur pauvreté. 
Son héroïne, Deola (Adeola Bello), dans la quarantaine, est britannique mais se considère toujours comme nigériane. Célibataire sans enfant, elle travaille dans une ONG après avoir travaille dans cabinet conseil spécialisé dans les associations à but non lucratif. 
Son emploi l’amène à faire des allers-retours entre Londres et Lagos…deux villes dans lesquelles elle ne se sent pas complètement chez elle.

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« Dans le grand cercle du monde » – Joseph Boyden

J’ai depuis toujours été fasciné par Dans le grand cercle du mondeLe Canada, le Québec, leurs forêts immenses, leurs lacs, le froid, et j’ai retrouvé dans ce livre tous mes rêves d’enfants, une partie de mes bandes dessinées qui me transportaient, me faisaient rêver…mais là pas de cow-boys, mais des Corbeaux, ces jésuites venus de France, évangéliser ces Sauvages…
C’est comme ça qu’ils les présentaient : des sauvages…Non! mais des hommes, des peuples indiens ayant une culture différente, un autre mode de vie…des hommes au cœur de la nature, la vénérant, ainsi que ses animaux. 
Choc de deux cultures, Européenne et Amérindienne, choc de deux modes de vie.
Ces braves indiens Hurons vivaient tranquillement de la chasse, de la cueillette, de la pêche…certes de temps en temps ils se jetaient dans la guerre contre les Iroquois, une guerre ancestrale. C’était l’occasion de longues tortures pratiquées jusqu’à la mort sur les prisonniers. Ces peuples nomades ne vivaient pas sous des tentes, comme nos BD enfantines nous les présentaient. Sédentaires ils vivaient réunis par centaines dans des villages en dur, cultivaient la terre, pour faire pousser les trois sœurs, maïs, courges et haricots, et abandonnaient le village pour en créer de nouveaux lorsque la terre qu’ils avaient défrichée autour ne les nourrissait plus.

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