
Aux premiers jours de guerre, en août ou septembre 1914, le jeune lieutenant Adrien Fournier, ingénieur en génie civil est grièvement blessé à la face par un éclat de mortier allemand, alors qu’il effectuait une reconnaissance à cheval sur la Meuse avec deux autres officiers. « Une détonation part de tout près. Un sifflement d’un quart de seconde.j’ai le temps de voir une tête qui se détache d’un corps qui plie sur des genoux, un cheval qui s’effondre. L’autre sous lieutenant , qui était resté en selle,s’écroule de mon côté, l’épaule arrachée, l’os qui sort comme d’un jambon. Je sens comme une hache qui vient s’enfoncer sous la base de mon nez. Puis on coupe la lumière. »
Les éclats lui ont emporté une partie de la face et de la mâchoire.. Ses amis sont morts. Ne pouvant être soigné sur place, il sera rapatrié en véhicule sanitaire à l’hôpital militaire du Val de Grâce à Paris…. il devra supporter les conditions de transport difficiles et longues dans ces ambulances des débuts de l’automobile.
Il devient le premier patient du service destiné à accueillir les officiers blessés à la face.


Une jeune femme, Kimiâ Sadr patiente dans la salle d’attente du service de procréation médicalement assistée de l’hôpital Cochin à Paris. Sur ses genoux une petite éprouvette contenant les paillettes du papa……Elle observe les autres femmes, venues en couple, et dans l’attente du médecin, remontent à son esprit tout ce passé, tous ces événements qui l’ont amené ici …une longue histoire qui nous fera voyager sur quatre générations, entre la Perse, qui n’était pas encore l’Iran, la Turquie, l’Allemagne et Paris.
Tous deux travaillent dans l’Éducation nationale, il est prof de lettres modernes, elle est contractuelle en histoire-géo et a besoin d’écrire sa thèse sous un an. Il souhaite écrire « LE » roman, celui qui lui permettra de devenir célèbre, d’être mondialement connu, reconnu de tous et bien sûr nobélisé. Rien de moins. 

Esther Duvaux, la quarantaine, ancienne infirmière devenue bibliothécaire, propose à Angeline, cheffe d’une famille de gitans de venir lire des livres
Gabriel est un gamin heureux d’une dizaine d’années, vivant sans soucis dans le quartier résidentiel de Kinanira à Bujumbura, capitale de la République du Burundi. C’est un gamin couleur « caramel », son père cadre français expatrié dirige une usine d’huile de palme, sa mère est Tutsi. Une famille comme beaucoup d’autres qui connaît malgré tout des tensions entre les parents. Ses copains sont comme lui des enfants métis aux prénoms français. Ils se retrouvent régulièrement dans leur quartier général, une épave de Combi Volkswagen, leur petit cocon, dans lequel ils se régalent des mangues juteuses qu’ils chapardent dans les jardins voisins. « C’était le bonheur. La vie sans se l’expliquer ». 

Une jeune femme Evelyne et son gamin, Charbel, arrivent dans un village des montagnes du Liban. Après avoir été rejetée du fait de sa grossesse elle revient et propose au chef du village un projet ambitieux : créer une activité de sériciculture qui pourrait donner du travail aux femmes et assurer la prospérité du village.