Onze nouvelles, écrites par un grand avocat allemand…Nouvelles nées de l’imagination d’un juriste ou nouvelles écrites à partir de cas qu’il eut à connaitre au sein de son cabinet ? …il ne le précisera pas, mais qu’importe…
Elles semblent toutes réelles. Toutes sont glaçantes, et mettent en scène une forme de déraillement de l’âme humaine..Toutes ces nouvelles ne relatent pas des crimes de sang. Certains ont tué par amour, par vengeance, pour se défendre. Un autre est, au contraire, subitement devenus fou au point de casser au moment de la retraite, la statue qu’il a surveillé toute sa vie. D’autres ont volé.


D
Il fait nuit depuis 40 jours…le jour va revenir pour quelques minutes…
Quelques heures après un éleveur de rennes lapon est découvert mort et affreusement mutilé : ses oreilles sont coupées. Deux événements qui perturbent fortement la tranquillité de la ville. Quelques jours plus tard les oreilles de l’éleveur sont retrouvées entaillées comme celles des rennes…des marques comparables à celles que les éleveurs découpent sur les oreilles des jeunes rennes afin d’en marquer leur propriété….Vengeance, crime crapuleux ? Je ne vous en dit pas plus.
Une jeune femme, Kimiâ Sadr patiente dans la salle d’attente du service de procréation médicalement assistée de l’hôpital Cochin à Paris. Sur ses genoux une petite éprouvette contenant les paillettes du papa……Elle observe les autres femmes, venues en couple, et dans l’attente du médecin, remontent à son esprit tout ce passé, tous ces événements qui l’ont amené ici …une longue histoire qui nous fera voyager sur quatre générations, entre la Perse, qui n’était pas encore l’Iran, la Turquie, l’Allemagne et Paris.
Une journée pas tout à fait comme les autres pour une famille ouvrière de 5 personnes à proximité de Clermont-Ferrand : le 9 juillet 1961 : la télévision arrive dans la famille.
Esther Duvaux, la quarantaine, ancienne infirmière devenue bibliothécaire, propose à Angeline, cheffe d’une famille de gitans de venir lire des livres
Gabriel est un gamin heureux d’une dizaine d’années, vivant sans soucis dans le quartier résidentiel de Kinanira à Bujumbura, capitale de la République du Burundi. C’est un gamin couleur « caramel », son père cadre français expatrié dirige une usine d’huile de palme, sa mère est Tutsi. Une famille comme beaucoup d’autres qui connaît malgré tout des tensions entre les parents. Ses copains sont comme lui des enfants métis aux prénoms français. Ils se retrouvent régulièrement dans leur quartier général, une épave de Combi Volkswagen, leur petit cocon, dans lequel ils se régalent des mangues juteuses qu’ils chapardent dans les jardins voisins. « C’était le bonheur. La vie sans se l’expliquer ».
Tous les profs d’histoire qui ont attisé nos peurs des « interros écrites » nous ont parlé de ces grands hommes, généraux, rois, empereurs qui ont fait l’Histoire, qui ont gagné ou perdu des batailles. Les soldats qui crevaient sur le terrain étaient toujours oubliés. Un soldat fait la guerre, un général la gagne.