Le 27 décembre 1974, 42 mineurs perdaient la vie dans un accident au fond de la fosse 3 de la mine de Liévin, dans le Pas-de-Calais…un accident de plus, encore plus grave que les autres…Les obsèques de ces 42 hommes furent célébrées en présence de nombreux officiels, de ministres. Toute le France était en deuil.
C’était un vendredi. On ne faisait pas le pont à cette époque, pas de trêve de fin d’année non plus pour ces hommes, il fallait produire, toujours produire plus, sortir du charbon parfois au mépris de la sécurité. Une poche de grisou, de la poussière de charbon due à des défaillances du système d’aspiration, à des négligences …la course à la productivité au mépris du danger…
C’est l’explosion…Celle qui prive les hommes d’air, qui les brûle ! Impossible d’en réchapper.


D
Ramatoulaye femme sénégalaise vient de perdre son mari décédé d’une crise cardiaque. Un mari avec lequel elle a eu 12 enfants pendant leurs 30 années de vie commune. Il avait obtenu en France sa licence en droit et avait été avocat des syndicats puis fonctionnaire. Elle écrit ces longues lettres destinées à son amie Aïssatou : « la confidence noie la douleur ».
J’ai attendu quelques jours avant d’écrire cette chronique…j’avais le choix entre écrire une chronique assassine ou élogieuse…entre les deux mon cœur balance. Je ne suis pas un lecteur assidu de polars et j’ai découvert ce livre dans le rayon nouveautés ma médiathèque, un livre dont tout le monde parlait avec des superlatifs caustiques ou élogieux selon les lecteurs. Je n’avais jamais lu de livre de cet auteure…je ne savais même pas que Fred Vargas était une femme….
Pour Ali et ses frères leur vie simple débuta comme un « conte de fées ». L’oued en crue, dans lequel il se baignaient, charriait les eaux de la fonte des neiges…et dans celles-ci un pressoir qui aurait pu les percuter. Un rocher l’arrêta. « Alors ils sortirent le pressoir de l’eau, le remirent en état et l’installèrent dans leur jardin. Peu importait désormais que leurs maigres terres fussent stériles car les autres venaient à eux avec les olives de leurs arpents et eux en faisaient de l’huile. Bientôt, ils furent suffisamment riches pour acheter leurs propres parcelles. »
L’action de ce livre mettant en scène des femmes de conditions diverses, se déroule dans un pays imaginaire d’Afrique : le Diamonda, un pays dans lequel le lecteur pourrait reconnaître beaucoup de pays d’Afrique noire, « jeune nation pleine aux as des revenus du cacao, du pétrole et des diamants », devant faire face à un coup d’état…Tout ceci parce que « la police, en proie à une transe inexplicable que certains avaient qualifiée de mystique, avait tiré à balles réelles sur les paysans venus protester contre le prix dérisoire auquel ils étaient contraints de céder leurs récoltes. »
Quand on propose à des lecteurs de recevoir un livre en échange d’une critique, rares sont ceux qui refusent cette opportunité…
En 1984 Philippe Besson avait 17 ans, et allait passer le bac dans un lycée de province, celui de Barbezieux en Charente. Les gamins sont méchants, ce n’est pas une nouveauté, alors comme il aimait les livres et n’était pas du tout intéressé par le sport, les insultes fusaient »sale pédé », « tapette ». Insultes tellement faciles, timide on ne lui connaissait aucune petite amie….et puis un jour son regard croisât celui d’un autre jeune…il se retrouvèrent et découvrirent ensemble les caresses, la sexualité, le manque, le besoin de se retrouver…et le nécessité de se cacher, de s’ignorer devant les autres malgré une complicité certaine.
« Johnny chien méchant »….fait partie de ces livres écrits pour bousculer notre tranquillité de lecteur, nous déranger…l’un de ces livres qu’on n’oublie pas, tant ils sont criants de vérité, tant ils sont porteurs d’indignation diverses.