« La mémoire des embruns » – Karen Viggers

la-memoire-des-embrunsUn vieux Monsieur frappe à la porte et apporte à Mary – qui apparemment le connait, une enveloppe mystérieuse- …..:« Tu sais ce que c’est….elle est pour lui » . Réticences de Mary :« Ne compte pas sur moi »….
Cette vieille dame de 77 ans, demande à sa petite fille de l’accompagner dans un chalet qu’elle a loué pour un mois, sur l’île Bruny Island de Tasmanie, région du Sud de l’Australie. Elle est fatiguée. Dans sa valise se trouve la lettre mystérieuse qu’elle a envie de brûler. Elle souhaite revoir avant de mourir, un certain nombre de lieux, qu’elle a connus alors que son mari Jack était gardien de phare sur cette île…Une île et un mari Jack dont elle a été éperdument amoureuse et qui a connu vingt ans de vie du couple, la naissance et les premières années de vie de ses enfants. Un retour au sources malgré les réticences de sa fille ainée devant les risques. Pour elle, la place de Mary est dans une maison de retraite.

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Francisco Coloane

C’est en mêlant faits réels et fantaisie, en rapprochant des événements survenus en d’autres temps ou d’autres lieux, c’est en vivant, en rêvant, en observant que j’ai pu écrire mes contes et mes récits. Peut-être est-il plus facile de créer de fausses réalités, mais le lecteur adulte ou enfant, éprouvera de la tristesse à l’idée qu’on l’a trompé. Oui, il est plus facile d’inventer une réalité de toutes pièces que de pénétrer dans celle qui nous est la plus proche. Car pour approcher le fantastique qui se cache toujours au cœur de la réalité, il faut du courage, de la détermination. Les écrivains sont comme des dresseurs de chevaux. Tout le monde peut monter à cheval, mais rares sont ceux qui soient capables d’amadouer un animal sauvage. Le problème majeur de la création littéraire est, selon moi, d’harmoniser la profondeur de la pensée avec le reflet de la vérité de la véritable vie, à travers l’image, le symbole ou le mot simple accessible à tous. (Le Passant du bout du monde – P. 94)

« Job : Roman d’un homme simple » – Joseph Roth

job-roman-dun-homme-simpleMendel Singer est un instituteur juif de la fin du 19ème siècle qui enseigne la bible à douze élèves du shtetl de Zuchnow, ville de la province de Volhynie, dans l’ancienne Russie, actuellement en Pologne. « Il était pieux, craignait Dieu et n’avait rien d’exceptionnel, c’était un juif tout à fait ordinaire » . Il vit pauvrement avec sa femme et ses trois enfants, quand naît un enfant handicapé mental et physique Menuchim. 
Cette famille très croyante y voit une nouvelle épreuve de Dieu, épreuve comparable à celles qu’eut à affronter Job, personnage biblique. Le rabbin que la famille consultera déclara : « Menuchim, fils de Mendel guérira. Il n’aura guère son pareil dans le peuple d’Israël. La souffrance le rendra sage, la laideur le rendra bon, l’amertume le rendra doux et la maladie le rendra fort. Des yeux seront vastes et profonds, ses oreilles fines et pleines d’écho. Sa bouche restera muette, mais quand il ouvrira les lèvres, elles seront annonciatrices de bonnes choses. N’aie pas de crainte et rentre chez toi ! »

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« Ouragan » – Laurent Gaudé

ouraganL’ouragan Katerina -jamais nommé- est annoncé et risque de détruire les côtes et la ville de la Nouvelle-Orléans.
Laurent Gaudé choisi de nous faire vivre principalement, non pas l’attaque des éléments déchaînés et la destruction de la ville -qu’il décrira superbement toutefois –  mais de nous faire partager essentiellement le destin d’une dizaine de personnes confrontées à ce cataclysme…
Des personnes toutes simples, qui ne sont pas des héros dans la vie de tous les jours, loin de là. Ce sont des petites gens qui ont toutes, ou presque, un point commun : leur vie a déjà été bouleversée, par la perte d’un amour, d’un être cher, d’un ami…un traumatisme avec lequel ils doivent compter chaque jour. D’autres, qui sont prisonniers ont perdu la liberté et un autre a perdu la raison, et cherche à suivre la petite voix qu’il entend : celle de son Dieu… Ce révérend, qu’on découvre progressivement,  « avec son air d’inquisiteur en campagne »  visite dans la prison d’État, ces prisonniers Noirs.  Aucune charité dans l’âme de ce prêtre blanc pour lequel les Noirs, sont des êtres de « crime et de luxure ». Un homme emblématique du racisme de ce sud des États-Unis.

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« En vieillissant les hommes pleurent » – Jean Luc Seigle

en-vieillissant-les-hommes-pleurentUne journée pas tout à fait comme les autres pour une famille ouvrière de 5 personnes à proximité de Clermont-Ferrand : le 9 juillet 1961 : la télévision arrive dans la famille.
Albert 53 ans est ouvrier chez Michelin, il a élevé sa sœur cadette de 15 ans et vit dans la maison de son enfance. « L’existence de son corps » lui est « insoutenable ». »En finir le libérerait de tout ça. Albert ne pensait pas à mourir, il avait juste le désir d’en finir. Mourir ne serait que le moyen ». Il a un « gout prononcé pour le passé » et travaille tout le temps, usine, jardin, stères de bois à couper…

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Alice Ferney

« L’étrangeté des mots captivait les adultes autant que les enfants. » (« Grâce et dénuement »Grâce et dénuement » – P. 47)
« C’était les livres qui faisaient rêver la vieille. Elle n’en avait jamais eu. Mais elle savait, par intuition et par intelligence, que les livres étaient autre chose que du papier, des mots, des histoires : une manière d’être. » (« Grâce et dénuement » – P. 49)
« Quels secrets y avait-il avec les mots les uns contre les autres. » (« Grâce et dénuement » – P. 86)