« Crimes » – Ferdinand Von Schirach

crimesOnze nouvelles, écrites par un grand avocat allemand…
Nouvelles nées de l’imagination d’un juriste ou nouvelles écrites à partir de cas qu’il eut à connaitre au sein de son cabinet ? …il ne le précisera pas, mais qu’importe…
Elles semblent toutes réelles. Toutes sont glaçantes, et mettent en scène une forme de déraillement de l’âme humaine..Toutes ces nouvelles ne relatent pas des crimes de sang. Certains ont tué par amour, par vengeance, pour se défendre. Un autre est, au contraire, subitement devenus fou au point de casser au moment de la retraite, la statue qu’il a surveillé toute sa vie. D’autres ont volé.

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« Toute la lumière que nous ne pouvons voir » – Anthony Doerr

toute-la-lumiere-que-nous-ne-pouvons-voirDifficile de trouver ce livre toujours réservé dans ma médiathèque..je n’étais pas le seul à vouloir le lire…un auteur inconnu … La Grande librairie… Prix Pulitzer…tout le monde en voulait, tous en parlaient…
Le livre, bien écrit, constitué de chapitres courts alternant les époques et les lieux se lit vite.
Marie-Laure jeune aveugle fuit l’avancée allemande et Paris avec son père employé dans un musée parisien. Il emporte avec lui un diamant mystérieux ou une copie, qu’il sauve de la convoitise nazie. Un diamant qui deviendra aussi l’un des fils conducteurs du roman.

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« Le dernier lapon » – Olivier Truc

le-dernier-laponIl fait nuit depuis 40 jours…le jour va revenir pour quelques minutes…
Au nord de l’Europe, en Laponie, un tambour lapon utilisé auparavant par les chamanes Samis est volé, le jour même où il revient dans son pays d’origine.  Tambour sami.jpgQuelques heures après un éleveur de rennes lapon est découvert mort et affreusement mutilé : ses oreilles sont coupées. Deux événements qui perturbent fortement la tranquillité de la ville. Quelques jours plus tard les oreilles de l’éleveur sont retrouvées entaillées comme celles des rennes…des marques comparables à celles que les éleveurs découpent sur les oreilles des jeunes rennes afin d’en marquer leur propriété….Vengeance, crime crapuleux ? Je ne vous en dit pas plus.

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« La chambre des officiers » – Marc Dugain

la-chambre-des-officiers
Aux premiers jours de guerre, en août ou septembre 1914, le jeune lieutenant Adrien Fournier, ingénieur en génie civil est grièvement blessé à la face par un éclat de mortier allemand, alors qu’il effectuait une reconnaissance à cheval sur la Meuse avec deux autres officiers. « Une détonation part de tout près. Un sifflement d’un quart de seconde.j’ai le temps de voir une tête qui se détache d’un corps qui plie sur des genoux, un cheval qui s’effondre. L’autre sous lieutenant , qui était resté en selle,s’écroule de mon côté, l’épaule arrachée, l’os qui sort comme d’un jambon. Je sens comme une hache qui vient s’enfoncer sous la base de mon nez. Puis on coupe la lumière. »
Les éclats lui ont emporté une partie de la face et de la mâchoire.. Ses amis sont morts. Ne pouvant être soigné sur place, il sera rapatrié en véhicule sanitaire à l’hôpital militaire du Val de Grâce à Paris…. il devra supporter les conditions de transport difficiles et longues dans ces ambulances des débuts de l’automobile.
Il devient le premier patient du service destiné à accueillir les officiers blessés à la face. 

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« Désorientale » – Négar Djavadi

desorientaleUne jeune femme, Kimiâ Sadr patiente dans la salle d’attente du service de procréation médicalement assistée de l’hôpital Cochin à Paris. Sur ses genoux une petite éprouvette contenant les paillettes du papa……Elle observe les autres femmes, venues en couple, et dans l’attente du médecin, remontent à son esprit tout ce passé, tous ces événements qui l’ont amené ici …une longue histoire qui nous fera voyager sur quatre générations, entre la Perse, qui n’était pas encore l’Iran, la Turquie, l’Allemagne et Paris.

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« Chanson douce » -Leïla Slimani

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« Le bébé est mort. Il a suffi de quelques secondes. Le médecin a assuré qu’il n’avait pas souffert. On l’a couché dans une housse grise et on a fait glisser la fermeture éclair sur le corps désarticulé qui flottait au milieu des jouets. La petite, elle, était encore vivante quand les secours sont arrivés. Elle s’est battue comme un fauve. »
Le roman commence par un uppercut.
Il y a eu tant de critiques sur ce livre, tant d’interviews de l’auteur, que personne ne peut en ignorer ni la fin ni le scénario.
Malgré tout, rares sont ceux qui ont fermé le livre….Tous cherchent à comprendre le pourquoi. Pourquoi et comment une nounou ayant de bons antécédents professionnels en arrive à cet acte odieux ? Ne pouvait-on anticiper ce geste ? Pourquoi personne n’a rien vu venir ? Des questions lancinantes, qu’on se pose à l’occasion de chaque fait divers.

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« En vieillissant les hommes pleurent » – Jean Luc Seigle

en-vieillissant-les-hommes-pleurentUne journée pas tout à fait comme les autres pour une famille ouvrière de 5 personnes à proximité de Clermont-Ferrand : le 9 juillet 1961 : la télévision arrive dans la famille.
Albert 53 ans est ouvrier chez Michelin, il a élevé sa sœur cadette de 15 ans et vit dans la maison de son enfance. « L’existence de son corps » lui est « insoutenable ». »En finir le libérerait de tout ça. Albert ne pensait pas à mourir, il avait juste le désir d’en finir. Mourir ne serait que le moyen ». Il a un « gout prononcé pour le passé » et travaille tout le temps, usine, jardin, stères de bois à couper…

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« Grâce et dénuement » – Alice Ferney

grace-et-denuementEsther Duvaux, la quarantaine, ancienne infirmière devenue bibliothécaire, propose à Angeline, cheffe d’une famille de gitans de venir lire des livres aux enfants, une fois par semaine. Angeline est la mère des cinq hommes du groupe. Tous sauf un sont mariés. Les enfants non scolarisés, livrés à eux même, jouent du matin au soir, selon les saisons, dans le froid ou le chaud, la poussière ou la boue du campement.
Rejetés par les municipalités qui ne mettent pas à leur disposition des aires d’accueil convenables, ils ont installé leur caravanes déglinguées sur le terrain d’une institutrice à la retraite; un terrain dorénavant couvert de tessons de bouteilles et de ferrailles jetées au feu afin de les nettoyer…. Les enfants aux cheveux sales et emmêlés,  sont lavés, comme le linge une fois par quinzaine dans les bassines où trempe le linge. 

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« Petit pays » – Gaël Faye

petit-paysGabriel est un gamin heureux d’une dizaine d’années, vivant sans soucis dans le quartier résidentiel de Kinanira à Bujumbura, capitale de la République du Burundi. C’est un gamin couleur « caramel », son père cadre français expatrié dirige une usine d’huile de palme, sa mère est Tutsi. Une famille comme beaucoup d’autres qui connaît malgré tout des tensions entre les parents. Ses copains sont comme lui des enfants métis aux prénoms français. Ils se retrouvent régulièrement dans leur quartier général, une épave de Combi Volkswagen, leur petit cocon, dans lequel ils se régalent des mangues juteuses qu’ils chapardent dans les jardins voisins. « C’était le bonheur. La vie sans se l’expliquer ». 

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« 14 Juillet » – Eric Vuillard

14-juilletTous les profs d’histoire qui ont attisé nos peurs des « interros écrites » nous ont parlé de ces grands hommes, généraux, rois, empereurs qui ont fait l’Histoire, qui ont gagné ou perdu des batailles. Les soldats qui crevaient sur le terrain étaient toujours oubliés. Un soldat fait la guerre, un général la gagne.
Au sujet du 14 juillet, ils nous imposaient simplement d’être en mesure de répondre « Prise de la Bastille ». Aucun historien, aucun prof ne nous a parlé dans le détail de ces petites gens, qui versaient leur sang. De temps en temps ils nous parlaient du « peuple » et c’est tout. Seuls les écrivains ont parlé, guerre après guerre, de ces morts, de ces soldats.

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