« Une colère noire – Lettre à mon fils » – Ta-Nehisi Coates

une-colere-noire-lettre-a-mon-filsLongue lettre d’un père à son fils, d’un homme à la conscience de son pays et du monde
L’Amérique, pays de contraste à population blanche dominante, dirigée par un homme ayant du sang noir, pays dont les policiers blancs ou noirs peuvent tuer impunément des gamins 
Comment ne pas être en colère s’indigner devant ces crimes, Comment ne pas s’indigner devant cette liberté à deux vitesses, la liberté des blancs et celle fictive, des noirs « .je me suis demandé comment il était possible de vivre libre dans ce corps noir. C’est une question profonde, parce que l’Amérique se perçoit comme l’œuvre de Dieu, mais le corps noir est la preuve manifeste qu’elle n’est que la création de l’homme. ».

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« Pourquoi j’ai mangé mon père » – Roy Lewis

pourquoi-jai-mange-mon-pereUn petit bijou d’humour
 
Un livre décalé : imaginer des hommes préhistoriques discutant avec notre langage, s’appelant par leur prénom, certains progressistes et inventeurs alors que d’autres refusent le progrès, draguant les filles, inventant les manteaux en fourrure, le feu, tout ceci avec des préoccupations comme les nôtres…tel a été le talent de l’auteur Roy Lewis
 
Nous suivons une famille habitant en Afrique, dont les membres ne sont plus tout à fait des singes mais pas encore des hommes. Le père, Édouard, « le plus grand pithécanthrope du Pléistocène » est un progressiste, « convaincu que la nature est avec l’espèce qui possède sur les autres une avance technologique » est l’époux de Mathilde qui invente, quant à elle, la cuisine grâce au feu que son mari a découvert. Plusieurs enfants, Ernest, le narrateur toujours un peu affolé par les inventions de son père, le progrès l’inquiète, il veut « tempérer le progrès par une sage prudence », a pour épouse Griselda qu’il a « dragué » (un grand moment !!…) pour « croiser les gènes », à la demande de son père, dans une autre tribu, et 4 frères Alexandre, Tobie, Oswald et William
Bien sur il ne faut pas oublier l’oncle Vania, hostile à tout progrès, sa devise est « Retour aux arbres ».

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« La semaine des martyrs » – Gilles Sebhan

la-semaine-des-martyrsUn écrivain arrive au Caire afin de travailler avec Denis son ami photographe, visites de pyramides, photos…pauvreté et hospitalité de la population, quartiers délabrés.
Ils se déplacent dans un taxi conduit par Mohamed, beau comme tout, dont l’écrivain, on comprend qu’il s’agit de Gilles Sebhan, tombe amoureux.
Surviennent les émeutes de janvier 2011, émeutes tristement célèbres, puisque la police et l’armée ont tiré sur la foule des manifestants massés sur la place Tarhir, venus demander la démission de Moubarak. C’était le printemps arabe, en Tunise, Ben Ali était tombé quelques jours plus tôt.tarhir-1
Un jeune homme tombé sous ses yeux, prend une importance particulière au yeux de l’auteur.

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« Big Daddy » – Chahdortt Djavann

big-daddyRody, gamin américain de treize ans est arrêté et condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle, à la suite du crime de trois malfrats. Dure loi américaine qui ne fait pas cas de la jeunesse du condamné. Un gamin « pas comme les autres » qui aux yeux de son avocate est « réservé et doté d’une aptitude intellectuelle hors du commun pour son milieu ». Sa jeune avocate d’une trentaine d’années au moment du procès, va, à la suite de sa condamnation, le visiter chaque dimanche. Après quatre ans de rencontres hebdomadaires, elle lui propose d’écrire un livre sur lui, sur sa vie…et le jeune homme rétorque « ..mon histoire, c’est moi qui la connais, alors c’est moi qui vais la raconter et vous, vous l’écrivez »..un livre à quatre mains, « parce que avec vos mots d’avocate, vous êtes à coté de la plaque » .

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« Oran, langue morte » – Assia Djebar

oran-langue-morteCinq nouvelles, un conte, un récit : sept textes sur la condition des femmes en Algérie et dans le monde musulman, femmes menacées par les islamistes, femme française  aimée par un algérien, heureuse avec lui, enterrée comme une reine dans un cimetière musulman, femme de journaliste assassiné, fillettes enlevées …
Destins divers, heureux ou assassinés, depuis les années 40 jusqu’à nos jours en passant par les combats de la guerre d’indépendance. Des pages qui nous font voyager entre l’Algérie -Oran, Alger -, l’Europe – Paris, la Hollande, la Normandie, la Sardaigne, Verdun, l’Alsace, Monte Cassino, l’Allemagne  et le Moyen Orient Bagdad, Alep, le Kurdistan….
Un commun dénominateur : La femme, sexe faible et opprimé, sexe fort aussi. 
Une violence au quotidien.

Une écriture fouillée, précise, percutante, difficile parfois


L’auteure Assia Djebar


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« Comment peut-on être français ? » – Chahdortt Djavann

comment-peut-on-etre-francaisRoxane Khân, jeune iranienne, née en 1975, arrive à 25 ans à Paris pour fuir le régime des mollahs. Elle ne connait pas notre langue, ni notre pays. Éblouie par cette liberté nouvelle, elle déambule toute la journée et achète finalement un vélo pour découvrir encore plus rapidement cette nouvelle vie, cette ville. Elle a laissé en Iran des dizaines de frères et sœurs, elle est bien incapable d’en dire le nombre, son père Pacha Khan avait tant de femmes qu’elle ne connait même pas sa mère ni toutes ses sœurs. 
Quel bonheur pour elle d’abandonner son tchador noir, uniforme taillé par le gouvernement, de monter à vélo, de s’assoir à une terrasse de café et d’y commander un verre de vin…toutes chose interdites là-bas!
Pour être admis en France, pour devenir française, une fois les papiers obtenus, rapidement en ce qui la concerne, il lui faudra gagner de l’argent, trouver du travail et maîtriser notre langue.

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« L’énigme du retour » – Dany Laferrière

lenigme-du-retourDany Laferrière apprend la mort de son père, un père en exil….comme lui. Son père vivait à Brooklyn, lui vit au Canada.
Après cette annonce il part, déboussolé vers le Nord, puis aux obsèques, puis vers Haïti, prévenir sa mère qui vit y toujours, de la mort de son époux, un époux qu’elle a peu connu.  Le père était un opposant de Papa Doc, le fils était recherché par son fils Baby Doc. A une quinzaine d’année d’intervalle ils ont quitté cette femme qui vit seule depuis, dans la pauvreté, l’épouse et la mère, quitté Haïti, l’un et l’autre afin de ne pas subir la violence des « tontons macoutes », des tueurs des Duvallier.

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« Le lecteur de Jules Verne » – Almudena Grandes

le-lecteur-de-jules-verneNino est un gamin d’une dizaine d’année de la fin des années 40 en Espagne. Si nous le rencontrions aujourd’hui en Espagne, il serait l’un de ces vieux de presque 80 ans….
Il grandit entre l’école, les montagnes andalouses de Jaén et la caserne où son père est garde-civil. Un père qui s’absente la nuit pour des missions de maintien de l’ordre, pour rechercher Cencerro, chef des rebelles, pour des arrestations de républicains…Des garde-civils qui, aussi, sur ordre tuent d’une balle dans le dos ceux qui ont été interrogés, en prétextant leur tentative d’évasion…
Nino est souvent réveillé, la nuit, par les cris des personnes torturées de l’autre coté des fines cloisons de la caserne. 

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« Le Passant du bout du monde » – Francisco Coloane

Le Passant du bout du mondeJ’avais découvert Francisco Coloane grâce Luis Sepulveda dans « Une sale histoire : (Notes d’un carnet de moleskine) ». Coloane est pour lui « Le plus grand écrivain du Chili »…J’avais beaucoup aimé « Le Dernier mousse ». Dans « Le passant du bout du monde », Coloane nous raconte son enfance, sa vie, son amour pour les îles Chiloé qui l’ont vu naître et grandir, pour la Province des Magellanes…un coin du monde dont personne ne parle, battu par le vent austral, pays de landes, de moutons…Il nous conte les légendes qui façonnent les gamins.

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« Dialogue avec la mort – Un testament espagnol » – Arthur Koestler

un-testament-espagnolArthur Koestler avait infiltré les troupes franquistes afin de confirmer à l’opinion publique l’intervention allemande et italienne dans cette guerre civile des franquistes contre le pouvoir républicain en place légalement élu. Il est arrêté le 9 février 1937 dans la maison de Sir Peters le consul anglais et condamné à mort, sans jamais comparaître devant un tribunal.
Transporté à Seville, il recevra en prison la visite de journalistes qui l’informeront que des actions internationales ont été engagées directement auprès du Général Franco, afin qu’il soit libéré…En vain.

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