« La petite femelle » – Philippe Jaenada

la petite femelleJ’étais encore bambin quand cette affaire éclata, je ne l’ai connue qu’avec le livre de Jean-Luc Seigle : « Je vous écris dans le noir ». J’avais besoin d’avoir un autre aperçu, beaucoup plus documenté sur cette affaire qui m’avait troublé. 
Et j’avoue que le livre de Philippe Jaenada est allé au delà de mes espérances. On en sort sonné, indigné, admiratif et interrogatif.

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« L’imposteur » – Javier Cercas

limposteurJ’avais beaucoup aimé « Les Soldats de Salamine » et je souhaitais poursuivre ma découverte de cet auteur. Alors pourquoi pas « L’imposteur »…Et j’avoue que j’ai été bluffé, passionné par l’histoire et le texte.
Une grande partie de la littérature romanesque prend pour cadre le deuxième guerre mondiale…très souvent des fictions ayant un tout petit fond historique, voire des textes sans aucun fondement réel…
En littérature « la fiction sauve, la réalité tue »
« L’imposteur » est l’histoire véridique d’un homme, Enric Marco manipulateur né, narcissique, qui avait fait de sa vie un roman, arrivant à devenir président de l’Amicale de Mauthausen, association espagnole des anciens déportés. Pendant des années il a donné des conférences et interviews, mais a été démasqué en 2005 par un historien Benito Bermejo.

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« Ostende 1936 – Un été avec Stefan Zweig » – Volker Weidermann

ostende-1936-un-ete-avec-stefan-zweigRencontres fictives ou réelles ? …..qu’importe. Volker Weiderman, met en scène des exilés fuyant le nazisme, se retrouvant à Ostende, le temps d’un été. Ils sont tous de bonnes raisons : leurs livres sont brulès sur la place publique en Allemagne, parce qu’ils ne sont pas conforme aux doctrines nazies ou parce que les auteurs sont juifs. D’autres ont fui pour des raisons politiques dès l’avènement d’Hitler au pouvoir, ou sont communistes….Parmi eux, Stefan Zweig, auteur riche et reconnu accompagné de sa secrétaire Lotte Almann, Joseph Roth, auteur alcoolique, sans le sou accompagné de sa maitresse Irmgard Keun , Arthur Koestler, Egon Erwin Kisch …

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« Les dépossédés » – Steve Sem-Sandberg

les-depossedesEncore un roman sur le nazisme direz-vous…! Oui, mais un roman qui éclaire cette période avec un point de vue différent: la vie d’un ghetto, de plus de 230 000 personnes, celui de Łódź devenu par la volonté d’un homme l’une des plus importante usine de production pour l’armée allemande. Un roman qui s’appuie sur un très important travail de documentation de l’auteur qui étudia les archives juives et nazies du ghetto, photocopies d’archives intégrées aux pages du roman.valises
Un ghetto préexistant, comme dans toute la Pologne, à l’arrivée des soldats allemands, qui connut des arrivées de juifs d’autres pays parlant d’autres langues, et ses départs….ses déportations

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« Les élus » – Steve Sem-Sandberg

les-elusLes élus, ce sont ces enfants, présentant des handicaps physiques, intellectuels qui furent écartés, éliminés par le régime Nazi, afin de préserver la pureté de la race. Autant vous dire immédiatement qu’on ne sort pas indemne de cette longue descente dans le bas-fond de l’enfer.
Le cadre de l’histoire est le Spiegelgrund, hospice viennois, dans lequel les gamins sont isolés, dans des pavillons différents selon leur degré de handicap ou de dangerosité. Des gamins qui arrivent là placés par le régime quand ils sont petits délinquants ou placés par leurs parents dans l’espoir d’un traitement, d’une guérison. Le Spiegelgrund  est à la fois un « hôpital » et un centre de redressement, une maison de correction. Des parents qui ne pourront plus les voir, malgré leurs demandes répétées, malgré le siège de l’établissement, et des gamins qui les attendent

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« Histoire d’une vie » – Aharon Appelfeld

Histoire d'une vieIl a connu la vie heureuse en famille, la vie des juifs de l’Europe de l’Est, l’antisémitisme croissant, la déportation, la mort violente de sa mère, les camps dont il s’évadera à 10 ans, une longue errance dans les bois, la libération par l’Armée Rouge, l’arrivée en Italie, puis en Israël, la guerre des Six Jours…. Il est maintenant l’un écrivains israéliens majeurs.
Un livre sur la Shoah ? Non, il se refuse de décrire la Shoah « J’ai essayé plusieurs fois de raconter tout cela sur un ton documentaire, mais chaque tentative se soldait par un échec. Tout simplement parce que ce que j’ai vécu n’est pas… croyable. Vous ne pouvez pas exprimer la peur et l’angoisse d’un enfant sans utiliser des métaphores. Il m’a fallu, pour rendre à mon histoire sa crédibilité, rompre avec le récit logique, passer par la fiction et me détacher de mes souvenirs ». 

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« Lutetia » – Pierre Assouline

LutetiaTout amateur d’Histoire a entendu parler du Lutetia, Hôtel de luxe de la rive gauche, réquisitionné par l’armée nazie pendant l’occupation allemande et qui réquisitionné une nouvelle fois à la Libération, accueillit les déportés de retour en France…Edouard Kiefer responsable de la sécurité de l’hôtel prend le temps de raconter une partie de ses mémoires, de nous faire croiser les clients riches ou démunis de tout qu’il a eu l’occasion de rencontrer au Lutetia…« Flic, je le suis resté dans l’âme lorsque Lutetia m’a engagé comme détective, jusqu’à me confier toute la sécurité de l’hôtel en élargissant sans cesse le champ de mes responsabilités. ». Il dispose d’une bonne mémoire et surtout des nombreuses fiches papier qu’il a tenu sur tous les clients…on ne perd pas ses habitudes quand on a travaillé sur la mort du conseiller Prince qui avait enquêté sur l’affaire Stavisky.

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« Confiteor » – Jaume Cabré

ConfiteorA la fin de ce roman j’ai pensé « Ouah! Quel roman!! » et pourtant je confesse que j’ai eu envie de le lâcher, mais il y avait quelque chose d’indéfini, qui me disait « Continue…!! » et je ne regrette pas du tout.
Un roman toutefois exigeant, qu’on ne peut lire d’un air distrait en écoutant la musique, en pensant à autre chose.
Mais le plaisir qu’on en retire en vaut la peine. Un roman puzzle dans lequel on découvre des pièces de ce puzzle, toujours très belles, quelques fois « pas trop conformistes », dont on cherche les relations entre elles, on revient en arrière, on avance et on se dit : »Tiens cette pièce va avec celle-ci », on découvre une autre pièce sans rapport avec la précédente et puis on identifie un fil conducteur, un « personnage » important, un violon « Storioni Vial » souvent présent dans de nombreuses pièces du Puzzle, depuis l’inquisition, jusqu’à nos jours en passant par Auschwitz, la dictature franquiste, depuis Barcelone en passant par l’abbaye de Lagrasse, Tubingen, Crémone, Paris, de l’enfance du narrateur jusqu’à l’hospice….

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« Un autre : Chroniques d’une métamorphose » – Imre Kertész

Un autre - Chroniques d'une métamorphoseOn ne peut pas survivre à la sélection pratiquée à Auschwitz, puis à la faim et à la maladie à Buchenwald et aux pressions exercées par les régimes communistes de l’Europe de l’Est, sans être « marqué », comme se définit Imre Kertész .
Certains se laisseraient abattre, auraient baissé les bras, ou envisagé le suicide, Imre Kertész, décidera au contraire de lutter contre ces totalitarismes, de dénoncer le nouvel antisémitisme, né après Auschwitz, Auschwitz qui « marque un tournant comme par exemple en physique, la théorie quantique »et d’être l’un de ces auteurs alertant les lecteurs. Son engagement fut vraisemblablement, un élément décisif dans l’attribution du Prix Nobel.

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« Être sans destin » – Imre Kertész

Etre sans destin

« Être sans destin » que j’ai trouvé par hasard dans une boîte à livres quelques jours après l’annonce du décès d’Imre KERTÉSZ, est le Xième livre que je lis sur les camps.

Ce ne sont pas des livres mais des destins, des vies, et nous devons les accepter tels qu’ils sont. 

Bien que les faits, bien que l’horreur restent identiques, selon la sensibilité, la personnalité, l’âge au moment des faits de celui qui les a vécus dans sa chair, chaque livre sera différent.
« Être sans destin » est un livre différent, qui apporte un éclairage nouveau, le regard d’un prix Nobel de littérature sur le gamin de 15 ans qu’il était en 1944.

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