« Ces rêves qu’on piétine » – Sébastien Spitzer

Ces rêves qu'on piétineNous échangions sur nos coups de cœur littéraires avec un ami, quand celui-ci me parla de « Ces rêves qu’on piétine » et m’intrigua en me disant   « Savais-tu que l’épouse de Goebbels avait un père juif, enfin pas son père, mais le mari de sa mère, dont elle portera le nom ? » 
Je craignais de lire un ixième livre sur la 2ème guerre mondiale, sur le nazisme….cette période qui fascine les auteurs…et les lecteurs.  
Bien sûr ce livre a pour cadre cette période. Mais il est différent des autres ouvrages, car il aborde ce cataclysme sous un angle à la fois historique, psychologique et romancé, en mettant en parallèle des destins : d’une part celui de déportés et d’un homme en particulier, et d’autre part celui de cette femme, la première dame du régime, cette femme mère de sept enfants, qui se cache comme un rat dans le bunker de Berlin, alors que les soldats russes avancent dans les décombres. Cette femme qui connut la puissance et la gloire est considérée comme la première dame du régime et eut même un amant juif…
Comment ne pas s’interroger face à ce destin ?

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« Arrête avec tes mensonges » – Philippe Besson

Arrête avec tes mensongesEn 1984 Philippe Besson avait 17 ans, et allait passer le bac dans un lycée de province, celui de Barbezieux en Charente. Les gamins sont méchants, ce n’est pas une nouveauté, alors comme il aimait les livres et n’était pas du tout intéressé par le sport, les insultes fusaient »sale pédé », « tapette ». Insultes tellement faciles, timide on ne lui connaissait aucune petite amie….et puis un jour son regard croisât celui d’un autre jeune…il se retrouvèrent et découvrirent ensemble les caresses, la sexualité, le manque, le besoin de se retrouver…et le nécessité de se cacher, de s’ignorer devant les autres malgré une complicité certaine.  
Impossible de s’afficher ensemble, il fallait rester discret, c’était il y a plus de 30 ans. Aujourd’hui encore !

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« L’amour au tournant » – Samir Kacimi

L'amour au tournantUn vieil homme, Nordine Boukhalfa, ancien chirurgien dentiste vient d’avoir  quatre-vingt-six ans. Il s’ennuie, et n’a plus de goût à la vie dont il n’attend plus rien.. Il n’espère qu’une chose, que la mort l’appelle. Il a été marié, mais son épouse qu’il n’aimait pas est morte. Depuis il vit seul. Ses journées sans but sont longues et il les passe dans les squares, assis sur un banc.
Le matin de son anniversaire, alors qu’il laisse s’écouler le temps sans but, un autre vieil homme s’assied à ses côtés et lui demande : « Tu aurais une cigarette ? »…et les voilà les deux papis partis pour une rencontre qui va changer leur vie. Ce vieil homme Qassem Amir lui parait pourtant antipathique au premier abord.
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« L’ordre du jour » – Éric Vuillard

L'ordre du jour

Que serait la littérature sans la seconde guerre mondiale ? Celle-ci fascine de nombreux auteurs…et lecteurs, et il faut bien reconnaître que les écrits sont très inégaux. L’imagination l’emporte souvent sur la réalité historique, et en permanence, le lecteur doit s’interroger quant à la réalité des faits qui lui sont présentés.
Eric Vuillard, quant à lui échappe à cette interrogation. Je l’ai connu avec Congo, Tristesse de la terre, 14 juillet, et dans chacun d’eux, il arrive en 150 pages environ à décortiquer un fait historique, et surtout à passionner son lecteur. 
Dans « L’ordre du jour », il ne décrira ni les batailles, ni les bombardements massifs, les camps de concentration ou les millions de morts, mais se limitera à quelques faits qui à eux seuls peuvent résumer cette guerre, Des faits qui ont permis ce conflit mondial.

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« L’invention tragique du Moyen-Orient » – Pierre Blanc – Jean-Paul Chagnollaud

L_Invention tragique du Moyen-OrientTous les jours – ou presque, les journaux télé, radio ou papier nous rappellent l’état de crise du Moyen-Orient… crise durable entre Israël et les Palestiniens, attentats meurtriers, terrorisme, guerres civiles, problèmes irakiens et syriens…et ceci malgré la présence de troupes occidentales, malgré les interventions multiples des États-Unis, de la France, de l’Angleterre, de la Russie. Les sommets se multiplient, la paix n’est toujours pas au rendez-vous. Une paix qui semble impossible
C’est devenu un lieu-commun que de parler de la poudrière du Moyen-Orient
On n’y comprend souvent plus rien. 
France-Inter me fit découvrir ce livre en juin 2017, à l’occasion d’une matinale dominicale. 

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« Pourquoi j’ai construit une maison carrée » – Jean Guilaine

Pourquoi j'ai construit une maison carréeJe n’aurais sans doute  jamais connu Jean Guilaine et ce livre sans cette bibliothécaire, qui me dit: « Vous me direz ce que vous pensez de ce livre…Je l’ai bien aimé ! Vous connaissez Jean Guilaine? Il est de Carcassonne… » 
Alors pourquoi pas faire mieux connaissance avec un voisin dont le profil scientifique, d’une part et le titre de Professeur au collège de France et de spécialiste du néolithique, d’autre part  m’auraient semblé ennuyeux, parce que sans rapport avec mes centres d’intérêts, sans cette suggestion littéraire pleine de sagesse.
Lire afin de mieux comprendre notre monde, est sans doute l’une des principales motivations d’un grand nombre de lecteurs et de lectrices. Et souvent chacun a sa propre période de prédilection et affectionne les auteurs issus de cette période ou l’ayant pour thème : contemporains, classiques…. 

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« Ce que j’ai voulu taire » – Sándor Márai

ce que j'ai voulu taireIl y a quelques mois, par hasard, je découvrais Sándor Márai avec Les Braises et la Sœur ..Et les quelques mots écrits sur la quatrième de couverture de « Ce que j’ai voulu taire » que je feuilletais dans la bac des livres à ranger en rayon de la Médiathèque m’ont interpellé : « Longtemps présumé perdu avant d’être retrouvé et de paraître en 2013… »…
Un hasard, qui fait bien les choses. 
Un peu désuet peut-être, assez oublié des médias, Sándor Márai a le charme des vieilles choses, le charme d’un temps révolu, et le regard d’un humaniste, d’un homme sans doute désespéré, qui quitta son pays, la Hongrie en 1948, pour fuir le régime communiste….et se donner la mort en 1989

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« Johnny chien méchant » – Emmanuel Dongala

Johnny Chien Méchant« Johnny chien méchant »….fait partie de ces livres écrits pour bousculer notre tranquillité de lecteur, nous déranger…l’un de ces livres qu’on n’oublie pas, tant ils sont criants de vérité, tant ils sont porteurs d’indignation diverses. 
Tout oppose d’une part Lufua Liwa, Matiti Mabé qui prendra le nom de Johnny Chien Méchant comme nom de guerre, et d’autre part Laokolé, une jeune ado de seize ans, amoureuse de la vie…Ils sont les deux personnages principaux du roman. 
Laokolé fuit avec son frère Fofo. Avant de quitter la maison, elle a enterré une malle contenant tous les objets ayant même une petite valeur ou une valeur affective. Elle fuit sans trop savoir où et transporte, dans une brouette, sa mère gravement blessée aux jambes à la suite d’un précédent pillage au cours duquel son papa a été tué.

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« La disparition de Josef Mengele » – Olivier Guez

La disparition de Josef MengelePendant quatre ans presque, de 1945 à 1949, Joseph Mengele s’est caché en Allemagne et en Europe. Il vivait là sous le nez des nouvelles autorités de la RFA, et des américains. Puis il réussit à partir vers des cieux moins dangereux pour lui, vers l’Argentine, après être passé par la Suisse, suivant en cela le chemin d’exil de nombreux autres criminels nazis.
Perón et son régime accueillaient à bras ouverts tous ces criminels de guerre nazis…Combien comme Mengele purent y couler des jours heureux sous de fausses identités?
Mengele était sans doute l’un des pires bourreaux nazis.

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« La serpe » – Philippe Jaenada

La serpePhilippe Jaenada me fait penser par son physique et son comportement à un patou (Montagne des Pyrénées)…. vous savez, ces chiens de bergers débonnaires et câlins, patients et courageux, rongeant méticuleusement leurs os, et terriblement efficaces pour lutter contre les loups et protéger les brebis. J’espère qu’il ne m’en voudra pas 
Emmanuel, qu’il rencontre par hasard lui parle de son grand-père, dont tout le monde a entendu parler : Georges Arnaud, vous savez….c’est l’auteur qui a inspiré le film « Le salaire de la peur »…oui, le film est plus connu que le roman. Georges Arnaud – nom de plume d’ Henri Girard – a été accusé d’un triple meurtre, celui de son père, de sa tante et de la bonne, un meurtre commis avec une serpe qu’il avait emprunté et dont il s’était servi pour élaguer des jeunes sapins.

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